Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 


Je vous annonce une bonne nouvelle,
qui est pour tout le peuple
le sujet d'une grande joie :
il vous est né un Sauveur

 

Luc 2.10

 

 

Gilles Castelnau

 

 

18 décembre 2017

Luc 2.25-32 ; 36-38
Et voici, il y avait à Jérusalem un homme appelé Siméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël, et l'Esprit-Saint était sur lui.
Il avait été divinement averti par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point avant d'avoir vu le Christ du Seigneur.
Il vint au temple, poussé par l'Esprit. Et, comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qu'ordonnait la loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu, et dit :
- Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur S'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu ton salut,
Salut que tu as préparé devant tous les peuples,
Lumière pour éclairer les nations,
Et gloire d'Israël, ton peuple.

Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle était fort avancée en âge, et elle avait vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité.
Restée veuve, et âgée de quatre vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière.
Etant survenue, elle aussi, à cette même heure, elle louait Dieu, et elle parlait de Jésus à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

 

Noël
Vivre « sauvé et dans la joie »


La même parole de Noël nous est adressée à vous et à moi
comme elle l’a été à Siméon et à Anne qui étaient parfaitement intégrés et fidèles à la religion d’Israël, et aux bergers dont on ne dit rien, par contre, de leur foi ou de leur incrédulité.
Il est donné aux bergers, comme à Siméon et à Anne de voir Jésus et de proclamer qu’il est le sauveur. Ils sont, de fait, les premiers témoins du Christ.
Dès le début Luc montre, comme il le fera tout au long de son évangile, que la même parole de salut est adressée à tout le monde pareillement, que l’on soit pieux et fidèle ou que l’on soit loin de ces choses.
D’ailleurs que l’on soit croyant et fidèle ou incroyant et profane, Luc va décrire dans son évangile, cette joie est adressé à tout le monde pareillement.
On pense parfois que pour bénéficier de Dieu il faut être pratiquant comme Siméon et Anne, ou au moins avoir un esprit religieux, mystique, tourné vers la spiritualité, aimer la méditation. Et même que la vie méditative EST le salut religieux.
Mais si vous êtes de ceux qui n’ont pas tellement le temps pour les choses religieuses, qui n’y pensent pas trop, qui n’y croient qu’à moitié : vous êtes comme les bergers.
A quoi ceci est-il dû ?
Un livre pour enfants racontait l’histoire des bergers en changeant le titre de « sauveur » qui situe l’œuvre de Jésus dans le monde des hommes par le titre de « fils de Dieu » qui le place dans le monde divin.
Mais l’ange disait « grande joie » : il n’y a pas de grande joie à contempler un fils de Dieu. Il y a respect. Il y a communion avec le monde surnaturel.
Les gens pieux sont en communion avec le monde spirituel et les sceptiques sont plutôt préoccupés des choses de la vie réelle.
Luc nous montre ici que les deux, pareillement, sont placés devant la joie du salut.
Bien sûr, Siméon, Anne et les bergers n'ont pas encore connu la joie du salut puisque Jésus n'est pas encore entré dans son ministère. Mais ces récits sont une préface à l'évangile et on ne comprend la préface qu'après avoir lu la suite du livre !

En 5.17, avec l'histoire du paralysé, le ministère de Jésus commence vraiment. Luc rédige une série de 5 textes où dans la présence hostile des pharisiens, Jésus parle, agit, manifeste le « salut » qui provoque la « joie » des hommes et à la fin du 5e récit les pharisiens en ont assez vu et décident de la mort de Jésus.
Ce passage est l’évangile dans l’évangile.
Le premier récit est celui du paralysé pardonné et guéri.
Amené par des gens, certes croyants, mais ne manifestant lui-même aucune foi et aucune demande, cet homme s’entend dire par Jésus qu’il était « pardonné » et qu’il pouvait « se lever et marcher ».
Pardonné sans repentance, sans attendre le yom kippour selon la règle juive et invité à marcher alors qu’il était paralysé.
« seul Dieu peut pardonner les péchés » disent les pharisiens.
Quelle est l’idée traditionnelle de Dieu symbolisée par les pharisiens,  et dont le salut de Jésus libère les hommes pour leur plus grande joie ?
Un Dieu qui compte les fautes, les manquements aux règles de purification.
un Dieu qui dit qu’on n’est jamais à la hauteur.
Un Dieu auquel il faut demander pardon en se repentant. Et dont le pardon est rare, réduit à une fois par an, le jour du Yom kippour.
Le « salut » « qui est pour tout le peuple le sujet d’une grande joie » est donc d’abord que l’on peut laisser tomber l’esprit de culpabilité, d’insuffisance (ou au contraire de prétention), être dépréoccupé de soi-même, de sa valeur, de ses fautes et se préoccuper plutôt de la « joie » à transmettre.
« lève-toi et marche, va dans ta maison » : cette parole est du même esprit de renouveau, de relèvement, source de joie que celle du pardon.
Lorsqu’on est couché, écrasé par une paralysie, incapable de se relever et de marcher, de faire vivre sa maison, lorsqu’on est tourmenté de complexes divers, de sentiments d’infériorité réels ou imaginaires ou de sentiments de supériorité également difficiles à assumer. Lorsque seuls les antidépresseurs (ou l’alcool, la drogue) peuvent nous faire oublier pour un instant notre introspection névrosante, la parole du salut, la source de la joie est qu’en réalité une force monte en nous, un dynamisme créateur qui est en nous mais qui est plus que nous, nous permet malgré tout, de nous relever et de vivre « dans notre maison ».
Dieu de la joie, de la créativité, du dynamisme créateur.
Cette parole de libération n’est pas liée à une exigence de foi, de fidélité religieuse, d’adhésion à la divinité de Jésus ou à l’existence de Dieu. Elle s’adresse aussi bien aux fidèles pieux qu’aux « incroyants » sceptiques et matérialistes : Jésus n’y parle pas du ciel mais de la vie humaine. Siméon et Anne avaient peut-être des sentiments d'insuffisance ou de culpabilité dans la sainteté de leur vie et les bergers des occasions de conflits avec leur famille, leurs collègues et voisins.
L'apaisement, la joie du « salut » ne vient pas de ce que l’on « croit » en Dieu mais de ce qu’on l’on a entendu – et écouté - la parole de vie qui dit « tu es pardonné, le poids de to passé ne pèse pas sur toi, lève-toi et marche ».

Le salut ne vient pas du fait que l’on est monté d’un cran dans la valeur humaine, que l’on est devenu meilleur et plus saint. Il est vient d’une vie vécue dans le dynamisme créateur de la plénitude.
Luc, pour écrire cela, a certainement lu ce que Paul avait écrit dans l’épitre aux Éphésiens (3.20) : « la puissance qui agit en nous, peut faire infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons ».
Imaginez un berger mécréant, anticlérical enragé, auquel on dirait « courage, tiens bon, ne sois pas culpabilisé ou anxieux, lève-toi et marche, va dans ta maison, invite qui tu veux, ce ne sont pas les règlements qui peuvent t’aliéner... »
Et les gens pieux comme Siméon et Anne (et déjà Zacharie le père de Jean-Baptiste) ont autant besoin d’entendre la même parole soulageante, libératrice et dynamisante.

Les récits suivants ne font que poursuivre la même ligne : Lévi le collecteur d’impôts, collaborateur des Romains, méprisé et haï va lui aussi dans sa maison et y invite des hommes pécheurs sans crainte d’être mal jugé et d'ailleurs « beaucoup d'autres personnes » se joignent à eux. Et les disciples mangent et boivent avec Jésus à l’heure de la prière, récusent le sabbat : les hommes sont aimés tel qu’ils sont.
« Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts, avaient dit les anges et paix sur la terre parmi les hommes que Dieu aime ».

Conclusion
Si vous êtes enraciné dans la religion, dans le grand système institutionnel religieux de Dieu, c’est très bien. Dieu y est aussi et vous y rencontre comme il a rencontré Siméon et Anne. Et leur a dit la parole de joie « lève-toi et marche, le poids de ton passé ne pèse pas sur toi, mange et bois, réjouis-toi ».
Si vous êtes de ceux qui n’ont pas tellement le temps pour les choses religieuses, qui n’y pensent pas trop, qui n’y croient qu’à moitié : vous êtes comme les bergers dans leur champ.
c’est très bien.
Dieu y est aussi, vous y rencontre pareillement et vous dit la parole de joie qui est celle du salut : « le poids de ton passé ne pèse pas sur toi, lève-toi et marche, va dans ta maison,
mange et bois, réjouis-toi ».
Vivons donc dans la joie de la liberté intérieure et du dynamisme créateur dont le Sauveur nous parle.

 

 

Retour vers "croire aujourd'hui"
Retour vers Spiritualité
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

aïe 65

 

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.