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Le Jésus historique

présentation des données

 

Examination of the Data

 

John Dominic Crossan

 

recension du livre

« Excavating Jesus: Beneath the stones, behind the texts »

John Dominic Crossan and Jonathan L. Reid

San Francisco: Harper (2001)

 

31 juillet 2006


La première chose à faire lorsqu'on s'intéresse à « l'historicité »
des fondements du christianisme est d'étudier les données dont nous disposons, ce qui nous situe au point de rencontre de la science et de la théologie.

Les professeurs de théologie Crossan et Reid entreprennent l'étude du contexte de Jésus par l'archéologie et l'analyse des documents écrits.

 

Les données archéologiques

L'ossuaire de Caïphe. C'est une boite contenant des restes humains mise au jour en 1990 dans une tombe portant le nom de Caïphe. Cette tombe appartenait donc à la famille du grand prêtre dont le rôle dans la condamnation de Jésus est rapporté en Matthieu 26 et Jean 18.

L'inscription de Pilate. Découverte en 1962 à Césarée Maritime qui était un centre de la puissance romaine sur la côte est de la Méditerranée, cette inscription porte le nom de Ponce Pilate, et confirme qu'il était « préfet » du district de Tibériade. L'existence de cette importante figure des évangiles se trouve ainsi matériellement prouvée.

La maison de l'apôtre Pierre. Elle a été identifiée lors de fouilles. Une maison-église fut construite au 4e siècle sur la maison originale, puis au 5e siècle, une église de plan octogonal dont les ruines furent découvertes en 1908 et étudiées par des archéologues franciscains en 1968-85. L'existence de la maison de l'apôtre Pierre fut ainsi prouvée.

La barque du lac de Galilée. En 1980 une grande sécheresse qui avait entraîné une baisse considérable du niveau de l'eau a fait découvrir en partie recouverte de vase, une barque de bois de 8,50 mètres de long et 2,6 mètres de large. L'examen de pots et de lampes qui s'y trouvaient et l'analyse au carbone 14 ont montré que cette barque datait de l'époque de Jésus et était du type de celles que l'on utilisait de son temps pour pêcher et naviguer sur le lac. Crossan et Reid remarquent dans leur livre : « elle pouvait parfaitement contenir 13 personnes » (page 3).

L'homme crucifié. Une tombe du 1er siècle, creusée dans le rocher, au nord-est de Jérusalem contenait les os de deux hommes et d'un jeune enfant. Un des hommes avait été cloué sur une croix et l'os de son talon de droite était traversé par un clou de 11 cm de long. Ses jambes n'étaient pas brisées. Une inscription donnait son nom : « Yehochanan, crucifié ».

Césarée Maritime et Jérusalem. Le temple en l'honneur de César à Césarée Maritime et le Temple juif de Jérusalem magnifiquement agrandi par Hérode sont des monuments dont les fondations, bien connues des archéologues, datent du temps de Jésus.

Sepphoris et Tibériade. Ce sont des cités construites par Hérode Antipas qui régnait sur la Galilée et la Pérée - et non sur tout Israël. Tibériade ne peut être complètement fouillée en raison de son actuelle vie balnéaire très animée.

Sepphoris est aujourd'hui inhabitée. Plusieurs décennies de recherches ont mis au jour « un théâtre romain, un important aqueduc souterrain et une mosaïque dionysiaque » (page 4). Les auteurs disent qu'Hérode Antipas a imposé sur la Galilée un royaume et une architecture gréco-romaine et que cette Sepphoris semi-païenne n'était qu'à 6 km de Nazareth où Jésus a grandi.

Massada et Qumram. Massada était une forteresse sur la rive occidentale de la mer Morte qui a résisté durant quatre ans à l'assaut de l'armée romaine après la prise de Jérusalem et la destruction du Temple, en 70 ap. J.-C. à la fin de la grande guerre des Juifs contre les Romains, où 450 000 soldats juifs ont été engagés au nom du Dieu unique. Aucune autre province de l'Empire n'a opposé une résistance aussi passionnée.

La communauté monastique juive de Qumram, dominant la mer Morte sur la même rive que Massada mais un peu plus au nord était fondée sur une idéologie non-violente, très introvertie et engagée dans l'étude et la pratique d'une stricte pureté.

On connaît donc deux sites de résistance juive actifs lors de la période de rédaction des évangiles.

Jodefat et Gamla. Ce sont deux villages, situés à l'est des hauteurs du Golan, ont été détruits par les Romains en 67 ap. J.-C. Récemment découverts par des architectes israéliens, ils nous révèlent, par leurs murs de défense et les objets que l'on y a trouvés, la réalité de la vie courante du temps de Jésus.

Des récipients de pierre et des lieux d'ablutions rituelles taillés dans le rocher. Leur découverte nous fait prendre conscience des pratiques rituelles juives et de la vie religieuse courante au temps de la rédaction des évangiles.

Crossan et Reid ne soulignent pas l'importance particulière de ces dix points en eux-mêmes mais par la comparaison qu'ils permettent avec d'autres objets et le contexte qu'ils suggèrent.

Remarque de Gilles Castelnau : Les auteurs ne jugent pas authentiques ou dignes d'être mentionnées les « données » suivantes : l'escalier du palais de Pilate que Jésus aurait gravi et qui a été transféré à Rome, la couronne d'épine conservée à la Sainte-Chapelle à Paris, le saint sépulcre, le saint suaire de Turin, les morceaux de bois de la vraie croix etc.

 

Les données exégétiques

Les manuscrits de la mer Morte. Aujourd'hui bien connus, ces manuscrits ont été découverts dans 11 grottes des falaises du Khirbet Qumran. Ils révèlent la vie religieuse de la secte des esséniens. Ils datent de 200 av. J.-C. à 70 ap. J.-C. Crossan et Reid en disent qu'ils sont caractéristiques d'un style de vie particulier du monde juif du 1er siècle, à l'arrière plan du christianisme.

Les manuscrits de Nag Hammadi. 13 codex (livres reliés) comportant 45 textes ont été découverts en 1945 à Nag Hammadi en Haute Égypte, à 600 km au sud du Caire. Ils sont en langue copte et ont manifestement été traduits du grec. Ils manifestent une théologie gnostique et ascétique de diverses tendances.

Les Évangiles de Marc, Matthieu et Luc. La donnée exégétique bien connue est le parallélisme frappant des séquences des textes et de leur contenu. Depuis 200 ans que cette question est étudiée, l'explication généralement admise est que Marc a été publié le premier, puis a été copié par Matthieu et Luc.

La source Q. Matthieu et Luc présentant des passages manifestement similaires qui ne se trouvent pas dans Marc, une source correspondante est supposée. On la nomme « source Q », abréviation de l'allemand Quelle, la source.

Les évangiles synoptiques et Jean. Les biblistes ne s'accordent pas sur la question de savoir si l'Évangile de Jean est dépendant ou indépendant des trois évangiles synoptiques. Crossan et Reid considèrent la question comme « cruciale ». Ils donnent comme exemple les récits de la passion : « dépendent-ils tous de Marc seul ou Marc et Jean représentent-ils deux sources indépendantes l'une de l'autre ? » (page 9).

L'Évangile de Thomas. C'est un évangile copte, découvert au début du 20e siècle à l'ancienne Oxyrhynchus (aujourd'hui Bahnosa) à environ 200 km au sud du Caire. Il est composé presque entièrement de sentences, de paraboles ou de brefs dialogues, mais ne contient pratiquement aucun récit. Il ignore les récits de la naissance de Jésus, de la passion, de la résurrection, les miracles, ainsi que les autres espoirs terrestres mais demande, disent Crossan et Reid « un retour à l'âge d'or d'Éden dans un célibat ascétique. » (page 9). Cet évangile est probablement indépendant des évangiles canoniques mais l'unanimité n'est pas faite sur ce sujet.

Une autre source commune. On compte environ un tiers d'éléments communs à la source Q et à l'Évangile de Thomas. Étant donné que ces éléments ne figurent pas dans le même ordre et que leur rédaction est différente, il est évident qu'ils proviennent chacun d'une source commune. Ce sont au moins 37 éléments qui ont été « adoptés et adaptés par les deux évangiles pour constituer deux cadres théologiques distincts. » (page 9).

La Didaché. C'est un ensemble de règlements ecclésiastiques qui révèle donc les détails de la vie communautaire d'une ancienne communauté judéo-chrétienne remontant aux années 50 à 100. Le fait que de nombreuses paroles de Jésus figurent dans la première partie ainsi que dans la source Q pose la question de ses sources.

L'Évangile de Pierre. Papyrus du 2e siècle, d'une soixantaine de versets en langue grecque, qui fut découvert en 1887 au sud du Caire. Une partie du manuscrit se compose de plusieurs très petits fragments de papyrus, narrant le jugement, la mort, l'enterrement, la résurrection et l'apparition vraisemblablement de Jésus, en un texte dépendant des évangiles canoniques. Une question importante se pose du texte principal : est-il complet et indépendant et si oui, de quoi parle-t-il ?

Codex, abréviations. Les plus anciens textes chrétiens étaient reliés en codex, c'est-à-dire en forme de livres, d'une édition plutôt modeste, alors qu'à la même époque, les textes païens et juifs se présentaient presque toujours sous forme de rouleaux.

Une autre caractéristique des écrits chrétiens est l'utilisation d'abréviations - avec un trait tracé au-dessus du mot abrégé - pour les titres « divins » : Seigneur, Dieu, Jésus et Christ et plus tard pour une dizaine d'autres. (page 10).

 

Essai de conclusions

On peut tirer de ces éléments d'importantes conclusions dans deux directions.

Soit réduire le judaïsme de Jésus en l'éloignant du Galiléen du 1er siècle qu'il n'est plus et le regarder ainsi comme plus « chrétien » que « juif », soit au contraire souligner son rôle dans la société de son époque.

Dans le premier cas on lui attribue un statut royal et exceptionnel (page 14) ; il devient progressivement un philosophe, interprète des Écritures, érudit participant des banquets. C'est particulièrement le cas à partir de l'Évangile de Jean.
Les diverses représentations du Christ, l'architecture des églises, deviennent de plus en plus « impériales et impressionnantes. »

Les auteurs invitent le lecteur à imaginer plutôt le second cas. A supposer qu'il n'y ait ni les évangiles, ni l'Église, ni les textes de Tacite et de Josèphe, « que verrions-nous ? » demandent-ils. Ils répondent :

. De multiples éléments caractérisant un certain peuple.

. L'évidence de la domination de l'empire romain.

. Une forte rébellion contre la civilisation romaine amenant à la destruction finale.

Il en résulte :

. des règles de pureté sociale fondées sur une loi fondamentale

. des règle individuelles et sociales - suscitant des résistances - concernant le droit de propriété et l'endettement.

. l'évidence d'une continuité de la Tora juive et du Juif Jésus. La notion de Royaume de Dieu est un défi direct au Royaume de Rome.

. La vision du Royaume de Dieu représentait un véritable programme et un style de vie. La religion était inséparable de la politique et de l'économie.

Les auteurs concluent : « Seule la justice du Royaume de Dieu pouvait l'emporter sur la puissance du Royaume de Rome », qui n'était d'ailleurs pas considéré comme extraordinairement cruel ou exceptionnellement mauvais, mais représentait la normalité. Néanmoins, dans sa normalité, le Royaume de Rome avait « coûté la vie à Jésus ».

Cette conclusion seule suffit, aux yeux de Crossan et Reid pour nous proposer une vision radicale de l'Évangile.

 

 

Traduction Gilles Castelnau



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