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Gilles Castelnau

 

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Définition du libéralisme

Le mensuel protestant « Évangile et Liberté » propose la définition que voici :
Par souci de vérité et de fidélité au message évangélique, refusant tout système autoritaire, nous affirmons :
- La primauté de la foi sur les doctrines.
Nous n’aimons pas les vérités intangibles qui prétendent enfermer le divin dans une expression définitive.
- La vocation de l’homme à la liberté. Dieu nous libère des tyrannies religieuses.
- La constante nécessité d’une critique réformatrice.
Nous refusons le divorce entre la réflexion et la spiritualité. Les textes bibliques sont le produit de contextes particuliers : ils sont à interpréter.
- La valeur relative des institutions ecclésiastiques. Les Églises, en tant qu’institutions, sont utiles pour aider chacun à forger ses convictions, mais elles n’ont pas à imposer des croyances ou des comportements.
- Notre désir de réaliser une active fraternité entre les hommes et les femmes qui sont toutes et tous, sans distinction, enfants de Dieu. Le service du prochain nous paraît toujours supérieur à l’exactitude des discours sur Dieu.

.  Être attentifs aux questions d’aujourd’hui plutôt qu’aux réponses d’hier.
.  Favoriser le dialogue entre les religions et l’athéisme, avec les cultures contemporaines, au lieu de se résigner à un choc des cultures.

Une telle attitude de liberté dans la réflexion spirituelle effraye les autorités catholiques craignant que l’on se détourne de l’autorité du pape et de l’Église. Elle effraye également les protestants conservateurs et les évangéliques craignant que l’on se détourne de l’inspiration divine de la Bible et de l’enseignement traditionnel des Réformateurs du 16e siècle.
C’est ainsi que le pasteur Albert Schweitzer écrivait : « Nous ne ressentons nul besoin de nous accrocher à l’idée sophistiquée et indémontrable d’une Révélation, car nous croyons que le révélé nous vient des profondeurs de la simple pensée et de la sensibilité, nous croyons qu’à ces profondeurs l’âme humaine plonge dans l’Esprit infini et qu’elle en est transie, nous croyons donc que la pensée humaine peut toucher aux profondeurs de l’être, sans révélation particulière. » (Sermon donné à Strasbourg en 1910)

 

XVIIIe siècle. Les Lumières


Un protestantisme libéral existait déjà
au 17e siècle, récusant d’un même mouvement le catholicisme officiel (d’ailleurs persécuteur) et le protestantisme orthodoxe également considéré comme non crédible, au profit d’une spiritualité non dogmatique de conception libérale. Toutefois le protestantisme français n’était pas en situation de développer une théologie en l’absence de bibliothèque digne de ce nom, de professeurs de théologie instruits et de publications de valeur.

Voltaire. Traité de la tolérance (1763).

« Ce n'est plus aux hommes que je m'adresse. C'est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes, et de tous les temps ; s'il est permis à de faibles créatures perdues dans l'immensité, et imperceptibles au reste de l'univers, d'oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels.
Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger.
Que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution.
Que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil.
Que ceux qui couvrent leur robe d'une toile blanche pour dire qu'il faut t'aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire.
Qu'il soit égal de t'adorer dans un jargon formé d'une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau.
Car tu sais qu'il n'y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s'enorgueillir.»

Voltaire, mourant, griffonne ces derniers mots :

« Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis, en détestant la superstition. »

 

Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève à Christophe de Beaumont, archevêque de Paris (18 novembre 1762).

« Monseigneur, je suis Chrétien, & sincèrement Chrétien, selon la doctrine de l'Évangile. Je suis Chrétien, non comme un disciple des Prêtres, mais comme un disciple de Jésus-Christ.
Mon Maître a peu subtilisé sur le dogme, & beaucoup insisté sur les devoirs ; il prescrivait moins d'articles de foi que de bonnes œuvres  ; il n'ordonnoit de croire que ce qui étoit nécessaire pour être bon ; quand il résumoit la Loi & les Prophètes, c'étoit bien plus dans des actes de vertu que dans des formules de croyance, & il m'a dit par lui-même & par ses Apôtres, que celui qui aime son frère a accompli la Loi. 
»

 

Jean Astruc (1684 -1766). Il a le premier à proposer une exégèse de la Bible historico-critique. Médecin du roi Louis XV, il était de famille protestante obligée par les persécutions à se convertir au catholicisme. Il était demeuré attaché à la Bible. Il publie en 1753 un livre suggérant que la Genèse devait avoir eu deux auteurs puisque son premier chapitre disait : « Dieu » et le 2e : « Yahvé-Dieu »

 

 

XIXe siècle


Le libéralisme que les catholiques nomment « modernisme » suscite une crise violente qui durera jusqu’à la moitié du 20e siècle.
Les libéraux étaient soit rationalistes et proches des athées, soit piétistes et mystiques.
L’attitude orthodoxe demeurait focalisée sur la « révélation » du monde d’en-haut surnaturel, objectivement réel et présent auprès des hommes. 

 

- Dans le catholicisme

Ernest Renan, professeur au Collège de France, familier de Darwin, de la lecture historico-critique de la Bible et des dogmes de l’Église. Sa Vie de Jésus (1863) étudie Jésus comme une personnalité humaine. Le pape Pie IX dit : « c’est un blasphémateur ».
Pie IX publia en 1865 le Syllabus, « Recueil renfermant les principales erreurs de notre temps. » Ses 10 sections dénoncent : Le socialisme, le communisme, les sociétés secrètes, les sociétés bibliques, les sociétés clérico-libérales, les
erreurs relatives à L’Église et à ses droits, les erreurs qui se rapportent au libéralisme moderne.
« La menace contre l’Église ne vient pas de telle ou telle erreur particulière mais du libéralisme qui a envahi beaucoup d’esprits. À l’égard des grands problèmes que pose la vie individuelle et collective, elle inspire des solutions entièrement étrangères à la foi. Et il y a au milieu du XIXe siècle une sorte d’enthousiasme pour la science, dont on attend des miracles et qui, pense-t-on doit résoudre comme le dit Ernest Renan : Tous les problèmes que la Révélation résolvait jadis. »

 

Alfred Loisy (1857-1940). Lança le slogan : « Jésus annonçait le Royaume, et c'est l'Église qui est venue. »
Il accentua la crise moderniste en 1902-1908, entraînant l’interdiction de la lecture personnelle de la Bible. Il fut excommunié en 1908

 

Le Père Mare-Joseph Lagrange (1855-1938), dominicain, excellent connaisseur des évangiles et réussit, en prétendant ne rien affirmer de nouveau, à ce que ses œuvres ne soient jamais interdites par les autorités catholiques. 

 

- Dans le protestantisme

Le débat entre libéraux et orthodoxes dura durant tout le 19e siècle. Lorsque la liberté de réunir des synodes fut rendue au protestantisme par l’institution de la République en 1870, un schisme s’avéra inévitable.
Un synode national se tint à Paris du 6 juin au 10 juillet 1872. Les orthodoxes, que l’on appelait alors « évangéliques » (sans qu’il faille les confondre avec le mouvement actuel du même nom), y disposaient de la majorité et firent finalement voter une « confession de foi ». Rédigée de façon modérée, beaucoup de libéraux auraient pu, à la rigueur, en accepter les termes, mais ils refusaient qu'on en rende la signature obligatoire pour les pasteurs et qu'on lui donne force de loi.
Le vote solennel eut lieu le 20 juin ; les votants étaient 106 ; les bulletins de la majorité orthodoxe étaient blancs, ceux de la gauche libérale étaient bleus. Le dépouillement donna 61 bulletins blancs et 45 bleus. Seize voix de majorité...
Le protestantisme se partagea alors en deux : l’« Église évangélique » (orthodoxe) et l’« Église réformée » (libérale).

C’est seulement en 1938 qu’un synode national réuni à Lyon reconstitua l’unité en fusionnant les deux Églises sous le nom d’« Église Réformée de France ». Les orthodoxes avaient fait accepter une confession de foi et les libéraux étaient satisfait d’un « Préambule » précisant :

« ...Vous lui donnerez votre adhésion joyeusement, comme une libre et personnelle affirmation de votre foi. Sans vous attacher à la lettre de ses formules, vous proclamerez le message de salut qu'elles expriment. »

Il est à noter qu’une partie des orthodoxes les plus conservateurs refusa d’entrer dans l’unité en compagnie des libéraux et fonda l’« Union des Églises Réformées Evangéliques Indépendantes ». 

 

La première moitié du XXe siècle

Alors que le modernisme catholique était empêché de s’exprimer par les interdictions papales, le libéralisme protestant se développait librement, notamment à la faculté de théologie protestante de Paris (l’autre faculté de théologie protestante, de tendance orthodoxe, était à Montauban jusqu’en 1919, puis à Montpellier).

Citons à la Faculté de théologie de Paris l'École de Paris, avec les professeurs Marc Lods (1908-1988) et Adolphe Lods (1867-1948), Maurice Goguel (1880-1955), Eugène Ménégoz (1838-1921), Wilfred Monod (1867-1943), Louis-Auguste Sabatier (1839-1901).
La publication de la Bible du Centenaire, achevée en 1947 est un jalon important dans l’histoire de l’exégèse historico-critique, car l’hypothèse de l’époque de 4 documents différents (J, E, D, P) constituant la base de la rédaction des premiers livres de la Bible y était développée.
Ce n’est qu’en 1956 que la traduction catholique de la Bible de Jérusalem reprit ces hypothèses désormais généralement admise dans le monde savant.

Le pasteur Charles Wagner (1852-1918) jouissait d’un rayonnement important. Il fondait le Foyer de l’Ame (rue du Pasteur Wagner, Paris 11e) où les Parisiens de toutes religions, y compris les prêtres du quartier, suivaient le dimanche ses conférences religieuses, accueillis par cette formule : « Entre ici ; tu ne seras l’hôte d’aucune famille étroite, mais celui de toute la grande famille militante et blessée, battue, mais invincible ; tu seras l’hôte de Dieu et tu seras chez toi. »

Ferdinand Buisson (1841-1932), Co-fondateur et président de la Ligue des droits de l'Homme, prix Nobel de la paix, directeur de l'Enseignement primaire, organisa la séparation des Églises et de l'État.

Albert Schweitzer (1875-1965), pasteur, philosophe, musicien, quitte Strasbourg pour s’impliquer concrètement dans la création d’un hôpital à Lambaréné au Gabon.  Ses travaux théologiques témoignent d’un haut niveau de spiritualité libérale. Il décrit ainsi le sens de la vie :
« Nous naviguions lentement sur le fleuve. Nous avancions dans la lumière du soleil couchant, en dispersant au passage une bande d'hippopotames, soudain apparurent à mon esprit, les mots « Je suis une vie, qui veut vivre, parmi d'autres vies, qui veulent vivre »

 
Années 1930

Les travaux de théologiens de langue allemande pénètrent en France et en bouleversent le paysage religieux.

Karl Barth (1886-1968). Auteur de l’important Commentaire de l’Épitre aux Romains et de la Dogmatique en 28 volumes, est de théologie orthodoxe mais il met en question les certitudes trop assurées en affirmant que nos esprits humains ne peuvent saisir la réalité d’un Dieu « tout-autre » que toute déclaration élaborée par la raison ne touche qu’une idole et qu’il convient de laisser place à la seule révélation divine.
A la question sempiternelle de savoir si le serpent d’Adam et Ève a réellement « parlé » (si l’on dit oui, on est orthodoxe, si l’on dit qu’il non car il s’agit d’un récit mythique, on est libéral), il répond que la question n'est pas de savoir s'il a parlé mais de comprendre « ce qu’il a dit » !
La force de son enseignement, puis de son engagement anti-nazi durant la guerre redonna du dynamisme à une orthodoxie qui se sclérosait.

 

Rudolf Bultmann (1884-1976) propose une distinction décisive entre les lectures « mythique » et « mythologique » de la Bible.
Il récuse la lecture mythique d’un texte. Celle-ci consiste à considérer que le récit d’Adam et Ève ou celui de la naissance miraculeuse de Jésus, par exemple, est un mythe émanant d’un monde primitif et que l’on peut rejeter. Il reproche donc aux libéraux de « déchirer la page » de la Bible rapportant de tels récits.
Il propose la lecture mythologique d’un texte. Celle-ci consiste à considérer la vérité spirituelle, existentielle que l’auteur a cherché à transmettre en utilisant le langage d’une époque révolue : il reproche donc aux orthodoxes de prendre à la lettre de telles histoires alors qu’il faut en rechercher le sens profond. Il faut regarder la fleur et non le pot dans lequel elle pousse.

 

 

La deuxième moitié du XXe siècle


Karl Barth et Rudolf Bultmann commencent à être connus en France et un énorme mouvement de redécouverte de la Bible, le « renouveau biblique », se répand avec, entre autres, Suzanne de Diétrich (1891-1981) auteur du Dessein de Dieu. De multiples groupes d’études bibliques se développent, qui ne sont ni orthodoxes ni libéraux. Les Cahiers Evangile, entre autres, en font foi.
La pasteure et professeure Françoise Florentin-Smyth (1935-...) parcourt la France et d’autres pays en suscitant des groupes de lecture biblique parmi les membres laïcs des Églises et leurs amis : elle leur fait découvrir la lecture historico-critique que tous les pasteurs ont étudiée à la Faculté mais qu’ils ne partageaient pas avec leurs paroissiens. Elle suscitait notamment des groupes d’initiation à l’hébreu biblique.

Le souffle d’un nouveau libéralisme surgit, vivant séduisant. Citons les théologiens catholiques français Jacques Pohier (1926-2007) qui publie notamment Quand je dis Dieu,1977 ; Louis Evely (1910-1985), la Prière d’un homme moderne, 2002 ; Jean Vimort (19...-1989), Je ne crois plus comme avant ; Eugen Drewermann notamment De la Naissance des Dieux à la naissance du Christ. Ces théologiens ont tous été suspendus par leur hiérarchie.

Les protestants André Gounelle (1933-...) et à l’étranger l’Anglais John Robinson (1919-1983) auteur de Honest to God traduit en français sous le titre Dieu sans Dieu ; l’Américain Matthew Fox, fondateur du centre californien Creation Spirituality.

 

Paul Tillich (1886-1965), théologien allemand réfugié aux États-Unis est traduit en français et le professeur André Gounelle le fait connaître par des conférences et en réunissant un Colloque Tillich régulier.
Tillich est sensible à la corrélation entre les préoccupations humaines et la réponse que leur adresse la Parole de Dieu. Ses prédications commencent toujours par la présentation de telle ou telle préoccupation humaine pour dire quelle réponse Dieu apporte. Dieu ne parle pas théoriquement et en dehors de la réflexion humaine. Il n’est d’ailleurs pas « au ciel » mais en profondeur, fondement de notre être. 

 

Le Process. André Gounelle fait aussi connaître la théologie du Process : Le Dynamisme créateur de Dieu : Essai sur la théologie du Process, 1981. Il s’agit de ne pas voir Dieu comme un Être extérieur au monde et intervenant selon ses désirs pour influencer l’histoire des hommes mais comme l’Élan créateur dynamisant, réorientant, le passage de la vie des êtres et des hommes vers une situation nouvelle, meilleure, vers un épanouissement plus satisfaisant, comme la libération d’Égypte ou la Résurrection de Jésus.

 

Sea of Faith. Don Cupitt (1934-…) est un prêtre anglican dont une série d’émissions télévisées à la BBC à Pâques 1984 provoqua un énorme mouvement de renouveau libéral spirituel. Un important réseau internet nommé « Sea of Faith », des groupes locaux, des conférences s’étendant rapidement à l’ensemble du monde anglo-saxon.
Le « non réalisme ». Les membres du réseau Sea of Faith se nomment eux-mêmes ainsi, en reprenant le vocabulaire de la scolastique du moyen-âge, dans la mesure où ils ne croient pas à l’existence « réelle » des images véhiculées par le langage religieux. Elles n’ont pas de « réalité » en elles-mêmes. Dieu, le diable, le ciel, l’enfer, le bien, le mal, la vérité, la beauté n’ont pas d’existence métaphysique « réelle » mais sont des constructions de l’esprit humain. La doctrine chrétienne provient de l’effort de rendre compte dans un langage humain et intelligible de l’expérience de la présence transcendante de Dieu. Les énoncés religieux sont une construction humaine.

 


 
Début du XXIe siècle


La lecture historico-critique de la Bible prend un tournant nouveau avec les travaux des professeurs Israël Finkelstein (1949-…) qui est un Juif israélien, La Bible dévoilée ; Pierre Bordreuil (1937-2013), français protestant et Françoise Briquel-Chatonnet, française catholique, Le Temps de la Bible et Thomas Römer (1955-...) allemand protestant, professeur au Collège de France L’Invention de Dieu.
Au lieu de chercher des preuves archéologiques de la vérité historique de la Bible et d’écrire des livres du genre de La Bible a dit vrai, ils s’efforcent de reconstituer l’histoire du Moyen-Orient ancien à partir des documents historiques et archéologiques disponible et dans un deuxième temps d’évaluer comment s’y situent les textes bibliques.
Un visage entièrement nouveau de la Bible apparaît alors. La rédaction des récits traditionnellement considérés comme les plus anciens (Abraham, Moïse et la Sortie d’Égypte) est désormais située tardivement, pendant l’Exil à Babylone du VIe siècle av. JC ou même après. En effet, aucun document d’époque ne conforte leur historicité et d’ailleurs les textes anciens de la Bible (Esaïe, Michée, Osée, Amos, Jérémie) ne les mentionnent jamais. Leur historicité est donc radicalement mise en question.

Ce nouveau libéralisme entre frontalement en conflit avec les conservatismes orthodoxe, évangélique et juif.
L’orthodoxie traditionnelle catholique ou protestante n’est d’ailleurs plus guère un obstacle au libéralisme dont les données historiques et critiques sont généralement adoptées dans tous les milieux instruits.
Le conflit est celui qu’opposent les « évangéliques » fondamentalistes, attachés aux « fondements » indiscutables à leurs yeux de la foi chrétienne :

- la divinité du Christ
- sa naissance virginale 
- le sacrifice substitutif de la croix
- la résurrection corporelle lors de la seconde venue du Christ
- l'autorité et l'inerrance verbale de la Bible.
Le conflit opposent aussi athées et agnostiques laïcs à un christianisme qu’ils identifient au fondamentalisme.

 

Le christianisme progressiste anglo-saxon
Récemment, une réflexion venue du monde protestant anglo-saxon de Nouvelle Zélande appelle les libéraux à s’ouvrir à nouveau à la tradition du christianisme social qui était la leur au XIXe siècle et qui est effectivement aujourd’hui trop oubliée.

Margaret Mayman, pasteur de l’Église unie de Nouvelle Zélande écrit :

Notre christianisme « progressiste » est proche de la théologie de la Libération et de sa passion pour la justice.
Il s’accorde avec la théologie libérale pour déconstruire la théologie médiévale et rendre aux croyants leur intégrité intellectuelle.
Mais le libéralisme s’est trop mué en philosophie religieuse faisant de Jésus un sage de l’ancien temps. Il a intégré, sans les critiquer suffisamment les valeurs des Lumières du 18e siècle qui valorisaient les droits de l’individu et oubliait de dénoncer l’oppression de la société.
Le libéralisme est prisonnier d’un extrême individualisme sur les plans politique et économique et la vie collective n’est guère l’objet de ses préoccupations.
[...]
Le christianisme progressiste ne s’adresse pas seulement aux individus mais à l’ensemble de la collectivité.
[...]
La guérison du monde, la libération, le salut – appelez cela comme vous voulez – le changement social, la justice, ne sont possibles que lorsque des hommes agissent ensemble. Les chrétiens progressistes sont prêts à s’allier avec tous ceux qui s’impliquent dans la transformation du monde pour la paix et la justice.

 


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