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La Toussaint


Les vivants et les morts

 

 

 

Gilles Castelnau et Laurent Gagnebin


dialogue à la radio Fréquence Protestante

Toussaint 2014

 

 

4 novembre 2014

Gilles Castelnau. Nous ne parlerons pas tellement de la mort que de la vie que Dieu nous donne et fait monter dans nos cœurs pour affronter la mort, la nôtre et celle des autres.

Laurent Gagnebin. Quand on lit la Bible et notamment les textes de l’Ancien Testament, y trouve-t-on une force, un élan créateur qui nous dise en rapport avec la vie éternelle ?

Gilles Castelnau. Je crois tout à fait. Il est vrai que nulle part dans l’Ancien Testament ne parle de résurrection, de paradis et d’enfer. Ni Abraham, ni Moïse, ni les prophètes Ésaïe, Jérémie, n’ont jamais entendu parler de résurrection, de vie dans l’au-delà avec Dieu.
Le plus ancien texte de l’Ancien Testament qui mentionne la résurrection est un verset au détour d’un paragraphe dans le dernier livre de la Bible, qui est celui du prophète Daniel, rédigé en l’an 165 av. JC au moment des persécutions des Juifs par les Grecs :

Daniel 12. 1-3
En ce temps-là se lèvera Micaël, le grand chef, le défenseur des enfants de ton peuple ; et ce sera une époque de détresse, telle qu'il n'y en a point eu de semblable depuis que les nations existent jusqu'à cette époque.
En ce temps-là, ceux de ton peuple qui seront trouvés inscrits dans le livre seront sauvés.
Plusieurs de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les autres pour l'opprobre, pour la honte éternelle.
Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité.

L’idée s’est ensuite répandue et du temps de Jésus elle était couramment admise dans les milieux juifs et Jésus l’a reprise tout naturellement.
Mais dans l’Ancien Testament la phrase traditionnelle est « le roi David mourut dans une heureuse vieillesse, rassasié de jours, de richesse et de gloire. Et Salomon, son fils, régna à sa place. » (I Chronique 29.28)
Ce qui est considéré comme choquant est une mort trop jeune, qui n’a pas permis d’accomplir sa vie.

Laurent Gagnebin. Ce silence sur une vie éternelle est assez positif car il nous renvoie à un Dieu pour nous dans cette vie-ci et pas dans les rêves lointains en une attente qui nous dispenserait d’être responsables sur cette terre.

Gilles Castelnau. D’autant plus que Dieu dans l’Ancien Testament, comme dans le Nouveau nous donne la force, l’élan vital nous permettant de vivre ici et maintenant, d’aimer notre prochain ici et maintenant. `
Ceux qui pensent que la vie ici-bas n’est qu’un examen de passage permettant de mériter ou non le Paradis sont complètement à côté de la pensée biblique.

Laurent Gagnebin. Cette pensée biblique est-elle traversée par une idée force sur l’élan créateur, le dynamisme créateur de Dieu ?

Gilles Castelnau. Je crois qu’il n’y a jamais dans tout la Bible aucune réflexion sur un Dieu qui ne serait, comme disait Voltaire, que créateur de l’horloge cosmique : « comment cette horloge existerait-elle s’il n’y avait pas d’horloger ? ». La Bible montre que Dieu est toujours, en toutes circonstances le dynamisme créateur, que sa Parole participe toujours à créer et renouveler la vie. Y compris d’ailleurs lors de la Création. Mais il n’y a pas de réflexion sur le fait que Dieu serait un créateur des galaxies.

Laurent Gagnebin. Dieu n’est pas la chiquenaude initiale très loin derrière nous. Il est un créateur perpétuel à travers les jours, à travers les actions et à travers les hommes.

Gilles Castelnau. Même le chapitre 1 de la Genèse racontant la création en six jours dit que le 1er jour est tout entier utilisé par Dieu à créer la lumière qui brille dans les ténèbres. C’est tellement symbolique, c’est tellement poétique, c’est tellement heureux, qu’on voit bien qu’il ne s’agit pas là d’une réflexion cosmologique mais spirituelle.

Laurent Gagnebin. Réflexion spirituelle qu’on retrouve dans le début de l’Evangile de Jean.

Gilles Castelnau. Absolument. Définissons Dieu comme le créateur de la vie, l’élan vital animant tout ce qui vit. J’aime le dernier verset du dernier Psaume : « Que tout ce qui respire loue l’Eternel » (Ps 150). Pourquoi cela ? Parce que tout ce qui respire a reçu sa respiration du Souffle de Dieu qui fait vivre toutes les bêtes, toutes les plantes, et peut-être même les minéraux à leur manière, en tous cas tous les hommes. Dieu est le Dieu de la vie.

Laurent Gagnebin. Y a-t-il dans l’Ancien Testament des récits montrant plus particulièrement cette vie qui l’emporte toujours sur la mort ?

Gilles Castelnau. Le grand texte qu’il faut toujours citer, que les Juifs citent lors du repas de la Pâque. Nous chrétiens avons comme texte central de la Résurrection, de la vie, la Résurrection de Jésus. Et nous avons bien raison. Les Juifs citent la Sortie d’Égypte avec Moïse. Ce passage d’une Égypte mythologique (il ne s’agit pas de l’État de l’Égypte géographique ce qui rendrait bien malheureux les Juifs égyptiens), de la « Maison de servitude », pays de l’obscurité et du travail forcé, passage à travers la mer Rouge - et on ne peut pas traverser une mer à pied ! – Il ont traversé et sont arrivés dans le pays où « coulent le lait et le miel » (Exode 3.8), un pays qui est, lui aussi mythologique car en Palestine le lait et le miel ne coulent pas.
Ce grand message, les Juifs la vivent la nuit de la Pâque. Ils disent alors
-  « En quoi cette nuit est-elle différente des autres ? »
-  « C’est parce que nous sommes passés de la mort du Pays d’Égypte, au-delà de la mer, dans la lumière du pays où coulent le lait et le miel.
Les esclaves noirs dans les plantations de coton des Etats-Unis chantaient « Let my people go » (Laisse aller mon peuple). Ce dynamisme créateur de Dieu, les chrétiens l’ont parfaitement reconnu lorsque Dieu a ressuscité Jésus.

Laurent Gagnebin. Il y a aussi dans l’Ancien Testament le grand retour de l’Exil à Babylone, qui présente la même idée de retrouver la vie dans son intégrité.

Gilles Castelnau. Tu parles de l’Exil à Babylone sous le roi Nabuchodonosor, historiquement parfaitement bien connu et datable de 587 à 538 av. JC, contrairement à la Sortie d’Égypte avec Moïse qui est mythologique.
Le prophète Esaïe célèbre le grand Retour au pays d’Israël comme un nouvel Exode, comme une nouvelle naissance, dynamisme créateur de Dieu toujours renouvelé.

Esaïe 40
Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.
Parlez au cœur de Jérusalem, et criez lui
Que sa servitude est finie...
Une voix crie :
Préparez au désert le chemin de l'Eternel,
Aplanissez dans les lieux arides
Une route pour notre Dieu.
Que toute vallée soit exhaussée,
Que toute montagne et toute colline soient abaissées !
Que les coteaux se changent en plaines,
Et les défilés étroits en vallons !
Alors la gloire de l'Eternel sera révélée…
Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu !
Comme un berger, il paîtra son troupeau,
Il prendra les agneaux dans ses bras,
Et les portera dans son sein ;
Il conduira les brebis qui allaitent.

Laurent Gagnebin. Il y a là quelque chose qui nous habite nous aussi. Également dans le « de profundis » (Ps 130), nous sommes tous impliqués dans ce renouveau. Ce psaume 130 a une force particulière :

Cantique de montée.
Des profondeurs je t'invoque, ô Eternel !
Seigneur, écoute ma voix !
Que tes oreilles soient attentives
A la voix de mes supplications !
Si tu gardais le souvenir des iniquités,
Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ?
Mais le pardon se trouve auprès de toi,
Afin qu'on te craigne.
J'espère en l'Eternel, mon âme espère,
Et j'attends sa promesse.
Mon âme compte sur le Seigneur,
Plus que les gardes ne comptent sur le matin,
Que les gardes ne comptent sur le matin.
Israël, mets ton espoir en l'Eternel !
Car la miséricorde est auprès de l'Eternel,
Et la rédemption est auprès de lui en abondance.
C'est lui qui rachète Israël
De toutes ses iniquités.

Dans leur messe des morts, les catholiques chantent - et ils ont raison – « de profundis... »

Gilles Castelnau. C’est l’idée que nous sommes « en bas » (surtout lorsqu’on est dans une tombe) et que Dieu est en haut. Les Juifs chantaient cela, qu’ils nommaient d’ailleurs « cantique de montée » lorsqu’ils montaient au Temple de Jérusalem qui se trouvait en hauteur et il s’agit toujours du même dynamisme de vie qui nous anime.

Des profondeurs je t'invoque, ô Eternel !
Seigneur, écoute ma voix !

Dans toute la Bible, Dieu n’est pas présenté comme un créateur lointain de l’univers des galaxies, ni un gardien lointain de la morale, des traditions. Il est celui qui donne la vie aux hommes.

Et d’ailleurs lorsqu’on se dit « athée », il faut être conscient de ce que l’on affirme. Les théologiens emploie le mot « théisme » (qui signifie la « connaissance de Dieu ») pour désigner un Être tout-puissant demeurant dans un « ciel » lointain et capable d’intervenir de façon souveraine dans la vie des hommes.
Un « athée » est quelqu’un qui ne croit pas à cela. Mais on peut avoir une autre manière de croire que les théologiens appellent le « panenthéisme » (Tout est en Dieu) pour dire que l’on ne cherche pas Dieu ailleurs, lointain mais, comme le disait le théologien Paul Tillich qu’on le cherche au plus profond de nous-même.
Si on puise en soi un dynamisme créateur, une force, un élan qui nous permet de résister au mal, à l’angoisse, à la peur, aux mauvais esprits, à l’égoïsme, c’est Dieu qui mêle sa créativité à la nôtre. Il est un peu prétentieux lorsqu’on utilise cette force pour vivre, pour tenir, pour résilier, de dire qu’il s’agit de notre propre force ! Dieu réplique : « c’est quand même Moi qui ai multiplié ta force de façon exponentielle ! »

Laurent Gagnebin. Pour conclure cette première étape de notre émission, citons un texte qui reprend ce que nous venons de dire :

Seigneur, tu m'as toujours donné le pain du lendemain,
et bien que pauvre aujourd'hui, je crois.

Seigneur tu m'as toujours donné la force du lendemain
et bien que faible aujourd'hui, je crois.

Seigneur tu m'as toujours donné la paix du lendemain
et bien qu'angoissé aujourd'hui, je crois.

Seigneur tu m'as toujours gardé dans l'épreuve
et bien que dans l'épreuve aujourd'hui, je crois.

Seigneur tu m'as toujours tracé la route du lendemain
et bien qu'elle soit cachée aujourd'hui, je crois.

Seigneur tu m'as toujours parlé quand l'heure était propice
et malgré ton silence aujourd'hui, je crois.

Gilles Castelnau. En repensant au grand texte d’Esaïe chantant le Retour du peuple juif de l’Exil à Babylone au 6siècle av. JC, je voudrais faire remarquer que ceux qui diraient que cette libération est le fait du roi de Perse, Cyrus, (auquel d’ailleurs Esaïe donne le titre de « messie » au chapitre 45), qui a envahi Babylone et tout le Moyen Orient et a permis le retour de tous les peuples déportés, ils se tromperaient largement car les prophètes nous disent clairement que si, effectivement c’est bien Cyrus qui a fait cette libération, c’est Dieu qui lui en a donné la capacité, la volonté et le pouvoir. C’est d’ailleurs bien pourquoi on peut l’appeler « messie-christ ».

Laurent Gagnebin. C’est le regard de la foi dont tu parles. La foi est le regard que l’on porte sur les réalités qui nous entourent. On peut toujours avoir un regard purement profane, mais dans la foi en Dieu, tout ce qui nous entoure est éclairé, animé, porté par lui, dans cette force vitale qui anime le monde.

Gilles Castelnau. On va dire cela de façon un peu humoristique :
Tu sais peut-être l’histoire du Juif qui cherchait une place de stationnement importante car il avait un rendez-vous important. Il en est arrivé au point de dire :
-  « Hachem, si tu me donnes une place de stationnement, je ferai shabbat au moins pendant six mois. »
Et à ce moment précis, justement, une place se libère. Alors il ouvre sa vitre de voiture et dit :
-  « Ne cherche plus, Hachem, j’ai trouvé ! ».
De manière plaisante il s’agit d’un homme qui dit « ce que Dieu m’a donné, je dis que c’est moi qui l’ai trouvé tout seul ». C’est cela l’incroyance.
Le croyant est celui qui, lorsqu’il constate une force, un élan, un sourire, une fraternité, comprend que c’est l’Esprit de Dieu qui vient de se mêler à son esprit pour l’en rendre capable.
Au fond, la chose la plus difficile c’est d’affirmer quand on voit ce qu’on voit, que Dieu n’existe pas.

Laurent Gagnebin. Comment peut-on relier au Nouveau Testament toutes ces affirmations, ces grands symboles, ces grands récits de l’Ancien Testament ?

Gilles Castelnau. Saint Pierre a dit le jour de la Pentecôte dans son premier grand discours rapporté dans les Actes des Apôtres :
«  Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a ressuscité » (Actes 2.23). C’est une action créatrice de plus parmi toutes les actions créatrices que Dieu a toujours faites dans l’histoire du monde, qu’il fait aujourd’hui et qu’il fera toujours – c’est notre foi en tous cas. Lorsque quelqu’un passe de la mort à la vie, c’est Dieu qui a mis son élan vital en lui.

Laurent Gagnebin. Il est à remarquer dans ce discours de Pierre qu’il ne dit pas « Ce Jésus que Dieu voulait crucifier ». Il dit bien « ce Jésus que vous avez crucifié ».
Cela ressemble à la conclusion du livre de la Genèse lorsque Joseph vendu par ses frères en Égypte, poursuit une carrière magnifique, devient le premier ministre du pharaon, il dit à ses frères lorsqu’il les retrouve :
« le mal que vous pensiez me faire, Dieu l’a changé en bien » (Genèse 50.20).
C’est en quelque sorte ce que Jésus nous dit aujourd’hui.
C’est ce que Dieu a fait pour Jésus en le ressuscitant alors que les hommes l’avaient crucifié.

Gilles Castelnau. Ce n’est pas Jésus qui s’est ressuscité lui-même. Je n’approuve pas que l’on dise que Jésus est le prince de la vie : c’est Dieu qui est le prince de la vie. Et lorsque Pierre emploie néanmoins une fois cette expression : « Vous avez fait mourir le Prince de la vie, mais Dieu l’a ressuscité des morts », il précise immédiatement que c’est bien Dieu qui l’a ressuscité des morts.
C’est Dieu qui est le sauveur, qui est le créateur et Jésus, son Fils, a été au bénéfice de cette créativité, comme tant d’autres fils de Dieu avant lui : comme Moïse lors du passage de la mer Rouge, comme le petit David vainqueur du géant Goliath (1 Samuel 17), comme les Juifs revenus de Babylone dont nous parlions il y a un instant ; dans le Nouveau Testament, le paralysé qui se lève et qui marche (Luc 5), le lépreux qui est guéri (Matthieu 8), Lazare (Jean 11) et le jeune homme sur la route de Naïn (Luc 7) qui passent de la mort à la vie, autant d’exemples d’actes créateurs de Dieu.

Laurent Gagnebin. Certains de nos auditeurs restent peut-être sceptiques devant ce que nous disons et ne veulent pas ou ne peuvent pas croire en une vie après la mort. Allons-nous leur dire qu’ils sont dès lors complètement étrangers à Dieu, à la vérité chrétienne ?

Gilles Castelnau. Ce serait tout à fait impossible. Je suis absolument en désaccord avec ceux qui disent que pour être chrétien, il faut croire à la Trinité, à la Résurrection corporelle de Jésus, au Jugement dernier qui s’approche. Jésus n’a jamais dit qu’il fallait croire des choses : il a dit qu’il fallait aimer Dieu avec sa créativité, son dynamisme créateur, l’élan vital que Dieu fait rayonner partout dans ses prochains comme dans soi-même. C’est cela que Dieu attend de nous.
Croire à la résurrection d’un mort est tout à fait compréhensible dans la mesure où rien ne peut limiter la puissance créatrice de Dieu.
Le péché peut-il empêcher Dieu de faire monter en nous son élan vital ? Non, certainement pas, Jésus l’a bien montré. Il n’y a pas de purgatoire, il n’y a pas d’enfer, Dieu n’est pas destructeur !
La maladie peut-elle nous éloigner de la vie de Dieu ? Non car Jésus a bien montré que même dans la maladie la présence de Dieu se manifeste.
La mort peut-elle empêcher la puissance de Dieu de se manifester ? Certains disent effectivement que oui, qu’ils ne peuvent pas croire cela.

Laurent Gagnebin. Ne sont-ils pas quand même reçus comme enfants de Dieu ?

Gilles Castelnau. Bien sûr que si ! L’évangéliste Matthieu dit, à plusieurs reprises dans son Évangile que les disciples avaient une « petite foi » (Matthieu 8.26). Cela se dit en grec une « oligo » foi, comme les oligo éléments qui sont si petits.
« Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. » Matthieu 17.20.
Même si on a une « oligo » foi et qu’on ne peut pas croire en la vie éternelle, on peut néanmoins faire de grandes choses dans le monde de la foi. D’ailleurs qui peut prétendre avoir vraiment une grande foi ? Je le répète, si quelqu’un a une « petite foi » et ne peut pas croire en la résurrection physique après la mort, cela n’a pas d’importance car ce n’est d’ailleurs pas son problème. L’au-delà est le problème de Dieu. Le problème des enfants de Dieu est de vivre ici et maintenant de l’Esprit de résurrection, de renouveau, de force, de courage.

Laurent Gagnebin. Le psalmiste du Psaume 23 ne mentionne d’ailleurs pas un au-delà et il dit pourtant la présence aimante de Dieu qui le rassure et l’accompagne spirituellement. Le psalmiste s’identifie à une brebis gardée et protégée par son berger :

Psaume 23
Cantique de David.
L'Eternel est mon berger ; je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ;
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Tu dresses devant moi une table,
En face de mes adversaires ;
Tu oins d'huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
Tous les jours de ma vie,
Et j'habiterai dans la maison de l'Eternel
Jusqu'à la fin de mes jours.

Gilles Castelnau. Tout le monde devrait le savoir par cœur pour se le répéter et pour le dire à ceux qui en ont besoin, des gens malades, des gens qui vont peut-être mourir, de quelqu’un qui est dans le coma et dont on se demande s’il entend.

Laurent Gagnebin. C’est un très beau psaume et cette phrase « tu es avec moi » me semble le refrain de tout l’Ancien Testament. Il n’y a pas de chapitre où il ne soit dit par tel ou tel témoin, tel ou tel croyant, tel ou tel prophète « Éternel tu es avec moi » et Dieu dit « Je suis avec toi, je suis avec vous ».

Gilles Castelnau. Il y a d’autres passages de l’Ancien ou du Nouveau Testament que l’on peut citer et que l’on peut graver sur la tombe d’un être aimé ou sur un faire-part de deuil :

Psaume 121
L'Eternel te gardera du mal
il gardera ton cœur
il gardera ton départ et ton arrivée
dès maintenant et à toujours.

 

.

 

Laurent Gagnebin. Parlons de l’Enfer. Tu as dit tout à l’heure qu’il n’existait pas. Mais certains disent qu’il faut pourtant y croire.

Gilles Castelnau. Je trouve monstrueux de croire à l’Enfer. Comment peut-on penser que le Dieu créateur de la vie, de l’amour, le Dieu qui demande qu’on l’aime, comment peut-on penser qu’on peut aimer un Dieu qui organiserait un camp de concentration permanent, éternel, pour ceux qui ne lui conviendraient pas.
Certains disent effectivement que si quelqu’un ne croit pas à la Trinité, au Retour du Christ venu pour le Jugement dernier ; si quelqu’un ne fait pas partie des Témoins de Jéhovah ou de telle ou telle assemblée cultuelle, alors il ira en Enfer. Personnellement un auditeur a téléphoné pour me dire que j’irai sans aucun doute en Enfer car la manière dont je comprenais la Passion de Jésus ne correspondait pas à celle de son pasteur.

Laurent Gagnebin. Ce qui est grave derrière ce genre de propos, c’est qu’il se retourne contre une des grandes idées du protestantisme qui est la grâce de Dieu. Car ces gens pensent qu’on peut ne pas « mériter » le Paradis, que l’on peut « mériter » l’Enfer ! Ce n’est en rien une spiritualité désintéressée.

Gilles Castelnau. D’autres aussi disent qu’il faut prier, faire dire des messes pour le repos de l’âme d’un défunt. Et de plus prier éternellement. J’ai appris qu’on faisait toujours dire des messes pour le repos de l’âme du roi Louis XVI plus de 220 ans après sa mort ! Cela signifie qu’après tout ce temps, son âme devait être bien noire pour qu’il faille toujours prier pour apaiser la colère de Dieu contre lui. C’est absolument incroyable.

Laurent Gagnebin. C’est scandaleux.

Gilles Castelnau. Certes, Jésus reprend l’idée de l’Enfer qu’avaient les juifs, notamment les pharisiens, à son époque, en l’attribuant par exemple à ceux qui n’aiment pas leur prochain :

Matthieu 25.
Le roi dira à ceux qui seront à sa gauche :
Retirez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.
Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger,
j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire,
j'étais étranger et vous ne m'avez pas recueilli,
j'étais nu et vous ne m'avez pas vêtu,
j'étais malade et en prison et vous ne m'avez pas visité.
Ils répondront :
Seigneur, quand t'avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t'avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra :
- Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n'avez pas fait ces choses à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne les avez pas faites.

Dans ces conditions, il est évident que tout le monde mérite l’Enfer. J’aime mieux repenser à la parole de Paul, que l’on peut aussi inscrire sur les faire-part de deuil :

Romains 8. 38
Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l'avenir, ni les puissances, ni les êtres d'en-haut, ni ceux d'en-bas, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur.

Laurent Gagnebin. Dans ce passage, Paul pose une des plus belles questions de toute la Bible :

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

Gilles Castelnau. Citons pour terminer le Psaume 121 en entier :

Cantique de montée
Je lève mes yeux vers les montagnes...
D'où me viendra le secours ?
Le secours me vient de l'Eternel,
Qui a fait les cieux et la terre.
Il ne permettra point que ton pied chancelle;
Celui qui te garde ne sommeillera point.
Voici, il ne sommeille ni ne dort,
Celui qui garde Israël.
L'Eternel est celui qui te garde,
L'Eternel est ton ombre à ta main droite.
Pendant le jour le soleil ne te frappera point,
Ni la lune pendant la nuit.
L'Eternel te gardera du mal,
Il gardera ton âme ;
L'Eternel gardera ton départ et ton arrivée,
Dès maintenant et à jamais.

Voici d’autres passages de l’Ancien Testament où la vie éternelle n’est jamais mentionnée car il nous apprend à vivre ici et maintenant :

Ésaïe 43.1 : Ne crains rien, dit l'Éternel, car t'appelle par ton nom, tu es à moi.

Psaume 34.19 : L'Éternel est proche de ceux qui ont le cœur brisé

Psaume 6.9 : L'Éternel entend la voix de mes larmes, il accueille ma prière.

Psaume 31.6 : Mon Dieu, je remets mon esprit entre tes mains.

Jérémie 30.11 : Je suis avec toi, dit l'Éternel.

Psaume 112.4 : Dans la nuit, une lumière se lève.

Et dans le Nouveau Testament:

1 Thessaloniciens 5.5 : Vous appartenez à la lumière, vous appartenez au jour. Nous ne vivons pas dans la nuit, nous ne vivons pas dans l'obscurité.

1 Timothée 4.10 : Nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant qui est le Sauveur de tous les hommes.

Romains 8.38 : Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l'avenir, ni les puissances, ni les êtres d'en-haut, ni ceux d'en-bas, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur.

 

 

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