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Dieu c'était mon frère

 

Comment sait-on que le jour se lève ?
Quand nous regardons un visage inconnu,
un étranger, et que nous voyons
qu’il est notre frère, à ce moment-là,
le jour s’est levé.

 

Henri Persoz

préface du professeur Laurenrt Gagnebin

 

Commande directe par internet : La Barre Franche 
156 pages - 13 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

20 avril 2017

Henri Persoz est un ingénieur, ancien cadre dirigeant d’EDF. Il est aussi bibliste et titulaire d’une maîtrise en théologie. Il rassemble dans ce livre 45 brefs articles et une douzaine de coups de cœur « pris sur le vif » qu’il a publiés dans la revue protestante libérale Évangile et liberté.

Chacun de ces articles commence comme un commentaire historique et critique d’un texte de la Bible. Loin d’être jamais être pédant ou ennuyeux, Henri Persoz y fait montre avec beaucoup de simplicité et de clarté d’une grande compétence dans ses explications et sa connaissance des textes anciens. Et chaque fois, tout doucement, son commentaire pénètre nos cœurs et se transforme en éclairage pertinent de nos préoccupations actuelles. Comme autant de mini-sermons qui seraient des modèles du genre.

Quant à ses « pris sur le vif » qui les émaillent, ce sont des flash saisis dans l’actualité du train de banlieue ou de la rue passante où il voit avec lucidité et humour l’étonnant mouvement de notre société.

Le professeur Laurent Gagnebin a rédigé « avec plaisir » une préface louangeuse qui ouvre avantageusement cet excellent petit livre (pas si petit que cela, d’ailleurs !).

En voici des exemples

 


Préface de Laurent Gagnebin

professeur honoraire à la Faculté de théologie protestante de Paris


Quand l'exégèse et les commentaires d'Henri Persoz nous rejoignent dans notre vie quotidienne et au cœur de l'histoire contemporaine, c'est pour montrer que les questions des évangiles ont une dimension principalement éthique et dessinent pour nous un appel à un christianisme pratique et social.

Le récit biblique est ainsi lu avec la richesse de ses interrogations et de ses interpellations. Il s'agir, dans ce livre, d'aller au cœur des évangiles, mais pour aller au-delà de ce que les textes disaient hier, en discernant ce qu'ils peuvent et veulent nous dire aujourd'hui. C'était là un pari risqué, mais tout à fait réussi.

 

 

Introduction

Bien sûr, il faut reconnaître que ce christianisme a plus de 2000 ans d'âge et que, pendant ce temps-là, la civilisation a été complètement transformée par le progrès des connaissances et particulièrement des sciences. Et nous ne pouvons plus penser le christianisme comme il a été conçu à l'origine, ni même comme les grands théologiens des premiers siècles ou du Moyen-âge I'ont formulé. Jésus lui-même baignait dans la culture de son temps et avait sans doute une vue sur la toute puissance de Dieu ou sur la fin des temps qui ne peut plus être la nôtre.

On objectera que la pensée chrétienne elle-même a beaucoup évolué et que son langage s'est bien adapté aux temps modernes. Pas assez justement, puisque trop de nos hommes et femmes, aujourd'hui, ne peuvent plus y adhérer. Personne ne comprend rien à la Trinité mais les chrétiens sont censés y croire. Pourquoi la mort sur la croix de Jésus serait-elle nécessaire pour effacer le péché des humains ? Pourquoi nous sauverai-elle ? Comment Dieu a-t-il pu accepter cela ? Et comment croire qu'une vie après la mort est encore possible ? Il reste trop de mythologie et d'irrationalités dans toutes ces doctrines pour qu'elles puissent entraîner l'adhésion d'un grand nombre de nos concitoyens. Très logiquement, ils s'en détournent.

[...]

Les évangiles baignent dans la mythologie. On ne pouvait pas s'en abstraire à l'époque. Les Églises en ont fait des dogmes,  plus ou moins présents dans les évangiles d'ailleurs. Mais ils ne nous parlent plus aujourd'hui. La plupart n'ont plus d'importance.

En revanche, au-delà de ce que nous ne pouvons plus croire, tous les discours de Jésus, toutes ses rencontres, nous parlent de la nécessité de se comporter autrement de respecter davantage les humains, de faire notre révolution personnelle, d'entrer dans un nouveau mode de pensée, un nouveau royaume, de se laisser davantage guider par la charité. « Là est le sang du Seigneur », écrivait lgnace d'Antioche.

 

 

page 39

Pris sur le vif

Étrangers sur la terre

Mais la maison de Dieu rassemble tous les peuples

Nous visitions Bruxelles avec nos amis belges, en passant bien sùr par la fameuse « Grand-Place ». Un peu en contre-bas, nous voulions voir aussi les Halles St-Géry, dans un quartier moins touristique et nettement plus populaire. Nous nous étions égarés, ne retrouvant plus la place en question. Peu de monde pour demander notre chemin.

Une brave dame maghrébinen avec une robe colorée et un joli foulard sur la tête nous aborda enfin et nous demanda gentiment si elle pouvait nous aider. Mise au courant de notre recherche, elle avoua ne pas connaître non plus mais nous dit que son fils, qui faisait du théâtre, saurait sûrement nous dépanner. Elle sortit un portable de sa vaste robe et puis l’appela :
-  « Allo Mohammed ? Ecoute, je suis avec des étrangers qui cherchent... » 

À notre sourire, elle réalisa que ce qualificatif d'étranger n'était peut-être pas le plus heureux ; elle se confondit en excuses et en politesses et marcha un moment avec nous pour nous remettre sur le droit chemin et ne pas nous quitter sur un fâcheux malentendu.

Ainsi nous réalisions tout d'un coup que nous étions, nous aussi des étrangers. Cette brave femme n'avait pas si tort, puisqu’elle était chez elle, dans son quartier, parmi les gens de sa communauté. lors que nous venions d'ailleurs, et de sphères bien différentes. Nous perturbions l’aspect ordinaire de ce coin de la ville.

Tout nous séparait probablement, les préoccupations, les modes de vie, les cultures. Chacun pensait donc que l’étranger, c’était l'autre, celui qui venait d'ailleurs. Et cependant, à cause de cela, et de cette parole maladroite, une sympathie circulait, comme une sorte de solidarité entre étrangers. Elle, un peu perdue parce qu'éloignêe de son pays d'origine ; nous, un peu perdus parce qu'éloignés de nos fréquantations habituelles. Cette ville, vraiment, n’était peuplée que d’étrangers.

Salam aleikoum. Aleikoum salam. Tels furent nos derniers propos èchangés. La paix soit avec toi.

Souviens-toi de l'Étranger, car tu étais étranger au pays d’Égypte.

 

 

page 97

La lutte des classes n'aura pas lieu

Marc 5, 21-43 ; Luc 8,40-56

Deux femmes en détresse appellent simultanément Jésus à leur secours. Une femme exclue de la société et la fille d'un riche notable. Jésus va-t-il devoir choisir ?

Nous connaissons bien cette histoire de Jésus qui, revenant de l'autre côté du lac de Tibériade, traverse la foule pour aller guérir la fille de Jaïrus, tandis qu'une femme atteinte d'hémorragies lui tire son manteau par derrière, pour guérir, elle aussi.

Tout oppose ces deux femmes en détresse, rassemblées seulement ici dans une même histoire. Probablement ne se sont-elles jamais rencontrées. Celle qui perd son sang est malade. Et, selon la tradition juive de l'époque, elle est impure et le sang perdu de façon anormale a quelque chose à voir avec la mort. Cette même tradition attribue sa maladie au péché. Elle est exclue de la société, elle ne peut plus voir personne, encore moins toucher quelqu'un. Et en plus, elle est appauvrie par tout ce qu'elle a dû donner aux médecins, qui ne l'ont même pas guérie. Elle n'en peut plus de souffrir.

Au contraire, Jaïrus est chef de la Synagogue, président du Conseil des anciens, homme respectable s'il en est, et très en vue dans la région. Il est très pieux et appartient à l'élite. Il a des serviteurs qui s'occupent de toute sa famille. Il n'est pas gêné pour s'adresser à Jésus et lui demander instamment de venir dans sa maison, même si Jésus doit traverser la foule et risquer d'être étouffé. Il pense être en situation de s'approprier le maître pour quelques heures, de l'avoir pour lui et pour sa fille mourante.

L’autre femme, qui n'a plus rien que ses pleurs, ne peut inviter Jésus nulle part pour l'avoir avec elle. Elle ne peut même pas lui demander de la regarder. Aussi, elle risque le scandale, en se mêlant à la foule, en la polluant de son impureté et en approchant Jésus par derrière, sans rien oser lui demander. A sa manière, elle s'empare aussi de Jésus. Mais elle le retarde.

Douze ans que la fille de Jaïrus vit dans l'insouciance de la jeunesse et douze ans que, pendant ce temps, la femme âgée souffre en perdant son sang et son argent. Mais elles approchent toutes les deux de la mort. Le temps presse. Une lutte contre la montre est engagée. Si, dans la foule, celle qui perd son sang retient trop longtemps Jésus, l'autre va mourir. C'est l'une ou l'autre. Il faut choisir. Celle qui est au ban de la société ou celle qui a un père au sommet de l'échelle sociale. Mais Jésus ne choisit pas, car les deux ont la foi en Dieu et lui font confiance parce qu'il s'est déjà occupé de tant de malades. Il les guérit toutes les deux, il les sauve. Rien que de toucher son manteau, la femme se sent beaucoup mieux, tant sa foi est grande. Et la jeune fille qui a eu le temps de mourir en attendant Jésus, n'est plus morte quand il s'approche d'elle.

Ainsi la confiance qui sauve ne dépend pas des contingences du temps, de l'ordre des rencontres. Elle ne court pas contre la montre. Elle traverse les classes sociales. Elle se moque de l'impureté. Elle se perd dans la foule, elle va chez les uns et les autres. Elle s'empare des pauvres gens et aussi des notables. Tous ceux-là qui réalisent que ce Jésus dit vrai lorsqu'il prêche la compassion.

 


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