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Mon âme, bénis l'Éternel !

 

Psaume 103

 

Gilles Castelnau

 

prédication

 

3 juillet 2016

Psaume 103
Mon âme, bénis l'Eternel ! Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom  !
Mon âme, bénis l'Eternel, et n'oublie aucun de ses bienfaits !
C'est lui qui pardonne toutes tes fautes, qui guérit tous tes maux ;
C'est lui qui délivre ta vie de la destruction, qui te couronne de bonté et de compassion ;
C'est lui qui rassasie de biens ta vieillesse, qui te fait rajeunir comme l'aigle.
L'Eternel fait justice, il fait droit à tous les opprimés.
Il a manifesté ses voies à Moïse, ses hauts-faits aux enfants d'Israël.
L'Eternel est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté ;
Il ne conteste pas sans cesse, il ne garde pas sa colère à toujours ;
Il ne nous traite pas selon nos péchés, il ne nous punit pas selon nos fautes.
Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre,
Autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent ;
Autant l'orient est éloigné de l'occident,
Autant il éloigne de nous nos offenses.
Comme un père est tendre pour ses enfants, l'Eternel est tendre pour ceux qui le craignent.
Car il sait de quoi nous sommes faits, il se souvient que nous sommes poussière.
[...]

 

Mon âme, bénis l'Eternel, et n'oublie aucun de ses bienfaits !
On chante parfois cette phrase en se mettant à table. Mais que penser de ceux qui n’ont pas à manger ? l’Éternel aurait-il oublié certains de ses bienfaits ? Pourquoi y a-t-il des comblés de bienfaits et des laissés pour compte, des nantis et des défavorisés ?

Mais lisons bien, le psalmiste ne rend pas grâces à l’Éternel pour tout et n’importe quoi. Voici ce qui compte dans son existence :

Toutes mes fautes sont pardonnées
Tous mes maux sont guéris
Je suis délivré de la « destruction »
Je suis couronné de bonté et de compassion
Je rajeunis comme l’aigle
Si je suis opprimé j’ai un libérateur qui me fait droit
Je vis une existence de miséricorde et de compassion.
On ne conteste pas toujours avec moi.

L'auteur du Psaue est sensible à la Présence intérieure dynamisante et apaisante de l’Éternel. L’Éternel est le Dieu de sa vie.

• Le psalmiste n’imagine pas Dieu dans un ciel d’où il interviendrait de l’extérieur dans le monde des hommes.
• Ni comme un Dieu focalisé sur les fautes et les péchés et menaçant d’un Jugement dernier.
• Ni comme « le tout-puissant créateur du ciel et de la terre » maître des tsunamis, des maladies, des guerres.
• Ni des inégalités entre les hommes qui font qu’il y a des riches et des pauvres, des nantis et des défavorisés, des grands et des petits, des beaux et des laids.
• Pour lui, Dieu n’est même pas le « Dieu d’amour » un peu sucré tournant nos regards vers l’autre monde où nous irons après la mort et auquel nous pouvons penser appartenir dès maintenant, en une sorte de consolation.
Pour ce psalmiste, Dieu est le Dieu de la vie qui renaît, qui ressuscite toujours à nouveau.

 

.

 

Vous me direz que pourtant certains pensent autrement que ce psalmiste

Que peut dire, par exemple de la situation navrante de tant de pauvres ?

La pensée catholique traditionnelle dit que, sans intervenir dans la situation sociale du monde, Dieu a une préférence pour les pauvres et leur propose la consolation de la spiritualité religieuse.
Les ordres mendiants, comme les Franciscains, valorisent la pauvreté. François d’Assise avait tout vendu pour annoncer librement l’Évangile de la pauvreté. Il avait même refusé à un frère de posséder un psautier de crainte que celui-ci ne finisse par dire : « mon » psautier.
Dans ses apparitions, la Vierge de Lourdes ne s’est pas montrée sensible à la terrible misère de Bernadette, de sa famille et des autres pauvres paysans du Second Empire, elle n’a rien dit du gouvernement très anti-social de Napoléon III, mais elle a promis de rendre Bernadette « heureuse non dans ce monde mais dans l’autre » et elle lui a demandé de « baiser la terre en pénitence pour les pécheurs », qu’on fasse pénitence et qu’on construise une chapelle !

Pourtant le psalmiste disait bien

quand on a en soi un esprit pardonné
qu’on rajeunit comme l’aigle
qu’on sent l’esprit de guérison et de libération de la destruction qui monte
qu’on se croit couronné de bonté, et de compassion,

c'est bien dans ce monde-ci et sans construire de chapelle qu'on vit du bonheur de la présence vivante de Dieu.
Dieu n’a pas de préférence pour les pauvres : il veut qu’on soit tous debout, majeurs et responsables.

Mon âme, bénis l’Éternel !
Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom !

La pensée protestante me semble s’inspirer davantage de l’esprit du Ps 103 lorsqu’elle interdit de gaspiller l’argent pour plutôt l’investir de manière créatrice et dans une société juste.
Les pays catholiques ont bâti de magnifiques églises donnant une idée du ciel, les pays protestants ont suscité un esprit plus social produisant des sociétés plus prospères et équitables.

 

.

 

Vous me direz que la 2e partie de ce Psaume 103 est bien différente de la première quenous venons de lire. Elle relève d'une tout autre conception religieuse, que l'on appelle « deutéronomiste », car inspirée par le livre biblique du Déutéronome (écrit à la fin du 7e siècle av. JC). Cette théologie deutéronomiste est celle de l'Alliance de Dieu avec les hommes, selon laquelle Dieu ne protège que les fidèles.

Deutéronomisme 30.19
J'en prends aujourd'hui à témoin le ciel et la terre.
J'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction.
Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité,
pour aimer l'Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t'attacher à lui
Car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours,
et c'est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays
que l'Éternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.

Et justement la 2e partie du Ps 103 est bien centrée sur cette théologie de l’Alliance :

Ps 103. 17
La bonté de l'Eternel dure à toujours pour ceux qui le craignent,
Et sa compassion pour les enfants de leurs enfants,
Pour ceux qui gardent son alliance,
Et se souviennent de ses commandements afin de les accomplir.
Bénissez l'Eternel, vous ses anges,
Qui êtes puissants et qui exécutez ses ordres,
En obéissant à la voix de sa parole !
Bénissez l'Eternel, vous toutes ses armées,
Qui êtes ses serviteurs, et qui faites sa volonté !
Mon âme, bénis l'Eternel !


Mais l’Ecclésiaste qui a écrit un peu après montre qu’on n’est pas obligé d’attribuer à Dieu la rétribution des fidèles et la punition des coupables :

Eccl.9.2
Tout arrive également à tous ;
même sort pour le juste et pour le méchant,
pour celui qui est bon et pur et pour celui qui est impur,
pour celui qui offre des sacrifices et pour celui qui n’en offre pas,
il en est du bon comme du pécheur.

 

Et dans le livre de Job ses visiteurs – deutéronomistes – cherchent à lui démontrer que s’il a tout perdu c’est que Dieu l’a jugé coupable. Mais Job refuse une telle affirmation et Dieu lui donne raison à la fin du livre :

Job 4.7
Eliphaz de Théman prit la parole et dit:

Cherche dans ton souvenir: quel est l'innocent qui a péri
Quels sont les justes qui ont été exterminés
Pour moi, je l'ai vu, ceux qui pratiquent l'iniquité
Et qui sèment l'injustice en moissonnent les fruits;
Ils périssent par le souffle de Dieu,
Ils sont consumés par le vent de sa colère,

Job 9. 21 Job répondit :
Innocent je le suis ; mais qu'importe après tout
Car, j'ose le dire, il en est de l'innocent comme du coupable.

 

Alors restons-en au Psaume 103 qui affirme tout uniment le Dieu dont le Souffle de vie monte en chacun et renouvelle la force d’affronter la vie telle qu’elle est avec courage, avec paix intérieure et fraternité heureuse.

Toutes mes fautes sont pardonnées
Tous mes maux sont guéris
Je suis délivré de la “destruction”
Je suis couronné de bonté et de compassion
Je rajeunis comme l’aigle
Si je suis opprimé j’ai un libérateur qui me fait droit
Je vis une existence de miséricorde et de compassion.
On ne conteste pas toujours avec moi.

 

 

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