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Mysticisme et vie du monde

 

 

World-Oriented Mysticism

Mysticism How can mystical experiences direct us to the world and its needs?

 

John Cobb

 

18 novembre 2013

Certains trouvent dans la spiritualité mystique une manière de se détacher de la vie du monde, de ses complexités, et de ses contraintes. Il est vrai qu’en général la tradition « prophétique » implique les hommes dans la vie du monde alors que la tradition « mystique » permet de se réfugie dans une passivité tranquille ou dans une action n’ayant rien à voir avec la réalité de la vie.

Et pourtant la spiritualité mystique peut parfaitement s’ouvrir à la vie comme le fait la tradition prophétique. Mon principal correspondant pour le bouddhisme zen me dit qu’il encourage les bouddhistes à s’inspirer de l’éthique sociale chrétienne. Gandhi est resté hindou mais il était profondément inspiré par le Sermon sur la Montagne de Jésus (Matthieu 5 à 7) et Sri Ariyaratne, bouddhiste du Sri Lanka, adaptait la pensée de Gandhi au bouddhisme Theravada (de l’Asie du Sud-Est). D’ailleurs les traditions mystiques s’opposent généralement à l’égoïsme individuel, ce qui favorise d’une certaine manière un engagement social.

Tout ceci est fort bien, mais ne signifie pas l’implication de la méditation bouddhiste et des diverses pratiques hindoues dans la vie sociale. J’ai eu néanmoins le privilège d’animer deux rencontres sur l’éthique sociale dans le bouddhisme zen et dans le bouddhisme de la Terre Pure et il m’a semblé que l’éthique sociale ne leur était pas étrangère.

 

Une même ligne de clivage traverse les mystiques hindoues et bibliques : la Réalité fondamentale à laquelle le fidèle s’unit est-elle personnelle ou impersonnelle ? Whitehead clarifie les choses en proposant de distinguer Dieu et la Créativité. Dieu est une personnification de la créativité et celle-ci est son œuvre. Il ne peut pas y avoir de créativité s’il n’y a pas de Dieu et Dieu n’est pas un être créé. La créativité s’accomplit dans des réalisations concrètes. Fondamentalement, notre être le plus profond n’est rien d’autre que créativité.

Ceux qui pensent leur union avec un Dieu personnel vivent en son intimité mais ne s’identifient pas à lui. Ils disent être en Dieu et Dieu en eux, ils n’ont pas d’existence ou d’identité séparée de Dieu mais ils ne disent pas être Dieu.

Il me semble que la présence au monde est davantage favorisée par la communion mystique avec Dieu que par la communion mystique avec la créativité. Les mystiques unis à un Être personnel peuvent en éprouver une telle richesse qu’ils se sentent unis à l’ensemble de la vie du monde. Et ceux qui pensent plutôt à un ultime peuvent y reconnaître la présence de toutes choses et s’en sentir fondamentalement concernés.

J’organise la Dixième Conférence internationale de Whitehead en juin 2015 qui sera aussi la Neuvième Conférence de Civilisation Écologique. J’espère qu’elle montrera que passer du dualisme matérialiste cartésien à la pensée de Whitehead est non seulement possible mais que c’est une nécessité urgente.

Il faut poser davantage la question que je débats ici sur les résultats concrets des différentes spiritualités dans la vie du monde qui souffre. La Conférence le montrera sans doute. La question se pose notamment pour le bouddhisme : Je m’interroge toujours sur l’implication dans la réalité sociale qu’induit la conception de l’illumination qui consiste à prendre conscience qu’il n’existe pas de réalité concrète que l’on puisse vivre.

 

Une autre question qui se pose est celle du « mysticisme de la nature ». La contemplation de la nature provoque souvent le sentiment profond de participer à l’immense ensemble de la vie du monde. On est saisi par la beauté majestueuse des montagnes, des glaciers ou par l’immensité du ciel étoilé. Que ce sentiment relève ou non du mysticisme, il peut sans aucun doute éveiller la conviction de faire partie du monde de la nature et susciter par conséquent la volonté de lutter contre les diverses oppressions qui y existent.

La tradition prophétique se focalise tellement sur les questions de la justice pour les pauvres qu’elle se détourne du monde de la nature. Le « mysticisme de la nature » peut alors éveiller en nous des sentiments de révolte qui rendent misanthrope et nous détournent alors des luttes sociales.

Mais la tradition prophétique et celle du mysticisme de la nature sont toutes deux légitimes, car elles nous incitent également à la présence au monde. D’ailleurs, la compréhension du fait que la nature fait partie de la création que Dieu disait « bonne », peut rappeler à la tradition prophétique qu’elle doit demeurer positive à l’égard du « mysticisme de la nature »

 

Traduction Gilles Castelnau

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