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Religion profane

spiritualité non-surnaturelle

 

Secular Religion: Non-Supernatural Spirituality

 

David Miller

Sea of Faith d'Australie

 

 

1er septembre 2013

Quel sens donne-t-on aux mots « religion », « spiritualité », « dieu », « les dieux » ? En ce qui me concerne je me situe comme non théiste, bien que je préfère dire « théologie non surnaturellel » ou plus simplement « théologie naturelle ».
Dans une pensée non surnaturelle, « spiritualité » désigne tout simplement l’« esprit humain ». Nos « grands principes », l’aspect positif de l’esprit humain sont symbolisés par « dieu » ou « les dieux ». On a beaucoup discuté pour savoir si notre pensée était profane et non religieuse. Mais le problème, me semble-t-il, est que nous confondons « religion » et « surnaturel ». Ces deux mots semblent pratiquement synonymes mais il faudrait être plus précis.

De tous temps on a admis que les dieux possèdent des pouvoirs surnaturels. Pourtant dieu et les dieux ne sont que les symboles de nos « grands principes » ; des êtres auxquelles on a ajouté des pouvoirs surnaturels. Si on ôte ces pouvoirs, il ne reste rien de surnaturel en eux.
Prenons un exemple. Aussi bien les théistes que les athées parlent parfois de la « Mère Nature » pour désigner la nature. « Mère Nature » est alors une métaphore de la nature sans que s’y adjoigne rien de surnaturel. Elle n’est pas traités comme une déesse. La personnification n’est pas une déification.
Pour diviniser la Mère Nature il faudrait lui ajouter des pouvoirs surnaturels. Dire, par exemple, que la Mère Nature a créé la nature, serait suffisant pour la diviniser. Néanmoins cela apparaîtrait immédiatement comme une idée fausse : il est clair que la Mère Nature n’est qu’un symbole désignant la nature alors que la nature est une réalité.

Ne faisons-nous pas la même erreur en disant que toute chose a été créée par le symbole « dieu ». Les religions ont été contaminées durant des milliers d’années par la confusion avec le surnaturel.

Mon idée est que la religion est fondamentalement la célébration de nos « grands principes ». Dans un effort de nous débarrasser du poids des idées surnaturelles, nous pourrions dire que la religion est de « révérer » nos grands principes. Ou mieux, que la religion est le moyen que nous utilisons pour vénérer nos grands principes.
Inversement, si nous voulons vénérer nos grands principes, nous trouvons (nous inventons) une religion qui nous permettra de le faire. La science, par exemple, est utilisée comme moyen de vénérer la vérité.

De quoi devrait être constituée une religion ?
- Premièrement naturellement la révérence, la vénération des grands principes.
- Deuxièmement il faut prendre conscience de la nature de nos grands principes.
- Troisièmement exprimer et actualiser nos grands principes dans notre vie et pour celle des autres hommes de notre monde tel qu’il est concrètement aujourd'hui.

Si nos grands principes n’impliquent pas d’élément surnaturel, la manière dont nous avons à les vénérer, c’est-à-dire notre religion n’a pas de raison non plus de contenir des éléments surnaturels.

Mais quels sont donc nos grands principes ? Voici les principales réponses que l’humanité a proposées :
1. La bonté, la vérité, la beauté.
2. L’amour, la compassion, la miséricorde, la perfection, la justice, la liberté, la créativité.
3. L’émerveillement, le saisissement, le mystère, la gratitude, l’unité, l’interconnexion.
4. Le soi, la famille, la communauté, la nation, l’humanité, la nature, la planète, l’univers.
Tout ceci est totalement naturel sans rien de surnaturel.

Certains ont voulu attribuer ces principes de manière symbolique à des personnalités métaphoriques qui sont, le plus souvent, traditionnellement considérées comme investies de pouvoirs surnaturels. Mais il est possible de conserver les grands principes d’une part sans les identifier à des personnalités métaphoriques et d’autre part sans déifier ces personnalités.
Je crois avoir commencé à montrer que nous ne sommes pas complètement profanes. Nous sommes en réalité à la fois profanes et religieux et nous vénérons tous pareillement nos grands principes.

Les dieux des religions abrahamiques (judaïsme, christianisme, islam) sont simplement des personnifications de nos grands principes ; ils symbolisent chacun une série légèrement différente de valeurs, d’idéaux, d’expériences et de préoccupations. Il en est de même pour les dénominations à l’intérieur de chaque religion.

Les dieux des religions polythéistes symbolisent chacun des principes particuliers qui leur sont propres. Il faudrait donc expliquer les relations entre ces dieux.
Il faut, bien sûr, prendre en compte toutes nos valeurs, tous nos idéaux, toutes nos expériences, toutes nos préoccupations, même les plus bas, les plus profanes, les plus destructeurs et les plus honteux.
Dans les religions abrahamiques ces valeurs négatives sont cataloguées comme « démoniaques ». Ce terme désigne la personnification des aspects négatifs de l’humanité.
Les religions orientales ont plutôt l’esprit de souligner l’interconnexion que l’opposition entre le bien et le mal agissant dans l’humanité.

Voici un exemple où les grands principes sont appelés « dieu » sans qu’il soit besoin de les constituer en symboles ni de leur attribue de pouvoirs surnaturels. Un exemple où ils sont naturels, tout simplement présents.
C’est la phrase de saint Paul en Philippiens 3.19 où, parlant des ennemis de la croix du Christ :

« ... ils ont pour dieu leur ventre »

On ignore si saint Paul donnait à « ventre » un sens épicurien (un idéal), un sens trivial (la gloutonnerie) ou celui d’une préoccupation première (la faim). En tous cas cette phrase suggère que l’on peut être sous l’emprise de dieux, qu’ils nous tiennent ; que l’on a des dieux qu’on le veuille ou non, qu’on soit croyant ou non.

Cette métaphore de Paul amène à poser la question : comment définir un « dieu » ? Comment une valeur, un idéal, une réalité abstraite peuvent-ils être des « dieux » ?

Je propose de répondre : c’est lorsqu’on place cette valeur au-dessus et au-delà de nous. Elle est alors « là-haut ». On lui fait allégeance. On la sert. Elle est notre seigneur, notre maître. On est son esclave. On est même finalement prêt à mourir pour elle. On pourrait tuer pour elle. En retour elle donne un sens et un but à notre vie. Elle nous donne un modèle auquel nous identifier. Elle nous ouvre à plus que nous-même, à au-delà de nous-même, à un plus grand dessein.
En un sens naturel et non surnaturel, elle est notre « dieu ».

 

 Traduction Gilles Castelnau

 


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