Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 


Je vous annonce une bonne nouvelle,
qui est pour tout le peuple
le sujet d'une grande joie :
il vous est né un Sauveur

 

Luc 5.17-30

 

 

Gilles Castelnau

 

 


Luc 2.25-32 ; 36-38
Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit-Saint était sur lui.
Il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.
Il vint au temple, poussé par l'Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu'ordonnait la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit :
- Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut,
Salut que tu as préparé devant tous les peuples,
Lumière pour éclairer les nations,
Et gloire d'Israël, ton peuple.

Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité.
Restée veuve, et âgée de quatre vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière.
Etant survenue, elle aussi, à cette même heure, elle louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Luc 5.17-30
Un jour Jésus enseignait. Des pharisiens et des docteurs de la loi étaient là assis, venus de tous les villages de la Galilée, de la Judée et de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur se manifestait par des guérisons.
Et voici, des gens, portant sur un lit un homme qui était paralytique, cherchaient à le faire entrer et à le placer sous ses regards.
Comme ils ne savaient par où l'introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit, et ils le descendirent par une ouverture, avec son lit, au milieu de l'assemblée, devant Jésus.
Voyant leur foi, Jésus dit : Homme, tes péchés te sont pardonnés.
Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner et à dire : Qui est celui-ci, qui profère des blasphèmes ? Qui peut pardonner les péchés, si ce n'est Dieu seul ?
Jésus, connaissant leurs pensées, prit la parole et leur dit : Quelles pensées avez-vous dans vos cœurs ?
Lequel est le plus aisé, de dire : Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire : Lève-toi, et marche ?
Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés, Je te l'ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison.
Et, à l'instant, il se leva en leur présence, prit le lit sur lequel il était couché, et s'en alla dans sa maison, glorifiant Dieu.
Tous étaient dans l'étonnement, et glorifiaient Dieu, remplis de crainte, ils disaient : Nous avons vu aujourd'hui des choses étranges.
Après cela, Jésus sortit, et il vit un publicain, nommé Lévi, assis au lieu des péages. Il lui dit : Suis-moi.
Et, laissant tout, il se leva, et le suivit.
Lévi lui donna un grand festin dans sa maison, et beaucoup de publicains et d'autres personnes étaient à table avec eux.
Les pharisiens et les scribes murmurèrent, et dirent à ses disciples ; Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les gens de mauvaise vie ?


Vivre « sauvé et dans la joie »

 

Un livre pour enfants, très coloré, d’ailleurs, et agréable à lire, mais l’auteur a cru devoir corriger (et méliorer ?) le texte biblique, ce qui doit toujours attirer l’attention !
Au lieu des titres que l’évangéliste Luc donne à l’enfant Jésus : « Sauveur, Christ, Seigneur » il écrit sans sourciller : « Fils de Dieu ».
Mais ce n’est pas la même chose : Le titre de « Fils de Dieu » met le lecteur face au monde divin qui fait irruption parmi les bergers et Siméon et Anne, alors que le titre de « sauveur » propose au lecteur un cœur nouveau, « sauvé ».
D’ailleurs la promesse d’une « grande joie » correspond bien à l’expérience de la rénovation intérieure qu’est le « salut » alors que la présence d’un être divin ne provoque pas la joie mais le respect ou la sidération.
Le « Fils de Dieu », être divin issu d’un monde surnaturel entraîne l’agenouillement de l’esprit, suggère une humble prière d’émerveillement et de demande exigeant une attitude soumise et dépendante, infantilisante.
Le « sauveur », être régénérant le cœur, délivrant des angoisses et des dominations opprimantes et aliénantes suggère une position debout fortifiée, souriante, majeure et responsable.

Le « salut » pour les gens pieux et pour ceux qui ne le sont pas. Que la bonne nouvelle du « salut » soit annoncée pareillement à Anne et Siméon, tous deux parfaitement intégrés et fidèles à la religion d’Israël, croyants fidèles dans le Temple de Jérusalem et aux bergers lors de leur occupation profane de gardiens de troupeaux dans les champs montre bien que la même parole de salut est adressée à tous les hommes, religieux ou profanes.

On pense parfois que pour bénéficier de Dieu il faut être croyant fidèle et pratiquant comme Siméon et Anne, ou au moins avoir un esprit religieux et même que le « salut » est justement de vivre une vie religieuse qui conduit normalement vers un paradis au-delà et pour l’éternité.
Mais si vous êtes de ceux qui n’ont pas tellement le temps pour les choses religieuses, qui n’y pensent pas trop, qui n’y croient qu’à moitié : vous êtes comme les bergers à qui la même parole de salut est adressée.

Bien sûr, Siméon, Anne et les bergers n'ont pas encore connu la joie du salut puisque Jésus n'est pas encore entré dans son ministère. Ces récits sont une préface à l'évangile et on n’en saisit le sens qu'après avoir lu la suite du livre !

C’est dans l’évangile de Luc, en 5.17, que le ministère de « salut » de Jésus commence vraiment et que « la joie » en est vécue, avec l'histoire du paralysé,.

Le paralysé relevé

Luc rédige une série de 5 textes où, dans la présence hostile des pharisiens, Jésus parle, agit, manifeste le « salut » qui provoque la « joie » des hommes.A la fin du 5e récit les pharisiens en ont assez vu et décident de la mort de Jésus.
On se souviendra qu'à Gethsémané dans la nuit d'angoisse précédant son jugement et sa crucifixion Jésus demande si « cette coupe pourrait s'éloigner de lui ». Je pense qu'effectivemment cela aurait même été très facile. Il lui suffisait d'aller demander amende honorable aux pharisiens et de rentrer dans le rang. Ou de s'enfuir à l'étranger. La bonne nouvelle du « salut » aurait alors été abandonnée et tout son ministère aurait été abandonné. En allant jusqu'à la croix, Jésus a donné toute sa consistance au message de libération qu'il apportait de la part de Dieu.

Cet ensemble de cinq textes est l’évangile dans l’évangile.

Le premier récit est celui du paralysé pardonné et guéri. Amené par des gens, certes croyants, mais ne manifestant lui-même aucune foi et aucune demande, cet homme s’entend dire par Jésus qu’il était « pardonné » et qu’il pouvait « se lever et marcher ». Pardonné sans repentance, sans attendre le yom kippour selon la règle juive et invité à marcher alors qu’il était paralysé. « Seul Dieu peut pardonner les péchés » disent les pharisiens.
Quelle est l’idée traditionnelle de Dieu symbolisée par les pharisiens, et dont le salut de Jésus libère les hommes pour leur plus grande joie ?
Un Dieu qui compte les fautes, les manquements aux règles de purification.un Dieu qui dit qu’on n’est jamais à la hauteur.Un Dieu auquel il faut demander pardon en se repentant. Et dont le pardon est rare, réduit à une fois par an, le jour du Yom kippour.

Le « salut » qui est « pour tout le peuple le sujet d’une grande joie » est donc d’abord que l’on peut laisser tomber l’esprit de culpabilité, d’insuffisance (ou au contraire de prétention), être dépréoccupé de soi-même, de sa valeur, de ses fautes et se préoccuper plutôt de la « joie » à transmettre. « Lève-toi et marche, va dans ta maison » : cette parole est du même esprit de renouveau, de relèvement, source de joie que celle du pardon.Lorsqu’on est couché, écrasé par une paralysie, incapable de se relever et de marcher, de faire vivre sa maison, lorsqu’on est tourmenté de complexes divers, de sentiments d’infériorité réels ou imaginaires ou de sentiments de supériorité également difficiles à assumer.
Lorsque seuls les antidépresseurs (ou l’alcool, la drogue) peuvent nous faire oublier pour un instant notre introspection névrosante, la parole du salut, la source de la joie est qu’en réalité une force monte en nous, un dynamisme créateur qui est en nous mais qui est plus que nous, nous permet malgré tout, de nous relever et de vivre « dans notre maison ».
Dieu de la joie, de la créativité, du dynamisme créateur.

Cette parole de libération n’est pas liée à une exigence de foi, de fidélité religieuse, d’adhésion à la divinité de Jésus ou à l’existence de Dieu. Elle s’adresse aussi bien aux fidèles pieux qu’aux « incroyants » sceptiques et matérialistes : Jésus n’y parle pas du ciel mais de la vie humaine. Siméon et Anne avaient peut-être des sentiments d'insuffisance ou de culpabilité dans la sainteté de leur vie et les bergers des occasions de conflits avec leur famille, leurs collègues et voisins.L'apaisement, la joie du « salut » ne vient pas de ce que l’on « croit » en Dieu mais de ce qu’on l’on a entendu – et écouté - la parole de vie qui dit « tu es pardonné, le poids de to passé ne pèse pas sur toi, lève-toi et marche ».Le salut ne vient pas du fait que l’on est monté d’un cran dans la valeur humaine, que l’on est devenu meilleur et plus saint. Il est vient d’une vie vécue dans le dynamisme créateur de la plénitude.Luc, pour écrire cela, a certainement lu ce que Paul avait écrit dans l’épitre aux Éphésiens (3.20) : « la puissance qui agit en nous, peut faire infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons. »

Imaginez un berger mécréant, anticlérical enragé, auquel on dirait « courage, tiens bon, ne sois pas culpabilisé ou anxieux, lève-toi et marche, va dans ta maison, invite qui tu veux, ce ne sont pas les règlements qui peuvent t’aliéner... » Et les gens pieux comme Siméon et Anne (et déjà Zacharie le père de Jean-Baptiste) ont autant besoin d’entendre la même parole soulageante, libératrice et dynamisante.Les récits suivants ne font que poursuivre la même ligne. Lévi le collecteur d’impôts, collaborateur des Romains, méprisé et haï va lui aussi dans sa maison et y invite des hommes pécheurs sans crainte d’être mal jugé et d'ailleurs « beaucoup d'autres personnes » se joignent à eux. Et les disciples mangent et boivent avec Jésus à l’heure de la prière, récusent le sabbat : les hommes sont aimés tel qu’ils sont. « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts, avaient dit les anges et paix sur la terre parmi les hommes que Dieu aime. »

Conclusion

Si vous êtes enraciné dans la religion, dans le grand système institutionnel religieux de Dieu, c’est très bien. Dieu y est aussi et vous y rencontre comme il a rencontré Siméon et Anne. Et leur a dit la parole de joie « lève-toi et marche, le poids de ton passé ne pèse pas sur toi, mange et bois, réjouis-toi. »

Si vous êtes de ceux qui n’ont pas tellement le temps pour les choses religieuses, qui n’y pensent pas trop, qui n’y croient qu’à moitié : vous êtes comme les bergers dans leur champ. c’est très bien. Dieu y est aussi, vous y rencontre pareillement et vous dit la parole de joie qui est celle du salut : « le poids de ton passé ne pèse pas sur toi, lève-toi et marche, va dans ta maison,mange et bois, réjouis-toi. »

Nous ne sommes plus, comme les pharisiens le voudraient, lancés dans la course infinie à la fidélité aux prescriptions morales et rituelles d’un Dieu exigeant. Nous ne sommes plus agenouillés dans une attitude de prière suppliante et bourrée de demandes mais debout dans la confiance heureuse et confiante au fynamisme créateur de notre sauveur.

 

 

 

Retour vers "croire aujourd'hui"
Retour vers Spiritualité
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

aïe 65

 

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.