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Chemins d’intériorité
avec saint François

 

 

Michel Hubaut

 

 

Les Editions franciscaines

304 pages, 19 €

 

Recension Gilles Castelnau

.

18 mai 2012

Le Père Michel Hubaut est franciscain. Il nous fait vivre aujourd’hui dans la sereine et heureuse compagnie de François d’Assise. C’est lui qui parle, mais il est évidemment tellement imprégné de sa spiritualité qu’on a l’impression que c’est le Poverello lui-même qui aujourd’hui encore s’adresse directement à nous.

Un livre calme, souriant et apaisant dont voici des extraits.

 

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page 57

Pour François, la Fraternité s’enracine surtout dans le mystère de Dieu qui se révèle comme un amour créateur, paternel, Souverain Bien et Source de tout bien. Dieu est père ! C'est une de ses grandes intuitions spirituelles
[…]

Chaque créature, depuis l'ange et l'homme jusqu'à l'amibe et la roche de cristal, participe à l'Être de Dieu, est nécessaire au concert de la création. Ses premières biographies fourmillent d’anecdotes qui illustrent la tendresse respectueuse de François pour l'ensemble de la création. En profonde communion fraternelle avec tous les êtres et les choses, il peut appeler les éléments de l'Univers, « frère Soleil », « sœur Lune », « frère Vent », « sœur Eau », « frère Feu »...

 

page 60

Pour François, toute l'histoire de la création et du salut, animée par l'Esprit, est une longue marche vers la Fraternité universelle cosmique. Enraciné dans l'amour gratuit du Père, il est 1ibéré de tout instinct de propriétaire. Ii ne possède plus rien en propre. Il reçoit tout. Dans la lumière de cette révélation, il a perçu en même temps la racine et la logique dramatique du péché de l'homme, de tant d'échecs dans les relations humaines : si la paternité transcendante de Dieu est niée, si l'homme se fait le centre absolu, il devient, tôt ou tard, un exploiteur de son frère et un prédateur de la création. Pourquoi ? Parce qu'il aura cette tragique illusion de se croire propriétaire de la terre, de ses dons, de ses biens. L'homme se fait dieu.

 

page 64

François contemple dans la vie et les gestes du Christ, le secret du cœur de Dieu père. Il voit en Jésus le frère des riches et des pauvres, des exclus et des notables, des publicains et des prostituées, des Madeleine et des Zachée.

 

page 79

Ce n'est pas un hasard si François parle, dans ce même chapitre, de la pauvreté des frères et des relations fraternelles. Il ne peut dissocier pauvreté et fraternité. Le pauvre est quelqu'un dans le besoin. Nous sommes tous pauvres de quelque chose. Dieu nous donne, pour combler cette pauvreté, des frères et des sœurs qui nous sont complémentaires. Ils deviennent comme les relais vivants de la vigilance paternelle de Dieu. L'homme satisfait de lui-même ne sera jamais un frère.

La fraternité suppose des hommes et des femmes qui, à la fois, donnent et reçoivent. Si, dans un couple, une communauté, une vie collective locale, nationale ou internationale, ce sont toujours les mêmes qui donnent et toujours les mêmes qui reçoivent, il n’y a pas de fraternité. Le paternalisme engendre toujours des êtres infantilisés ou assistés et non des frères et des sœurs. François a perçu la complexité des relations humaines. Elles ne sont créatrices que dans la mesure où elles sont échanges respectueux, réciprocité vitale et confiante si elles aident l'autre à devenir lui-même.

 

page 80

C'est souvent au niveau de nos relations que s'exerce et se vérifie notre vie de foi. François sait par expérience, depuis sa rencontre avec le lépreux, que se convertir à l'Évangile consiste d'abord à sortir de soi. Ce jour-là, poussé par une profonde intuition, il brise les frontières sociales, culturelles, psychologiques, qui le séparent des lépreux, pour les rencontrer, les écouter, les servir et surtout vivre avec eux, et ce jour-là il découvre la fraternité. Il constatera plus tard que sa démarche était mystérieusement celle du Christ de l'Évangile. Chaque matin, nous devons sortir de notre égoïsme pour aller vers le Seigneur et vers les autres. Notre vie de foi est toujours un exode. Les frères que Dieu nous donne sont des appels à la conversion, non seulement parce qu'ils m'invitent à nous dépasser, mais aussi parce qu'ils nous révèlent à nous-mêmes et nous obligent à la lucidité. Seul l'homme qui fait la vérité sur lui-même devient capable d'être un frère, c'est-à-dire quelqu'un qui peut accueillir les autres avec leurs limites et leurs faiblesses. Celui qui recherche la communauté ou le couple idéal est souvent celui qui n'a pas encore assumé sa propre vérité. Il va rêver sa fraternité ou son foyer au lieu de le construire jour après jour.

 

page 87

Une des caractéristiques du comportement de François et de ses frères est le refus de juger, de classer les hommes en bons et en mauvais. Les frontières du mal et du bien passent par le cœur de chacun. Si François opte délibérément pour les pauvres, les exclus de son époque, s'il renonce volontairement aux privilèges et aux pouvoirs des classes sociales dominantes, il reste un frère pour tous, y compris pour les riches, les bourgeois, les prélats ambitieux ou les clercs avares ou concubinaires. Nous devons nous inspirer de ce respect des personnes.

 

page 88

Devenir un frère ce sera, parfois, apprendre à vivre cette délicate situation. Aimer les opprimés, ce sera dénoncer toutes les causes de l'injustice qui les humilient et chercher avec eux les moyens d'une authentique libération digne de l'homme et du projet de Dieu. Aimer les oppresseurs, ce sera les aider à prendre conscience de l’égale dignité de tout homme.

 

page 107

Pour persévérer dans la vie de prière, il faut avoir la conviction d'être « habité » par l'Esprit qui, au cœur de l'homme, murmure, inspire, respire, intercède et adore. Et cet Esprit, je ne me le donne pas, je l'accueille, comme François, avec émerveillement. Je n'en suis pas la source, mais le lieu où il jaillit. Sans doute, l'Esprit utilise les canaux de mes désirs humains, de mes aspirations, mais ne s'y confond pas. Il passe par les frontières de ma raison, l'élan de mes sentiments, l'enveloppe de mes mots, mais il jaillit d'au-delà. Il est plus grand que mes impressions toujours fragiles et éphémères.

 

page 129

Dans la lumière de cette révélation, François désire que ses frères s'appellent les « Frères Mineurs » au service de tous les hommes et plus particulièrement des plus petits. Lui et ses frères veulent être les héritiers de ce Testament du Christ-Serviteur, les témoins de la tendresse folle de Dieu qui s'abaisse librement, volontairement afin que tout homme prenne conscience de sa grandeur de frère et de fils.

Plus un homme est humilié, méprisé, sans valeur à ses propres yeux, plus il a besoin de ce regard fraternel qui, en l'aimant, en le servant, lui révèle sa dignité. Dieu est grand quand il sert ! Dès lors, servir n'est plus une démission servile mais un acte d'amour créateur qui ennoblit l'homme. En contemplant le Christ, François découvre que l'humble service est la noblesse de l'homme. C'est quand l'homme se fait serviteur de ses frères qu'il ressemble le plus à son Créateur.

 

page 131

Le titre de frère mineur revient dans les Écrits (en particulier dans la Lettre à tout l'Ordre et dans la Lettre aux custodes) et dans les différentes biographies de François, qui l'emploie souvent avec une connotation de plus en plus forte de pauvreté et d'humilité :

Il dit une fois a son compagnon : « Je ne me croirais point frère mineur sans avoir été dans la situation que je vais te décrire. Voici qu'étant le prélat des frères, je vais au chapitre, je prêche et avertis les frères, et à la fin on dit contre moi : "Tu ne nous conviens pas, car tu es un illettré, sans éloquence, ignorant et simple."
Je suis finalement chassé avec opprobre, vilipendé par tous. Je te dis que si je n'entends pas ces paroles sans changer de visage, d'allégresse d'esprit et de propos de sainteté, je ne suis en aucune manière un frère mineur »

 

page 153

« Je conseille, j'avertis et j'exhorte mes frères dans le Seigneur Jésus-Christ : quand ils vont par le monde, qu'ils ne se disputent pas, qu'ils ne se querellent pas en paroles et qu'ils ne jugent pas les autres ; mais qu'ils soient doux, pacifiques et modestes, aimables et humbles, parlant honnêtement à tous comme il convient. » (2Reg.3, 10-11).

 

page 174

François invite ses frères à tout faire pour supprimer dans leur vie ce qui ferait obstacle à l'accueil de cet amour gratuit de Dieu qui personnalise, humanise, divinise, et transfigure l'homme. Si l'être même de Dieu est l'Amour, aimer c'est participer un peu plus à l'être même de Dieu, et donc devenir immortel. Tout amour vrai, désintéressé, me rapproche de Dieu et me rend le cœur pur. François s'est tellement plongé dans la pure lumière de l'amour de Dieu, comme dans une source vivifiante, que lui-même est devenu pur dans son regard et ses désirs.

 

page 178

« Ô admirable élévation et stupéfiante faveur ! Ô humilité sublime ! Ô humble sublimité, que le Seigneur de l'univers, Dieu et Fils de Dieu, s'humilie au point de se cacher pour notre salut sous une modique forme de pain ! Voyez, frères, l'humilité de Dieu et répandez vos cœurs devant lui ; humiliez-vous, vous aussi, pour être exaltés par lui. Ne retenez donc pour tous rien de vous, afin que vous reçoive tout entiers Celui qui se livre à vous tout entier. » (LOrd.27-29).

 

page 197

L’homme demeure un être inachevé qui ne possède pas en lui-même sa plénitude. C’est la raison pour laquelle nous devons assumer une certaine solitude, un certain manque radical qui est en fait un appel en creux d'une plénitude que Dieu seul pourra combler. François a compris et exprimé cette vérité en se voulant le « mendiant de Dieu ». François nous rappelle que recevoir est plus important que donner.


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