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La lande du Nord Yorkshire en hiver


J’ai kidnappé l’Enfant Jésus
de la crèche de mon église

 

I kidnapped the Christ-child from the church crib

 

 


David Wilbourne

évêque émérite du Yorkshire, Angleterre

article paru dans l'hebdomadaire anglican Church Times

 

Traduction Gilles Castelnau

1er janvier 2019

Durant l’Avent, j’ai kidnappé l’Enfant Jésus de l’église de Helmsley, je l’ai mis dans la sacoche de ma bicyclette et tous les soirs je l’ai emmené faire des visites dans ma paroisse. J’ai toujours aimé faire du vélo mais je ne suis pas près d’oublier ces tournées-là. J’aime aussi contacter les gens, un peu comme le fait Sir David Attenborough dans ses grandes émissions populaires sympathiques de télévision.

• Certaines maisons étaient pleines de vie et d’enfants excités. Et le Christ qui, lui-même débordait d’une vie exubérante, y entrait volontiers.

• D’autres étaient des lieux de solitude avec un veuf ou une veuve et le Christ y demeurait, comme il demeure toujours avec eux.

• Ailleurs, on sentait que la mort était proche et le Christ se faisait alors, lui aussi, tout proche.

• Le village de Helmsley ressemble un peu à Downton Abbey avec Lord Grantham. J’ai gravi – en soufflant et sous une terrible neige - la côte qui mène au château. J’ai frappé à la porte de service et la personne qui m’a ouvert, a dit : 
- Je vais voir si le Lord, est là.
- Cela n’a guère d’importance, ai-je pensé en frissonnant de froid : après tout ce n’est qu’une visite de Jésus !
Le Lord est quand même venu, mais il n’était pas très chaleureux. Lors de la veillée de Noël de la paroisse, il joue toujours le rôle du méchant roi Hérode et, à y réfléchir, il n’est peut-être pas vraiment disposé à accueillir l’Enfant roi. Mais Jésus a connu la croix : il doit pouvoir résister au Lord !

• Ensuite j’ai conduit Jésus plus loin dans la lande dans une maison d’ouvriers très modestes mais dont l’accueil était cordial. La femme attendait leur premier enfant. Avant de repartir, en leur laissant Jésus, j’ai fait une prière pour demander que l’accouchement se passe bien et que l’enfant soit beau. Et ce fut d’ailleurs le cas.

• Je suis ensuite allé, avec l’Enfant Jésus, chez Edwin. Comme son père avant lui, il travaille aux chemins de fer. Sa maison est un véritable musée de petits trains et de photos de Bradshaw, le joueur de football américain. James, son ami, est tout le temps là et d'ailleurs ils se présentent ensemble à la communion. Il est clair qu’ils sont en couple.
Quand je suis entré, James était en train de laver avec beaucoup de douceur les jambes d’Edwin qui sont couvertes d’ulcères. Signe d’amour dans la maladie comme dans la santé…
J’ai mis l’Enfant Jésus sur la cheminée juste à côté de la photo de Sir Nigel Gresley, le grand ingénieur des chemins de fer et celle du Flying Scotsman, le fameux train Édimbourg – Londres. Il sanctifiait l’âme de cette maison.

• J’ai amené l’Enfant Jésus au cabinet dentaire des docteurs Hackett et Angel. Je l’ai posé et je suis parti. Là où il y a la douleur, il y a aussi le Christ.

• Il a aussi trouvé sa place au collège technique. Ces écoles sont parfois effrayantes. Mais dans celle-ci le Christ était bienvenu : la classe de technologie et design lui a même fait une jolie crèche en bois.

• Le Christ a aussi trouvé sa place cher mon ami Ben, le boucher. L’Agneau de Dieu présent dans la vitrine avec le jambon, les pâtés de porc et les dindes : Ben l’a mis dans la petite crèche que le collège avait réalisée et il a écrit : « Jésus, né dans une étable, sois le bienvenu à notre table. » Cela m’a paru une excellente prédication.

• Mais par dessus tout, nous invitons le Christ à être notre sainte Table. Je suis un peu matheux et j’ai calculé que j’avais consacré 250 gallons de vin à toutes les messes que j’ai célébrées.
Comme le savent bien tous les fans de l’acteur Tony Hancock, le corps humain contient environs un gallon de sang. Cela fait donc 250 Christ que j’ai multipliés dans le monde durant mon ministère, tous ces communiants repartant chez eux avec le goût du Christ sur les lèvres.

A bicyclette ou autrement, les prêtres se dépensent à emmener le Christ partout avec eux. Ils apportent sa vie au monde et à son Église. Saint Paul a bien dit :
« afin d'affermir vos cœurs pour qu'ils soient irréprochables dans la sainteté devant Dieu notre Père, lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints ! » (I Thessaloniciens 3.13)

• J’ai apporté le Christ à Lilian. Sa maison est une sorte de taudis moyenâgeux. Elle disait qu’elle ne pouvait pas recevoir Jésus avant d’avoir eu « sa bière », Improbable infusion de pissenlit et d’autres plantes de la lande. Je l’ai fait boire avec difficulté en me renversant de ce liquide poisseux sur les mains. Étrange communion.

 


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