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L'amour c'est Dieu


 

 

Gilles Castelnau

 

26 mai 2018


I Jean 3.11, 14-20
Voici le message que vous avez entendu dès le commencement : aimons-nous les uns les autres.
[…]
Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n'aime pas demeure dans la mort.
Nous avons connu l'amour, en ce qu'il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.
Si quelqu'un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme son cœur, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui ? Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité.
Par là nous connaîtrons que nous sommes de la vérité, et nous apaiserons notre cœur devant lui ; car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il sait toutes choses.

I Jean 4.7- 8
Bien-aimés, aimons nous les uns les autres; car l'amour est de Dieu,
et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.
Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour.

 

Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.
Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour.

Au 14e siècle, une béguine de Valenciennes, Marguerite Porète a dit :
« Si quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu et si Dieu est amour alors l’Amour c’est Dieu ».
Cela paraissait trop simple, trop nouveau, trop naturel aux prêtres de l’Inquisition. Ils l’ont emmenée à Paris et l’ont brûlée vive en place de Grève le 1er juin 1310.
Parce qu’elle avait dit : « l’Amour c’est Dieu ».

L’amour c’est bien. Tout le monde n’aime pas entendre parler de Dieu. De religion, de l’église, de la trinité, de morale religieuse. Mais parler de l’amour c’est autre chose. Tout le monde aime en vivre et en entendre parler.
Les adolescents naturellement mais aussi en famille (quand on vit malheureusement une brouille familiale on regrette de ne pouvoir aimer mieux, aimer plus). On aime les bons amis, les moments heureux qui éclairement la vie. Au soir d’une vie active et occupée les gens disent parfois regretter de ne pas avoir pris le temps d’aimer leur entourage davantage et plus pleinement .

Nous avons tous de l’amour et cet amour nous réchauffe la vie. C’est bien. C’est important. Nous devrions penser à approfondir un peu cet amour, le développer, car c’est lui qui nous aide vraiment à vivre.
Cette relation d’amour nous fait pénétrer dans un autre monde que le monde habituel qui est souvent un peu grinçant, un peu amer, un peu énervant, un peu destructeur au fond.

Jean nous y engage. Il dit même :
Nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons.
C’est toute notre existence qui entre dans un autre monde, de tendresse, de paix, d’épanouissement. Non pas seulement lors des moments heureux que nous passons avec les quelques privilégiés de notre entourage mais dans toute notre existence, qui bascule comme par un effet de dominos, de la mort à la vie, à partir du moment où l’on a décidé d’ouvrir globalement et systématiquement notre cœur à l’amour, à un peu de ressenti.

Dans le récit du « Jardin mystérieux » la petite fille désagréable et « que tout contrarie », revit dans la découverte d’un jardin où il y a un rouge-gorge et des fleurs et elle vit désormais heureuse dans un rapport nouveau avec son entourage.
C’est ce qu’aurait dit Jean dans son langage théologique :
Elle est passée de la mort à la vie, parce qu’elle aime.

De la mort à la vie. Il est vrai qu’on ne vit pas vraiment sans compassion, sans un peu de chaleur pour l’existence de ceux que l’on croise. On demeurerait dans un monde de sécheresse, de froideur, de mort, car notre humanité ne pourrait pas s’y exprimer. On pénètre certainement dans le monde de la vie dès qu’on franchit la distance qui nous sépare de notre entourage, qu’on laisse un peu de chaleur animer notre entrain et le rayonnement qui est en nous et ne demande qu’à vivre.
On est passé de la mort à la vie car on s’est libéré du monde de froid de l’aigreur, de la tristesse, du ressentiment, de la culpabilité.

 

Dieu. Alors on parle de Dieu : Cet élan d’amour que ressentons tous, que nous aimons tous, que nous puisons dans les tréfonds de notre cœur, de notre âme, c’est Dieu qui nous fait vivre et transcende notre existence. Notre élan d’amour est beaucoup plus profond qu’une simple émotion sentimentale : il monte du fond de notre être, depuis sa source qui est dans notre âme : Dieu.

Quand on aime en fait, notre élan d’amour est enraciné, mêlé, renforcé même dans le grand Elan d’Amour qui est au cœur de tout homme, l’Amour de Dieu.
Dieu est amour et l’Amour c’est Dieu. Regardez autour de vous, l’amour est partout, en tout. Même les animaux peuvent aimer. Toute la créativité divine se passe dans l’amour, l’amour est notre vie
Dieu n'est pas au ciel, à l'extérieur du monde, il n'est pas « tout autre », il est dans nos cœurs, il est l’amour, il est le dynamisme intérieur de la vie au cœur des hommes, comme le levain qu'une femme a caché dans la pâte pour la faire lever.
Partout et toujours, quand il y a relation créatrice, vivante, positive entre deux personnes, entre deux groupes, dans une société, dans une famille, ne cherchez pas : c’est Dieu qui est là, qui crée, qui renouvelle.
Il ne faut pas lever les yeux au ciel pour chercher Dieu, il faut regarder son prochain car c'est dans la relation que l'on établit avec lui que l'on trouve Dieu.
 
Il est vrai que notre amour – que nous aimons – manque un peu de force, de dynamisme créateur, d’universalité, d’ouverture politique et sociale.
Pourtant Jésus Christ a bien dit : « Aimer Dieu et son prochain c’est toute la loi et les prophètes » Il n’est pas nécessaire d’y ajouter rien. Mais il est vital de vivre vraiment cet amour.
Si nous en étions davantage conscients, le monde, la politique, la justice sociale, les droits civiques pourraient-il être libérés davantage de leur froid de leur aigreur, de leur tristesse, du ressentiment général, de la culpabilité générale ?

Martin Luther King a dit : « Nous devons découvrir la puissance de l’amour, la puissance libératrice de l’amour. Et si nous le faisons, nous ferons de ce vieux monde un monde nouveau. Et l’amour peut le faire. »
Il y a de la puissance dans l’amour – puisque, Marguerite Porète l’a bien dit, l’Amour c’est Dieu. Ne le sous-estimons pas. Ne restons pas au niveau sentimental de l’amour : il est Dieu.

Que seraient nos familles et nos relations si on considérait que l’amour est force libératrice et créatrice de Dieu ? et que seraient nos voisinages, notre société, nos divers responsables, notre gouvernement, nos entreprises commerciales qui ne seraient plus ni égoïstes ni malhonnêtes.
Marti Luther King a raison, si l’amour est aux commandes, si Dieu est aux commandes, le vieux monde devient un nouveau monde.

Il est vrai qu'il y a des gens qu’on ne peut pas aimer.
C’est tout à fait vrai. Mais il ne faut pas faire de l’amour quelque chose de sentimental, d’émotionnel. « Aimer » dans la Bible ne désigne pas tellement des sentiments. Mais « faire vivre, faire du bien ». Attitude créatrice de vie : c’est ce que fait Dieu.

Les anciens prêtres ont écrit dans le livre biblique du Lévitique :

Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l'opprimerez point.Vous traiterez l'étranger en séjour parmi vous comme un concitoyen du milieu de vous ; vous l'aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d'Egypte et je suis l'Eternel, votre Dieu. (Lév 19.33)

et le prophète Ésaïe :

Voici le culte auquel je prends plaisir :
Détache les chaînes de la méchanceté,
Dénoue les liens de la servitude,
Renvoie libres les opprimés,
Et que l'on rompe toute espèce de joug ;
Partage ton pain avec celui qui a faim,
Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ;
Si tu vois un homme nu, couvre-le,
Et ne te détourne pas de ton semblable.
Alors ta lumière poindra comme l'aurore,
Et ta guérison germera promptement ;
Ta justice marchera devant toi,
Et la gloire de l'Eternel t'accompagnera.
Alors tu appelleras, et l'Eternel répondra ;
Tu crieras, et il dira : Me voici ! (Esaïe 58.6)


Dieu nous aime, Dieu nous bénit et Dieu nous garde tous dans ses puissantes mains d’amour

 

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