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Sea of Faith - non-réalisme

 



Une nouvelle vie

pour de vieux mots

 


New Life for Old Words

 

Trevor Greenfield

University College Chichester, Angleterre

 

14 novembre 2014

Dans un de ses éditoriaux du bulletin de SoF, David Boulton se demandait « quelle place pouvaient encore occuper des mots comme "Seigneur", ‘"royaume", "paradis" ou "enfer". Qu'entendons-nous en disant "Dieu", Sauveur", "grâce", "rédemption" ? »

Jusqu’à quand continuerons-nous à utiliser les vieux mots en leur donnant un nouveau sens, sous prétexte que c'est plus facile que d’en inventer de nouveaux ?

David Boulton invitait à une approche radicale du langage religieux, à la construction d’un langage nouveau et de nouvelles significations. Mais une telle recherche est-elle vraiment nécessaire pour le développement d’une théologie non-réaliste ou devrions-nous plutôt nous en tenir au langage existant pour redéfinir nos concepts religieux et en offrir une compréhension modernisée ?

Attribuer de nouvelles significations aux mots anciens n’a rien de nouveau ; la tradition judéo-chrétienne n’a rien fait d’autre depuis ses origines. Le mot « Dieu », par exemple. A l’origine Yahweh était considéré comme une divinité locale ou régionale et Dieu du peuple juif. Ce n’est que plus tard qu’il a été conçu comme le seul créateur de l’univers et Dieu de toute l’humanité. De même le concept de divinité n’a cessé d’évoluer depuis 2000 ans. L’image d’un « Bon Dieu » demeurant dans un ciel situé au-dessus des nuages s’est d’abord changée en un être moins substanciel puis en un concept tel que « le fondement de l’être » ou la « somme des valeurs humaines ».

Une telle évolution est considérable. On ne peut imaginer une différence plus grande que celle qui distingue un être personnel occupé à la garde de toute la création et la somme de tout ce qui est bon dans l’humanité (tout au moins d’après le jugement des hommes). Pourtant c’est le même mot « Dieu » qui décrit ces deux interprétations ainsi que toutes celles qui se situent entre elles.

Lorsqu’on lit les différents théologiens, bien que leurs conceptions de la divinité ne soient pas les mêmes, on comprend qu’ils parlent tous de Dieu. Il n’en serait évidemment pas de même s’ils avaient voulu redéfinir leur langage et avaient imaginé de nouveaux mots plutôt que d’utiliser le vocabulaire traditionnel.

La question se fait plus aiguë lorsqu’il s’agit de « grâce », « salut » ou « rédemption ». Ces mots ont à première vue un sens précis et bien défini. La rédemption, par exemple, est habituellement le don du Christ aux fidèles. Mais si son contraire, l’expulsion en enfer, ne vient plus à la pensée, la rédemption par grâce non plus. On mentionne plutôt de nos jours la méditation intérieure, l’éveil spirituel ou l’illumination.
Mais ce langage est ancien, appartient à d’autres traditions religieuses et des mots comme salut et grâce prennent désormais un sens moins surnaturel et plus existentiel.

Fondamentalement ce qu’apporte la pensée non réaliste est de remplacer la vision objective de la réalité par une conception subjective et d’admettre la diversité du sens de la vie que manifestent nos contemporains. Lorsque le non réalisme domine, les mots comme « Dieu » ou « salut » n’ont plus une seule définition mais recouvrent la fluidité d’une multiplicité de significations. C’est une nouvelle avancée de notre tradition théologique.

Manifestement de telles évolutions prennent du temps, mais elles se produisent effectivement. D’ailleurs, si ce n’était pas le cas, nous en serions encore à regarder Yahweh comme le Dieu du mont Sinaï et l’enfer comme un lieu souterrain.

Le non réalisme n’a pas besoin d’abandonner le langage religieux dont on a hérité mais il faut le prendre à bras le corps, le rajeunir et le représenter à nos contemporains qui ne trouvent plus de sens dans le monde d’aujourd’hui au langage d’autrefois.

La différence entre le non réalisme et l’athéisme est qu’il reconnaît la valeur et l’importance de l’expérience religieuse et spirituelle dans la vie des croyants. L’origine, la nature et la fonction de Dieu dans le non-réalisme peuvent être radicalement différentes de ce qu’elles sont dans le réalisme, mais la réalité de Dieu y est incontestée.

Le salut peut y être compris de manière existentielle plutôt que comme une expérience surnaturelle. La grâce peut s’y trouver dans les profondeurs de l’être et l’acceptation de soi plutôt que comme la volonté d’un tout-puissant créateur. Mais pour les non réalistes les mots « Dieu », « salut » et « grâce » sont autant chargés de sens que pour n’importe qui d’autre.

Le non réalisme s’inscrit dans une tradition qui survit notamment à cause de sa capacité à se redéfinir lorsque les circonstances changent. Mais l’abandon du langage religieux traditionnel ne me semble présenter aucun intérêt pour personne.

 

 Traduction Gilles Castelnau

 


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