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Don Cupitt

un christianisme athée


 

Don Cupitt and Atheist Christianity

Prophecy or Heresy?

 

James Keeley

 

 

26 juillet 2009

L’idée centrale de Cupitt est que l’Église doit se débarrasser de toute croyance au surnaturel. Qu’on le veuille ou non, il s’agit là d’une obligation si le christianisme doit survivre au 21e siècle autrement que comme une curiosité obsolète et inutile, si nous ne voulons pas ressembler à des sorciers africains chasseurs d’esprits mauvais.

Le surnaturel a progressivement disparu, depuis le 17e siècle, des différents secteurs du monde. Si la moisson est mauvaise, nous ne pensons pas que Dieu nous punit. Si nous sommes malades, nous savons que les raisons en sont médicales. Une étude psychologique nous dira que tel comportement est provoqué par un complexe. Nous n’attribuons rien de tout cela à un mécontentement de Dieu. Nos contemporains ne vivent plus dans un univers où Dieu décide si le soleil se lèvera ou non demain. Que nous acceptions de l’admettre ou non, nous vivons en fait dans un monde rationnel organisé selon des lois scientifiques.

L’Église doit donc changer sa manière de présenter les choses, ne plus parler d’un Dieu qui serait un être extérieur au monde et admettre plutôt que Dieu est une création de l’esprit humain marquée par notre histoire et notre culture, comme c’est le cas dans les autres religions.
Un tel changement est moralement impératif car notre conception de Dieu est devenue trop répressive, dominatrice, inhumaine. Nous prenons, en effet, tout le bien qui est en nous et nous le projetons sur un Dieu surnaturel. Nous disons que c’est Dieu qui est bon et que nous sommes sans valeurs et pécheurs.

Cupitt estime que l’apparition du féminisme a sonné la mort de Dieu. Le monothéisme occidental est foncièrement patriarcal. Dieu est masculin, les prêtres sont masculins, l’histoire de l’Église est une histoire d’hommes.
Le fondement de la culture occidentale dans lequel notre religion s’enracine est fait de la dichotomie homme = raison, femme = émotion. L’homme est actif et fort, la femme est passive et faible. La « religion » est en fait le « sexisme appliqué ». Nous devrions prendre les leçons du féminisme, renoncer à affirmer une vérité unique et admettre la diversité des vérités.

La religion, dit Cupitt, est un art. Les chrétiens sont des artistes, des créateurs de vérité. On abandonne l’idée d’un univers souverainement dirigé par Dieu et hiérarchisé.On a toujours créé de l’éthique : la preuve en est le développement de l’anti-racisme et du féminisme dans le monde de l’après guerre.
Il nous faut maintenant redéfinir notre vocabulaire. Dieu une fois démythologisé devient le symbole de nos valeurs. Cupitt affirme que c’est ce que l’on a toujours fait.
Il en est du christianisme comme de Shakespeare : le Marchand de Venise reçoit des interprétations différentes et n’a en tous cas pas le même sens après l’holocauste. Une interprétation définitive ne peut pas être donnée du Marchand de Venise, pas plus que du christianisme.
Voici un exemple de glissement de sens du vocabulaire. Un évangélique demanda un jour à Cupitt :
- Êtes-vous « born again », né de nouveau ?
Et Cupitt répondit :
- Certainement ! être chrétien c’est naître de nouveau : naître de la peur à l’amour, des préjugés à la compréhension, de l’égoïsme à la fraternité...

Le problème avec Cupitt est tout de même qu’il a de la peine à dépasser la question du langage. Il est fondamentalement « anti-réaliste », c’est-à-dire que l’on ne saurait prétendre que nos définitions de Dieu ou des vérités éthiques soient d’une vérité absolue, ce qui serait absurde. Notre vocabulaire ne peut saisir l’absolu éternel.
Mais les théologiens « réalistes » sont nombreux et contestent le « non-réalisme » de Cupitt ! Les religions ont sans doute évolué historiquement et culturellement, mais devons-nous vraiment en conclure que c’est nous qui avons créé Dieu ?
Il suffit peut-être de reconnaître qu’au cours du temps nous avons progressé, nous nous sommes rapprochés de Dieu, nous avons récusé des aspects qui nous paraissent aujourd’hui inacceptables ce qui nous a donné une position plus solide.

On a également reproché à Cupitt une attitude trop élitiste, une pensée incompréhensible pour ceux qui n’ont pas fait d’études universitaires. Comment expliquer à un misérable paysan du Costa Rica qui vient d’être expulsé de sa terre par une puissante multinationale qu’il n’y a pas d’ « affirmations certaines » ?

Cupitt rejette ces critiques. Son christianisme sans dogmes auquel nous collaborons tous à notre manière et construisons le Royaume de Dieu, peut sans doute apporter la libération dont tant de gens ont besoin. Mais les Églises peuvent aussi s’accrocher à leur autoritarisme patriarcal et laisser le christianisme s’enfoncer davantage encore dans une obscurité incompréhensible. Cupitt pense que l’alternative est là et que c’est à nous à y répondre.

 

 

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