Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs


 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

 


La paix de l'esprit

 

la menoukha

 

 

Gilles Castelnau

vidéo

 

I Rois 8.54-57
Salomon se leva de devant l'autel de l'Eternel, où il était agenouillé, les mains étendues vers le ciel.
Debout, il bénit à haute voix toute l'assemblée d'Israël, en disant :
Béni soit l'Eternel, qui a donné du repos (la menoukha) à son peuple d'Israël, selon toutes ses promesses ! De toutes les bonnes paroles qu'il avait prononcées par Moïse, son serviteur, aucune n'est restée sans effet.
Que l'Eternel, notre Dieu, soit avec nous, comme il a été avec nos pères ; qu'il ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas.

Hébreux 4.10
Celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres comme Dieu des siennes.

Matthieu 14.22-33. Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, pendant qu'il renverrait la foule. Quand il l'eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l'écart ; et, comme le soir était venu, il était là seul.
La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots car le vent était contraire.
A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer.
Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : 
-  C'est un fantôme ! 
Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris.
Jésus leur dit aussitôt : 
-  Rassurez-vous, c'est moi ; n'ayez pas peur !
Pierre lui répondit : 
-  Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux.
Et il dit : 
-  Viens ! 
Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus.
Mais voyant que le vent était fort, il eut peur et, comme il s’enfonçait, il s'écria : 
- Seigneur, sauve-moi !
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit :
 -  Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?
Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa.
Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant Jésus, et dirent : 
-  Tu es véritablement le Fils de Dieu.

 

L'auteur du Livre des Rois qui raconte la Dédicace du Temple qui a eu lieu plusieurs siècles auparavant, met dans la bouche du roi Salomon une parole solennelle. Tout Israël, nous dit le récit, est rassemblé sur l’esplanade du Temple et, debout, le roi bénit Dieu et le peuple. Il n’a qu’une parole pour le peuple :

Béni soit l'Éternel, qui a donné du repos à son peuple d'Israël.

Et si c’était aujourd'hui, qu’aimerions-nous entendre ?

La fin du coronavirus et de tous les virus
La fin des cancers, du sida, des rhumatismes
Une bonne mise en pratique du Brexit, (surtout pour les anglais !
La fin des guerres, et évidemment en Ukraine
La fin du racisme, de l’homophobie
...

Quelle est la première chose que Dieu pourrait exiger de nous ?
Une vie plus saine, davantage en famille,
que nous arrêtions de fumer, que nous fassions un peu plus de sport
que nous soyons plus ouverts, plus accueillants,
que nous lisons davantage la Bible, que nous allions régulièremnet au temple,
que nous comblions le déficit de notre paroisse
que nous nous impliquions davantage dans du bénévolat
...

Mais Salomon ne parle pas au peuple dans une telle optique. Il ne parle pas au futur mais au passé :

Béni soit l'Eternel, qui a donné du repos à son peuple d'Israël

Le mot qu’il emploie en hébreu est menoukha. C’est la paix intérieur, ne pas avoir peur, ne pas être angoissé, ne pas se sentir impuissant, dominé par forces menaçantes, destructrices.

C’est le don de la menoukha, de la force et de la paix intérieure qui permet d'affronter nos préoccupations, notre stress, les petits chefs de bureau, les adolescents agaçants, les parents qui ne comprennent rien, l'examen qui se rapproche, les problèmes financiers, l’orientation, l’inquiétude.
Les forces obscures qui menacent sourdement. Le « repos » qu'est la menoukha ne se trouve pas dans un petit séjour sur le sable blanc et les cocotiers de la Martinique ou dans une maison de week-end à 2 heures de Paris. Elle est ici et maintenant. Elle n'est pas à espérer demain, elle « a été donnée »

Paul ne disait pas autre chose : Celui qui peut par la puissance qui agit en nous faire infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire. (Eph 3.20)

Et l'évangéliste Marc (qui sera suivi par Matthieu et Luc) illustre ce langage théologique abstrait en élaborant à la manière des maschals juifs ce récit pédagique de Jésus marchant sur l'eau dans la trempête. Il était, comme tous les Juifs de son temps, imprégné de la crainte de la mer et de ses dangers. Toute la tradition d'Israël montre bien cette peur :

Psaume 74.13-14 :

Tu as fendu (fracassé) la mer (Yam) par ta puissance,
Tu as brisé les têtes des monstres (taninim) sur les eaux ;
Tu as écrasé la tête du Léviathan,

La mer, croyait-on, contenait des monstres inquiétants et était, de plus, animée par le Dieu Yam, dont la présence explique la force extraordinaire et même surnaturelle des vagues et des tempêtes. C’est d’ailleurs, en hébreu, le même mot Yam qui désigne la mer et son Dieu.
Et le verbe employé par le Psaume ne signifie pas vraiment « fendre » mais plutôt « fracasser ».

Tu as fracassé Yam par ta puissance,

La suite montre qu’il y a aussi des monstres dont Dieu a brisé la tête :

Tu as brisé les têtes des monstres sur les eaux

Psaume 89 :

Tu domptes l'orgueil de Yam
Quand ses flots se soulèvent, tu les apaises.
Tu écrasas le monstre Rahab
 (certaines versions comprennent qu’il pourrait s’agir de la puissance politique de l’Égypte) 
Tu dispersas tes ennemis par la puissance de ton bras.

Le récit de la Création en Genèse 1, qui a été écrit plus récemment que ces Psaume anciens, mentionne aussi des monstres mais l’auteur du texte les conçoit désormais comme créatures de Dieu.

Ps 107 

Dans leur détresse, ils crièrent à l'Eternel, et il les délivra de leurs angoisses;
Il arrêta la tempête, ramena le calme, et les vagues s'apaisèrent.

De telles conceptions perduraient sourdement encore au temps de Jésus et représentaient les puissances angoissantes du monde. Raconter que Jésus se permettait de fouler aux pieds en pleine tempête la mer et son Dieu Yam, montre à l'évidence qu'en fidèle de l'Eternel, il ne craignait rien. La menoukha régnait dans son cœur et lui permettait la vie libre et détendue - malgré tout - des enfants de Dieu.

Le récit de l'évangéliste Marc que Matthieu recopie - et auquel il ajoute même l'épisode de Pierre ! - est certanement la meilleure manière d'expliquer et de concrétiser la promesse de PMaul dont le style est toujours trop théologique et abstrait pour les lecteurs ordinaires de l'Empire.

.


Pierre, voyant que le vent était fort, eut peur et comme il commençait à enfoncer, il s’écria :
- Seigneur sauve-moi !

Et Jésus le lui reproche. Puisque Dieu a donné la menoukha, le « repos ».

Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :
- homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?

Douté de quoi ? non pas de l’existence d’un Dieu tout-puissant, ni de la divinité de Jésus, encore moins de la Trinité ou du salut par la Croix !
Pierre a douté de la menoukha.

Pour être fidèle à Dieu il ne devait pas crier vers lui de manière anxieuse mais puiser en son cœur la menoukha et saisir la main du Christ (la main de Dieu) dans un esprit apaisé.
Le mot peu de foi (oligo-foi) employé par Matthieu désigne l’attitude de solitude, de découragement que l’on a lorsqu’on oublie la promesse de la présence rassurante de Dieu.
Ce n’est pas à une chasse aux miracles surnaturels que nous sommes invités.
Nous avons seulement à marcher vers lui, même sur l’eau sans en craindre les « monstres ». Avoir un esprit apaisé

Citons une retranscription de ce texte par le pasteur Roger Parmentier. Celui-ci exerçait son ministère dans les années 1960 dans une banlieue communiste de l’est parisien.

Ce jour-là, vers la fin de l'après-midi, il leur dit :
- Allons dans les beaux quartiers de l'ouest, comme on les appelle, et les banlieues résidentielles.
Il n'en pouvait plus de fatigue et, dans le métro, ses compagnons protègent son sommeil.
Dans la dernière partie du trajet monte une bande de néo-fascistes, très excités, revenant d'une expédition. Sans tarder ils agressent les camarades, rapidement submergés, les coups succédant aux accusations méprisantes et aux injures. Et lui, le bras replié, continue à dormir.
Ses compagnons finissent par le réveiller et s'écrient :
- Camarade, ne vois-tu pas qu'ils nous enfoncent ?
Réveillé, il fait front et en quelques paroles il impose un grand calme.
Les adversaires sont sidérés.
Mais il dit à ceux de son équipe :
-  Pourquoi avez-vous si peur ? N'avez-vous pas encore cette foi fondée sur la grande Réalisation en marche ?
Profondément impressionnés, ils murmurent entre eux :
- Ce frère a un secret en lui !

Nous nous souviendrons de ne pas nous écrier comme Pierre :

Seigneur, sauve-moi !

Comme si Dieu ne nous avait pas donné la menoukha, l’apaisement !

Il est d’ailleurs encore écrit

Que Dieu vous donne, selon la richesse de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l'amour et que vous puissiez connaître l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance.  Et que vous serez remplis de toute la plénitude de Dieu. Ephésiens 3.16-17

Sur l’océan de la vie, Jésus a dit à ses disciples :
- « Passons sur l’autre bord ».
Si la mer se déchaîne, si le vent souffle fort, si la barque t’entraîne, si ton cœur est en peine, n’aies pas peur :
Il n’a pas dit que tu coulerais, il n’a pas dit que tu périrais,
il a seulement dit :
- « Passons sur l’autre bord ».
Voilà, ne craignons donc rien.

 

Retour vers "croire aujourd'hui"
Retour vers Spiritualité
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

ertinique,

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.