Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français




Éloge des hérésies

dans l’Église ancienne

 

 

Henri Persoz

 

 

Commande directe par internet : La Barre Franche 
130 pages - 14 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

29 janvier 2020

Henri Persoz est un homme de culture et excellent vulgarisateur. Dans un langage clair et attrayant il nous fait pénétrer de façon vivante dans cinq mouvements de pensée antique. Antiques sans doute mais d’une actualité dont il nous montre qu’elle est bien partagée de nos jours, en tous cas parmi les protestants libéraux.

Un christianisme juif,
La gnose et le gnosticisme,
Jésus homme ou Jésus Dieu ?
Saint Jean Chrysostome,
Pélage contre Augustin.

Cinq spiritualités qui, à l’époque, étaient réprouvées et qualifiées d’hérésies mais qui, aujourd’hui, nous paraissent plutôt sympathiques. Leur contexte social et politique est présenté de manière tout à fait compréhensible et l’on prend ainsi conscience du fait que dans d’autres circonstances, l’ « hérésie » aurait bien pu être considérée comme vérité et le dogme déclaré alors officiel, perdu dans les oubliettes des idées sans valeur.

Henri Persoz sourit d’ailleurs de cette appellation d’ « hérésie » qui sent évidemment l’abomination du bûcher et fait ressortir, par contraste, la Vérité absolue et incontestable décrétée par les autorités de l’époque. Et pas seulement du monde antique puisque de nos jours encore les dirigeants d’Églises autoritaires continuent à affirmer la même vérité immuable et indiscutable de ces anciennes formulations.

Ce livre ne présente que cinq de ces « hérésies ». D’autres pourraient suivre. Mais de ces cinq exemples jaillit un tel esprit de libre spiritualité et d’intelligente réflexion que le lecteur sort enchanté de cette lecture.

En voici des exemples.

 

Introduction

Nous verrons aussi que les grandes questions théologiques suscitées par les hérésies sont souvent des questions éternelles, qui ont encore aujourd'hui leur pertinence. Et que les hérésies ont eu le bienfait de soulever l'insuffisance des réponses officielles, et donc de faire avancer la pensée.

En effet, si la vérité est enfermée dans des dogmes immuables, elle ne peut pas évoluer, s'adapter à l'évolution des connaissances et de la culture. Il est vrai que par endroits ces hérésies divaguent, mais par endroits elles éclairent.

Où en serions-nous si la foi chrétienne n'était pas sortie des dogmes conventionnels pour explorer des idées nouvelles ou des idées plus compréhensibles, plus adaptées à leur époque ? Et qui pouvait faire sortir ces idées nouvelles sinon les hérésies ?

 


Un christianisme juif


Les sources littéraires

L’évangile de Thomas
Il avait disparu lui aussi et n'était connu que par quelques citations (en grec) des Pères de l'Église. Miraculeusement, il fut redécouvert en entier en 1946 en Haute Égypte, dans une traduction copte, dans la bibliothèque gnostique de Nag-Hamadi. La première écriture de cet évangile daterait du milieu du premier siècle. Il aurait été remanié plus tard sous des influences gnostiques.

[...]

Jésus est, dans cet évangile, un maître de sagesse. Il délivre un enseignement, une nouvelle loi, qui est la voie du salut. Il n'est pas précisé comment il est mort, ni d'ailleurs qu'il est ensuite ressuscité. Nous touchons là un point fondamental de séparation entre christianisme juif et christianisme de la Grande Église défendu sur ce point par Paul : Jésus sauve par son enseignement et non par sa mort sur la croix. On sent déjà une influence gnostique. On comprend que l'évangile ait disparu.

 

La gnose et le gnosticisme

 

La gnose est à la frontière entre la philosophie et la religion. Du grec « gnosis » (la connaissance) elle enseigne que le salut de l'âme passe par une connaissance directe de la divinité. La gnose en tant que telle fut une hérésie condamnée par l'Église. Cependant, le christianisme fut notablement influencé par les idées gnostiques, un peu au moment de l'écriture du Nouveau Testament, mais surtout après.


Le gnosticisme chrétien

Nous voyons donc que le messianisme juif attend le grand jour tandis que les chrétiens attirés par la gnose cherchent à rejoindre les sphères supérieures de la vérité. Pour eux, la résurrection n'est pas future, elle a déjà eu lieu dans la vie présente pour ceux qui disposent de la connaissance. Finalement le gnostique ne meurt pas vraiment mais retourne plutôt vers son origine. Les gnostiques disent que « l'on devient ce que l'on a été ».

Lorsque tout va mal dans un pays, comme c'était le cas en Israël du temps de Jésus, soit on fonde son espérance sur l'attente de jours meilleurs, c'est ce que fait le messianisme ; soit on fonde son espérance dans la fuite vers un monde à rechercher à l'intérieur de soi, ce que font les gnostiques.

[...]

Il n'y a rien à attendre du futur. La résurrection c'est maintenant, vous êtes déjà ressuscités si vous parvenez à vous rapprocher suffisamment de Dieu. Le royaume de Dieu est déjà là pour ceux qui le cherchent, ce que les théologiens ont appelé plus tard « l'eschatologie réalisée ».

 

 

Pélage contre Augustin

 

La pensée d'Augustin

Avant sa conversion, il s'est senti tellement sous l'emprise du mal que, pour lui, l'homme était prisonnier de sa nature pécheresse et ceci à cause du péché originel d'Adam et d'Ève, qui se transmettait à toute l'humanité, de génération en génération. À cause donc de la chute du premier couple, chaque homme est empêtré dans son péché, la seule liberté dont il dispose est de s'enfoncer dans le mal. Même s'il est désireux de faire le bien, les forces lui manquent, et il ne peut que continuer à se perdre dans sa propre misère, sauf si Dieu décide d'entraîner cet homme vers le bien. Il le peut grâce à la sainteté de Jésus Christ qui, lui, n'a pas péché.

[...]

C'est une sorte de force intérieure, si bien que l'homme n'est pas libre, il peut seulement être conduit par la grâce de Dieu, qui lui évite d'aller à la dérive. Mais c'est Dieu qui choisit ceux qui seront bénéficiaires de sa grâce, si bien qu'il sauve qui il veut et il envoie à la damnation qui il veut.


La pensée de Pélage

La désobéissance d'Adam et d'Eve ne nuit qu'à eux seuls et ne se transmet pas par l'hérédité à l'ensemble de l'humanité. Donc personne ne meurt à cause du péché des premiers humains, de même que personne ne ressuscite à cause de la résurrection de Jésus Christ. Les enfants à la naissance sont dans le même état qu'Adam et Ève avant la chute. Ils ne sont donc pas devant la nécessité d'être baptisés pour mériter le salut. Il est possible qu'il y ait eu des hommes sans péché, même avant Jésus Christ.

[...]

Pour conclure, nous devons préciser gue, pour Pélage et ses compagnons, la foi et le dogme ont peu d'importance, car l'essence de la religion est l'action morale. Nous retrouvons là la pensée de Jean Chrysostome et évidemment aussi la pensée d'un bon nombre de chrétiens libéraux.

 

À retenir

Pélage était vraiment un grand précurseur du christianisme libéral. On oserait dire aujourd'hui que personne ne ressuscite à cause de la résurrection de Jésus Christ ? Ou que la grâce c'est essentiellement l'enseignement des principes divins ? Vraiment il était très libéral et il est bien regrettable que Calvin l'ait eu en horreur.

 

 

Pour conclure


Nous voyons bien que le christianisme moderne puise certaines de ses racines dans des convictions très anciennes, en marge des Églises des premiers siècles, mais qui ont été combattues sous prétexte d'hérésies. Nous avons cependant été heureux de les retrouver, surgies de ces temps lointains, parce qu'elles nous parlent encore.

Merci les hérésies.

 


Retour vers Henri Persoz
Retour
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

allé  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.