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Le Christ est-il un mythe ?

 

Honest to God

 

Ian Harris


Publié dans l'Otago Daily Times

 



29 août 2011

Bien sûr que le Christ est un mythe répond l’athée. Pas du tout, s’offusque le chrétien traditionnel. Et pourtant, malgré leur opposition radicale, ces deux réponses révèlent la même incompréhension de ce qu’est un mythe.

Notre histoire en est d’ailleurs responsable. Les chrétiens se sont trop empressés à prendre la Bible à la lettre comme si ses récits étaient bien supérieurs aux légendes mythiques des autres religions. Les athées trouvent des mythes partout qu’ils déclarent pas historiques, pas scientifiques et donc pas vrais.

Aujourd'hui, grâce notamment au psychologue Carl Jung et au spécialiste des mythes Joseph Campbell, on a pris conscience de la présence du mythe au cœur de la religion et même d’une religion enracinée dans l’histoire comme le christianisme.

Depuis quelques années, un énorme effort a été accompli par les biblistes dans le but de dégager le Jésus historique du monceau de dogmes, de spéculations métaphysiques, de superstitions et d’ornements de piété accumulé au cours des siècles. A la date d’aujourd’hui, ce que l’on a progressivement découvert est l’image d’un sage enseignant ses disciples à vivre comme si le royaume de Dieu était en train d’arriver. Ce travail n’est pas sans importance car sans le Jésus historique il n’y aurait pas de Christ.

Mais ce n’est pas Jésus, c’est le Christ en tant qu’ « oint de Dieu » (c’est le sens de « Christ ») qui est le mythe central du christianisme et qui transmet son message de vie.

Les Églises ont eu tendance à prendre le mythe à la lettre et à le bétonner. Mais un mythe pris à la lettre ne peut que se dissoudre. Pour que le mythe du Christ ait du sens dans notre monde sécularisé, il doit être pris pour ce qu’il est : il désigne quelque chose de vivant au cœur de l’humanité, il ouvre une perspective nouvelle à notre vision du monde, il révèle une profondeur significative de notre nature humaine et de ses potentialités.

La théologienne anglaise Karen Armstrong rappelle qu’un événement historique doit être mythologisé pour devenir une source d’inspiration religieuse.

Le docteur-théologien Albert Schweitzer a dit la même chose il y a un siècle, en décrivant le mythe comme « l’habillement historique d’idées religieuses réalisé par la puissante création de légendes ».

Les autres religions du monde ont leurs propres versions mais dans le christianisme l’habillement historique est Jésus dont la légende se focalise sur sa mort et la conviction de sa résurrection chez ses disciples. L’idée religieuse est l’annonce de la divinité dans la vie et de la vie dans la divinité. Et c’est l’imagination créatrice de Paul qui unifia l’ensemble.

Paul ne met pas l’accent sur le Jésus historique – qu’une recherche scientifique pourrait étudier – mais sur le Christ mythique connu de la seule certitude personnelle. L’homme Jésus est devenu le Christ, héro mythique éternel, mort et ressuscité dans l’inauguration d’un niveau d’existence nouveau. Ses disciples qui veulent le suivre se font baptiser pour vivre symboliquement sa mort et émerger à une vie nouvelle « en Christ ». Ils prolongent cette idée en participant régulièrement à des repas rituels où l’on fait mémoire de la mort de Jésus et où l’on s’ouvre à son influence en réaffirmant une vision d’espérance  pour la communauté et pour le monde.

Certains déplorent la spiritualité de Paul et auraient préféré qu’il se contente d’un Jésus enseignant, guérisseur, modèle de vie. Mais un mythe correctement compris est infiniment plus puissant qu’un simple modèle humain. Il est créateur au sens esthétique du terme. Il prend vie dans l’imagination. Ou alors pas du tout.

Inévitablement, étant donnée l’ambiance actuelle, le mythe du Christ s’est trouvé enveloppé de miraculeux, de magique, de surnaturel avec naturellement l’idée du péché et du salut. Mais il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi et le mythe originel peut être dégagé de tout cela.

Les traditionalistes s’efforcent de le sauver en affirmant que tous ceux vieux concepts sont toujours bons. Mais cela ne fait que hâter son déclin.

Il est plus sûr d’accepter le mythe tel qu’il était à l’origine, avec la métaphore de Paul : « le Christ demeure en vous et vous en Christ » et d’en chercher le sens pour notre temps.

 

Traduction Gilles Castelnau



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