Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Spiritualité

 


 

Rudolf Bultmann

1884-1976

 

Article paru dans le mensuel protestant Évangile et liberté

d'octobre 2013

Laurent Gagnebin

 

26 septembre 2013

 

L'interrogation : que dit le texte ?

Lire un texte biblique, c’est d’abord l’interroger de manière neutre, scientifique, non croyante et cela en toute honnêteté intellectuelle, c’est-à-dire sans a priori, d’une part, et sans préjuger du résultat, d’autre part. L’exégèse historique est un moment de lecture indispensable pour retrouver, tant que faire se peut, le sens premier du texte. Il s’agit alors de retrouver son cadre initial, ses contextes d’origine (religieux, culturel, social...), de retrouver aussi l’histoire des traditions et des rédactions qui nous l’ont transmis. L’exégèse histo - rico-critique consiste à prendre en compte la distance considérable (au moins 2000 ans) qui nous sépare des textes bibliques. Il s’agit ainsi d’une étude objective des textes ; elle correspond à une ascèse coûteuse : mettre momentanément entre parenthèses nos interprétations personnelles et croyantes.

Mais cette méthode, pratiquée par Bultmann avec une extrême rigueur, ne parvient pas toujours à ses fins. La quête, par exemple, du Jésus historique se heurte à des hypothèses nombreuses et fort différentes, et à des inconnues. À force de creuser ne finit-on pas par faire un trou ?

 

L’interprétation : que veut dire le texte ?

Une autre difficulté : les textes bibliques sont bien souvent très légendaires. On va donc essayer, dans une démarche rationaliste, de les débarrasser ce qui les rend, à nos yeux de modernes, incroyables, autrement dit on va même ne pas en tenir compte. On dira alors qu’on démythise les textes, démythiser signifiant ici retrancher de la Bible ce qui nous contrarie. À cela s’ajoute une critique de l’univers mythique qui les caractérise. La vision du monde de l’homme biblique n’a, le plus souvent, plus rien à voir avec la nôtre. L’univers en trois étages (Ciel, terre, enfers), par exemple, ne correspond plus aujourd’hui à notre conception scientifique du monde. On parlera alors de démythologiser ces textes, c’est à dire de les interpréter en sachant que leur moule culturel n’a, en tant que tel, rien de spécifiquement chrétien ou évangélique.

Mais Bultmann va beaucoup plus loin et estime que le mythe est en réalité le langage de toute la Bible, la manière de s’exprimer de tout langage religieux et humain qui cherche à dire le divin, alors que Dieu est indicible et que je ne peux le maîtriser et l’enfermer dans mes mots, dans nos cadres. Dieu nous dépasse infiniment, et – comme je le répète inlassablement – quand je dis « Dieu », ce n’est déjà plus Dieu que je dis. Le langage religieux est ainsi un savoir qui ne sait pas.

C’est là qu’intervient aussi la démarche positive de la démythologisation. Ne supprimons pas les mythes, car ce serait écarter une part immense des Écritures, pour ne pas dire la Bible tout entière, mais faisons tout pour retrouver l’intention première du mythe, non pas ce qu’il dit, mais ce qu’il veut dire. Il n’entend pas donner un savoir, mais interroger mon existence. Quand j’entends cette interrogation, le mythe n’est plus alors une parole « sur » Dieu, mais devient une Parole « de » Dieu.

 

L’interpellation : que veut me dire le texte ?

Les évangiles ne sont pas tant des biographies (d’ailleurs très incomplètes) de Jésus que des témoignages de foi. La fidélité aux textes bibliques sera de les prendre pour ce qu’ils sont et de les laisser résonner ainsi au cœur d’une foi possible. Leur interprétation peut conduire à une décision. Ils m’interpellent. Je me sens concerné. Le mythe dévoile alors un sens nouveau pour mon existence et celle de tout être humain. C’est cela une lecture existentiale, comme l’appelle Bultmann. Cette interpellation sera, surtout, pour lui très luthérien, dans l’ordre du croire ; elle aura aussi, avec une marque plus calvinienne, des conséquences existentielles, éthiques et pratiques dans notre vie.

 

 

Retour
Retour vers Laurent Gagnebin
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.