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La paix de l'esprit

 

la menoukha

 

 

Gilles Castelnau

 

27 février 2020

I Rois 8.54-57
Salomon se leva de devant l'autel de l'Eternel, où il était agenouillé, les mains étendues vers le ciel.
Debout, il bénit à haute voix toute l'assemblée d'Israël, en disant :
Béni soit l'Eternel, qui a donné du repos à son peuple d'Israël, selon toutes ses promesses ! De toutes les bonnes paroles qu'il avait prononcées par Moïse, son serviteur, aucune n'est restée sans effet.
Que l'Eternel, notre Dieu, soit avec nous, comme il a été avec nos pères ; qu'il ne nous abandonne pas et ne nous délaisse pas.

Hébreux 4.10
Celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres comme Dieu des siennes.

Matthieu 14.22-33. Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l'autre côté, pendant qu'il renverrait la foule. Quand il l'eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l'écart ; et, comme le soir était venu, il était là seul.
La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots car le vent était contraire.
A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer.
Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : 
-  C'est un fantôme ! 
Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris.
Jésus leur dit aussitôt : 
-  Rassurez-vous, c'est moi ; n'ayez pas peur !
Pierre lui répondit : 
-  Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux.
Et il dit : 
-  Viens ! 
Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus.
Mais voyant que le vent était fort, il eut peur et, comme il s’enfonçait, il s'écria : 
- Seigneur, sauve-moi !
Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit :
 -  Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?
Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa.
Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant Jésus, et dirent : 
-  Tu es véritablement le Fils de Dieu.

 

c’est une parole solennelle que prononce le roi Salomon lors de l’inauguration du Temple de Jérusalem. (Note : les historiens nous disent qu’ils n’ont pas la moindre idée de la date de construction du Temple et qu’ils ne connaissent rien du roi Salomon. Mais cela ne nous empêche pas d’être saisis par la noblesse et la force de ses paroles).
Tout Israël, nous dit le récit, est rassemblé sur l’esplanade du Temple et, debout, le roi bénit Dieu et le peuple.

Quelle est la première chose que nous pourrions attendre de Dieu ?
Dieu vous a donné Terre d’Israël !
Dieu vous libère
de Macron,
de Mélenchon,
des guerres,
du sida,
de l’homophobie,
du racisme,
du coronavirus ?

Quelle est la première chose que Dieu pourrait exiger de nous ?
Mettez vos péchés au pied de la croix et repentez-vous.
Accueillez un peu plus les étrangers
ou au contraire arrêtez de laisser entrer n’importe qui chez vous.
Sauvez la création en étant écologistes, vegan –
ou pas-vegan.
Faites des sons aux associations
Allez davantage à l’église...

Remarquez que ce n’est pas une proposition future que le roi annonce mais un don passé : Dieu vous « a donné » le repos.

Le mot qu’il emploie en hébreu est menoukha. C’est la paix intérieur, ne pas avoir peur, ne pas être angoissé, ne pas se sentir impuissant, dominé par forces menaçantes, destructrices.
C’est le mot qui, traduit en grec, sera repris par l’auteur de l’épitre aux Hébreux pour désigner le repos de Dieu le 7e jour après la création.

Celui qui entre dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres comme Dieu des siennes. (Hb 4.10)

C’est la paix du 7e jour, malgré tout. C’est la libération des préoccupations des 6 jours de la vie de tous les jours, avec ses préoccupations, son stress, les petits chefs de bureau, les adolescents agaçants, leurs parents qui ne comprennent rien, le bac qui se rapproche, les problèmes d’orientation, l’inquiétude.
Il n’y a de la détente qu’ « à 2 h de voiture de Paris !
Des forces obscures nous menacent toujours.

Parlons des forces obscures.
On a lu l’étonnant passage de Matthieu où Pierre marche sur l’eau.
J’ai vécu une histoire analogue lors d’un camp de jeunes.

On se baignait en jouant dans l’eau dans une piscine au soleil. Une jeune fille ne participait pas. Elle demeurait frileusement au bord. Je me suis approché. Elle m’a dit qu’elle savait nager mais qu’elle avait toujours peur de l’eau. Je l’ai gentiment rassurée, elle s’est mise à nager à côté de moi sur le bord. Puis je l’ai attirée plus loin. Là où l’on n’avait plus pied. Je lui ai dit : « viens ! ». Elle a nagé vers moi et j’ai vu brusquement dans ses yeux que la peur la saisissait et qu’elle commençait à s’enfoncer. Je l’ai saisie par les mains et amenée au bord. Je lui ai dit : « pourquoi as-tu eu peur ? »

Vous me direz qu’une comparaison n’est pas raison. Mais ne gâchez pas l’histoire biblique en disant qu’elle est impossible : J’en serais désolé. Et Jeannette aussi d’ailleurs.
Matthieu s’était inspiré du dynamisme créateur de Paul :

Celui qui peut par la puissance qui agit en nous faire infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire. (Eph 3.20)

Et il avait écrit un récit encourageant, pour affronter les angoisses des forces obscures du monde. Il était imprégné des traditions juives sur les dangers de la mer.
Il avait lu le Psaume 74 :

Tu as fendu (fracassé) la mer (Yam) par ta puissance,
Tu as brisé les têtes des monstres (taninim) sur les eaux ;
Tu as écrasé la tête du Léviathan, (Psaume 74. 13-14)

La mer, disait-on dans les temps anciens était animée par le Dieu Yam. C’et d’ailleurs le même mot Yam qui désigne la mer et le Dieu.
Et le mot employé par le Psaume ne signifie pas précisément « fendre » mais « fracasser ».
Il faut traduire :

Tu as fendu (fracassé) la mer (Yam) par ta puissance,

La suite montre qu’il y a aussi des monstres dont Dieu a brisé la tête :

Tu as brisé les têtes des monstres sur les eaux

Le récit de la Création en Genèse 1, qui a été écrit plus récemment que le Psaume mentionne aussi ces monstres mais l’auteur du texte ne les conçoit plus comme hostiles : De telles conceptions perduraient sourdement encore au temps de Jésus et représentaient les puissances angoissantes du monde.

Un autre exemple en est le Psaume 89 :

Tu domptes l'orgueil de la Mer
Quand ses flots se soulèvent, tu les apaises.
Tu écrasas le monstre Rahab
 (certaines versions comprennent qu’il pourrait s’agir de la puissance politique de l’Égypte) 
Tu dispersas tes ennemis par la puissance de ton bras.

Autre exemple encore :

Dans leur détresse, ils crièrent à l'Eternel, et il les délivra de leurs angoisses;
Il arrêta la tempête, ramena le calme, et les vagues s'apaisèrent. Ps 107.28 

Les vagues de la mer étaient pleines de monstres maléfiques.

On comprend que Pierre ne se sentait pas en sécurité sur la mer !

.


Pierre, voyant que le vent était fort, eut peur et comme il commençait à enfoncer, il s’écria :
- Seigneur sauve-moi !

Et Jésus le lui reproche. Puisque Dieu a donné la menoukha, le « repos ».

Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit :
- homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?

Douté de quoi ? non pas de l’existence d’un Dieu tout-puissant, ni de la divinité de Jésus, encore moins de la Trinité ou du salut par la Croix !
Pierre a douté de la menoukha.

Pour être fidèle à Dieu il ne devait pas crier vers lui de manière anxieuse mais puiser en son cœur la menoukha et saisir la main du Christ (la main de Dieu) dans un esprit apaisé.
Le mot peu de foi employé par Matthieu désigne l’attitude de solitude, de découragement que l’on a lorsqu’on oublie la promesse de la présence rassurante de Dieu.
Ce n’est pas à une chasse aux miracles surnaturels que nous sommes invités.
Nous avons seulement à marcher vers lui, même sur l’eau sans en craindre les « monstres ». Avoir un esprit apaisé

Citons une retranscription de ce texte par le pasteur Roger Parmentier. Celui-ci exerçait son ministère dans les années 1960 dans une banlieue communiste de l’est parisien.

Ce jour-là, vers la fin de l'après-midi, il leur dit :
- Allons dans les beaux quartiers de l'ouest, comme on les appelle, et les banlieues résidentielles.
Il n'en pouvait plus de fatigue et, dans le métro, ses compagnons protègent son sommeil.
Dans la dernière partie du trajet monte une bande de néo-fascistes, très excités, revenant d'une expédition. Sans tarder ils agressent les camarades, rapidement submergés, les coups succédant aux accusations méprisantes et aux injures. Et lui, le bras replié, continue à dormir.
Ses compagnons finissent par le réveiller et s'écrient :
- Camarade, ne vois-tu pas qu'ils nous enfoncent ?
Réveillé, il fait front et en quelques paroles il impose un grand calme.
Les adversaires sont sidérés.
Mais il dit à ceux de son équipe :
-  Pourquoi avez-vous si peur ? N'avez-vous pas encore cette foi fondée sur la grande Réalisation en marche ?
Profondément impressionnés, ils murmurent entre eux :
- Ce frère a un secret en lui !

Nous nous souviendrons de ne pas nous écrier comme Pierre :

Seigneur, sauve-moi !

Comme si Dieu ne nous avait pas donné la menoukha, l’apaisement !

Il est d’ailleurs encore écrit

Que Dieu vous donne, selon la richesse de sa gloire, d'être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi et que vous soyez enracinés et fondés dans l'amour et que vous puissiez connaître l'amour du Christ, qui surpasse toute connaissance.  Et que vous serez remplis de toute la plénitude de Dieu. Ephésiens 3.16-17

 

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aïe 65

 

 

 

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