Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Théologie du Process

 

 


Le Process

et la « préférence pour les pauvres »

 

 

Can a process god have a preferential option for the poor?

 

John B. Cobb


13 mai 2013

En tant que théologiens du Process, nous croyons que Dieu aime tout le monde et toutes choses. Dieu aime le pécheur et le saint, la baleine et le moineau, le faible et le fort. Si la « préférence pour les pauvres » signifiait que Dieu aime davantage les pauvres que les riches, nous ne pourrions rien dire de semblable. Je doute d’ailleurs que cela qu’enseigne l’Église catholique. En tous cas nous pensons que le projet de Dieu pour le bien de la création est de permettre aux créatures d’accomplir le meilleur d’elles-mêmes. Il est évident qu’aussi bien la pauvreté que la richesse sont des obstacles à cette visée.

Il y a, bien sûr, des exceptions. La pauvreté volontaire de certains les ouvre à une plus grande réalisation d’eux-mêmes. La richesse offre à d’autres l’opportunité de faire du bien autour d’eux. Mais ce sont des exceptions. Ce que l’on appelle habituellement la pauvreté limite la capacité des gens à épanouir leurs dons et à enrichir leur vie. Et ceux que l’on nomme riches s’attachent plutôt à leurs possessions et s’efforcent de les accroître même aux dépens des autres.

Le projet de Dieu qui est l’épanouissement des créatures du monde s’oppose à la pauvreté comme à la richesse. Mais dans son dessein de vaincre la pauvreté, Dieu se situe du côté des pauvres. Et dans son dessein de vaincre la richesse, Dieu s’oppose à la plupart des riches. Dieu cherche le véritable bien des pauvres comme celui des riches. Avec respect pour la pauvreté elle-même, le but de Dieu s’accorde avec le but des pauvres qui est évidemment de se libérer de la pauvreté. Avec respect pour les riches, le but de Dieu de les libérer de l’amour de leur richesse s’oppose à leur but habituel de la conserver et même de l’accroître. C’est ainsi que l’on peut comprendre l’idée de « préférence pour les pauvres »

Il y a naturellement bien d’autres choses à dire. Par exemple il est dangereux de singulariser les pauvres comme s’ils étaient les seuls à avoir besoin d’attention. Moi qui viens du Sud des Etats-Unis, je suis particulièrement conscient du fait que les Blancs pauvres ont été fréquemment les plus grands ennemis et persécuteurs des Noirs. Il est arrivé que certains Blancs pauvres ont particulièrement dirigé leur haine contre des Noirs plus aisés.

Il y a d’autres situations d’oppression auxquels des pauvres participent. Dans certaines communautés pauvres l’oppression des femmes peut être pire que dans d’autres plus riches.

Les pauvres peuvent se trouver en tête de la persécution des homosexuels. Un homosexuel riche peut se trouver en butte à l’oppression de certains pauvres.

La préférence de Dieu pour les pauvres peut parfois céder devant la préférence de Dieu pour d’autres opprimés. Les théologiens de la Libération y ont toujours été attentifs. (Au lieu de parler de la « préférence de Dieu pour les pauvres », il vaudrait mieux dire « pour les opprimés ».

Dieu s’implique surtout dans sa préférence pour l’action des hommes. Ceux qui partagent les vues de la théologie de la Libération – ce qui est le cas de la plupart des théologiens du Process - comprennent que Dieu les appelle à être solidaires des opprimés afin de mettre fin à leur oppression.

Il y en a plusieurs exemples aux États-Unis. Il a déjà beaucoup été fait pour la libération des femmes, pour les Noirs et d’autres groupes ethniques, pour les Juifs et d’autres minorités religieuses ainsi que pour les gay. Cette œuvre de libération a été remarquable et nous pouvons nous en réjouir, mais elle est loin d’être finie.

D’autre part extrêmement peu a été fait aux États-Unis pour la libération des pauvres. Le pouvoir des grandes institutions financières continue de s’accroître et les interventions gouvernementales qu’elles demandent contribuent à augmenter la concentration de la richesse entre les mains de quelques uns. Le nombre des pauvres augmente aux Etats-Unis comme dans le reste du monde et leur oppression s’aggrave. Ils sont effectivement un exemple central de l’oppression globale et il est normal de dire que Dieu s’implique dans leur cause et que nous y sommes nous-mêmes appelés.

Traduction Gilles Castelnau

 

 

Retour vers "théologie du Process"
Retour vers "John Cobb"
Retour vers "spiritualité"
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.