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Vivre et partager l’Évangile


Mission et témoignage, un défi

 

Jacques Matthey

Ed. Cabedita

96 pages - 14,50 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

12 décembre 2017

Le pasteur Jacques Matthey a été directeur au Conseil Œcuménique des Églises en charge du programme « Unité, mission, évangélisation et spiritualité », ce qui lui a permis d’avoir des contacts intéressants avec les Églises d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Il y a découvert un christianisme en pleine expansion et une ferveur qui l’ont enthousiasmé.

Sans devenir lui-même pentecôtiste, il a cependant acquis un dynamisme personnel qui l’a amené à relire le Nouveau Testament à nouveaux frais. Il y découvre – et partage en cet ouvrage avec nous – une puissance de conviction, une capacité d’ouvrir nos contemporains à une Bonne Nouvelle toujours vivante.

Dans ce livre il nous fait relire tout simplement les textes du Nouveau Testament dont il pense qu’ils parlent d’eux mêmes et nous réveilleront de notre austérité européenne qu’il juge un peu sèche et rébarbative :

« Jean, le militant radical de la première heure »
« Philémon, chef de PME »
« Nicodème, disciple caché ».

Il attire aussi notre attention sur de nombreux textes que nous connaissons bien et dont il pense qu’ils nous dynamiseront.

En voici quelques passages.

 

 


Jean, le militant radical de la première heure

 

Pas de jugement à l’emporte-pièce

page 19
À peine Jean s'est-il remis de l'incapacité à guérir qu'un autre événement va de nouveau mettre à mal son orgueil de grand témoin. Il croit bien faire en dénonçant ce qui à ses yeux est un scandale :

Prenant la parole, Jean lui dit : « Maître, nous avons vu quelqu'un qui chasse les démons en ton nom ; et nous avons cherché à l'empêcher parce qu'il ne te suit pas avec nous. »

Mais Jésus dit : « Ne l'empêchez pas, car celui qui n'est pas contre vous est pour vous » (Luc 9,49-50).

On peut comprendre le courroux de l'apôtre. Jésus avait donné à ses premiers compagnons une capacité de guérison dans l'équipement pour leur mission. Ils viennent de faire l'expérience cuisante de leur échec. Et voilà qu'un inconnu réussit à exorciser en invoquant le nom de Jésus. Il est humain que Jean se fâche et cherche à empêcher une concurrence qu'il estime déloyale. Il vient donc vers Jésus pour recevoir un renfort et une justification. Jean ne veut pas de mission concurrente, non autorisée.

Il réagit comme une autorité ecclésiastique, religieuse ou politique : il n'y a qu'une vraie ligne de conduite, c'est de faire partie du groupe et d'en respecter les règles. Or, « il ne te suit pas avec nous ».

 

Ouverture « œcuménique » de Jésus

Dans sa réponse, Jésus se montre bien plus œcuménique que Jean : « celui qui n'est pas contre vous est pour vous ». Il ne souhaite pas que le groupe des apôtres qui est en train de se former se ferme et prenne l'aspect d'une secte. C'est donc ici une leçon d'ouverture au sein du radicalisme évangélique.

Cette réaction de Jésus est à prendre au sérieux par l'Église de tous les temps. L’engagement total pour l'Évangile peut facilement glisser vers une forme d'intégrisme ou de totalitarisme. Un regard sur l'histoire ecclésiastique et missionnaire prouve à quel point ce danger est réel. La tentation majeure de ceux qui se mettent à suivre le Christ avec passion réside dans le développement d'une forme d’exclusivisme. Éblouis par le désir de pouvoir, des hommes et des femmes dont Dieu espérait faire des témoins de paix se transforment en personnes bloquées mues par une spiritualité destructrice de relations et même de vies humaines.

Jésus tel que Luc le décrit ici tient à éviter ces dérives. La mission est affaire d'autorité, mais pas d'autoritarisme. Mon témoignage doit rester ouvert à d'autres témoignages sur le Christ et ne pas trop vite les dénoncer comme non chrétiens ou non conformes. Une mission opposée par principe à l'œcuménisme n'est pas fidèle au portrait lucanien de Jésus.

 

 

Philémon, chef de PME

C’est toute la mission de Paul qui est en jeu

page 30
Pour Paul, c'est toute sa mission qui est en question. Philémon a été un de ses plus proches collaborateurs dans le témoignage ; Philémon a fait le pas de la foi grâce à Paul ; Philémon est responsable d'Église. Si dans un tel cas, la foi n'a pas de conséquence pratique, alors à quoi aura servi la mission paulinienne ? Onésime ne pourrait que conclure que le Christ n'a pas le pouvoir de transformer les humains et leurs relations.

 

 L’enjeu : relativiser l’économie

Philémon est connu pour sa participation aux équipes missionnaires de Paul et pour sa charité et ses bonnes œuvres dans l'Église (v. 5). Mais est-ce que le pouvoir du Christ sera assez fort pour le transformer là où il est touché dans ses intérêts économiques de propriétaire terrien et d'homme d'affaires ? C'est cela l'enjeu de cette lettre.

 

 

Mission de guérison et de réconciliation

Priorité : réintégrer celle qui est exclue

page 54
Il convient de ne jamais oublier combien la réintégration d'une malade ou d'un possédé était prioritaire aux yeux de Jésus. En plus de souffrir dans leur corps et âme, les éclopés de la vie se voyaient relégués à la périphérie de la société, exclus de la participation aux événements communautaires et aux célébrations religieuses. Que ce soient les lépreux, la femme souffrant d'hémorragie, le démoniaque du pays des Géraséniens, la rencontre avec Jésus signifie également - et peut-être surtout - réintégration dans la communauté, comme membre de plein droit. En guérissant, Jésus remet les gens debout (Luc 13,10). C'est ainsi que guérisons et exorcismes prennent valeur de signe de la réconciliation voulue et offerte par Dieu, de la paix promise pour la fin des temps, de la communion résultant du pardon des péchés.

Signe du royaume, toute guérison est ainsi offre de salut, à saisir par tous ceux qui, de près ou de loin, participent à l'événement. Les Évangiles avertissent toutefois que le sens profond des guérisons ne se révèle qu'après la croix et la résurrection. C'est ce qui explique les fréquentes consignes de silence : Jésus n'est pas un guérisseur qui veut prendre l'ascendant sur ses contemporains et œuvrer à son propre profit et à sa gloire. Il est thérapeute en tant que serviteur souffrant, non en tant que faiseur de miracles à succès. Jésus n'est pas un télévangéliste à l'américaine.


Absence surprenante

page 60
On peut également se demander comment il se fait que Paul n'encourage pas ceux qui reçoivent ses lettres à pratiquer des exorcismes ou des guérisons par imposition des mains. Il passe en revue beaucoup de questions de la vie de tous les jours, bien des problèmes d'ordre spirituel, matériel ou communautaire. Il rappelle que des signes et prodiges accompagnent sa propre prédication (Rom. 15,18-19). Et ce n'est pas tout : Paul se targue également de capacités qui feraient pâlir un pentecôtiste contemporain : « Grâce à Dieu, je parle en langues plus que vous tous » (1 Cor. 14,18). Une telle déclaration ne saurait être simple formule rhétorique ; sans référence à une réalité vécue, Paul aurait perdu toute crédibilité auprès des enthousiastes de son temps. On peut certainement penser que l'apôtre avait un côté charismatique. Il est donc assez surprenant que dans ses lettres, il n'exhorte pas aux guérisons par imposition des mains.

 

Relire un classique

 

Promesse : le pouvoir s’accomplit dans la faiblesse

page 87
Pour résumer, c'est comme Seigneur qui envoie de par le monde ses disciples pauvres en esprit, doux et humbles, bâtisseurs de paix, que le Ressuscité est présent et manifeste son pouvoir. Pas autrement. Un pouvoir qui rassemble en son nom les hommes et femmes de toute culture, race, classe sociale et genre, qui rend possible le pardon et la réconciliation, qui trace la voie du style de vie authentique sous le regard de Dieu, et enfin qui assume l'accompagnement de ses disciples en tout temps et en tout lieu, mais sans leur épargner la haine, la violence et la mort : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups », avait-il averti en Matthieu 10, 16.

Notre mission, c'est d'être témoins de ce Seigneur-là et d'inviter hommes, femmes et enfants à suivre la voie qu'il a tracée et qui mène à la vie en Dieu, maintenant et aux siècles des siècles.

 

 

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