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La foi création humaine
Un Dieu auquel on peut croire

 

 

Exploring and promoting religious faith as a human creation

A God to believe in

 

Jude Bullock

Annabel Miller rencontre un prêtre catholique qui dit croire en Dieu mais ne pas savoir s’il existe

 

 

21 mars 2009

Le Sunday Express a publié un vrai scoop avec l’histoire d’un prêtre catholique, le Père Jude Bullock qui scandalisait ses paroissiens en affirmant qu’il n’y a pas de Dieu « au ciel ».

Je suis allée rencontrer le Père Jude dans son presbytère - situé à Islington en banlieue nord aucœur de la théologie radicale londonienne - et j’ai compris que les choses n’étaient pas si simples. Il est membre du réseau radical « Sea of Faith » et croit que « Dieu » est une figure que nous construisons pour symboliser l’ensemble de nos aspirations humaines. Quant à la question de savoir si un être demeure réellement au-delà de l’espace et du temps, il croit que nous ne pouvons pas le savoir. Mais il n’en nie pas la possibilité.

Le Père Jude est barbu et porte une queue de cheval. Il a un portrait de Wittgenstein à son mur et une statue du Bouddha. Sa chambre sent l’encens. Il est chaleureux, souriant, détendu et enthousiaste.
« Demander s’il existe un Dieu, me dit-il, est une fausse question à laquelle je répondrais ‘non’. Mais si vous me demandez si je crois en Dieu, je répondrai ‘oui’ ».

Il m’explique la différence : « Dire qu’il existe un Dieu – quoi qu’on entende par là – désigne un être, peut-être invisible, mais à côté et en plus des autres êtres. C’est exactement ce que Dieu ne pourrait pas être. »
Le Père Jude est un disciple de Wittgenstein et il pense que le langage fait plus que nommer les choses : il organise notre conception du monde.
« Les mots ne décrivent pas la réalité, ils suscitent ce que nous voyons. Quand nous disons ‘Dieu’, nous pensons que Dieu doit forcément être ce que nous avons dans l’idée. Il ne peut pas être autre chose. ‘Dieu’ représente donc nos plus hautes aspirations. »

A la question de savoir s’il y a effectivement quelque chose derrière ce symbole, le P. Jude demeure « stoïquement silencieux » : « S’il y a quelque chose ou quelqu’un au-delà de l’expression humaine, il est par définition inconnaissable ». C’est ainsi que l’on entre dans ce que Maître Eckhart et Jean de la Croix nomment l’ « obscurité ».

Le Père Jude estime que ses vues ne sont pas non-orthodoxes. Il pourrait, me dit-il, signer sans difficulté le Credo, qu’il interpréterait sans doute à sa manière. Il récuse l’affirmation que ses paroissiens soient scandalisés – sauf un, dit-il.

Les conceptions du Père Jude ont naturellement des incidences sur sa prière et sa compréhension des sacrements.
- « Si on ne peut pas savoir s’il y a un « Dieu » personnel au ciel, lui ai-je demandé, peut-on encore penser que Dieu peut exaucer les prières ? »
– « Ses exaucements n’ont pas été tellement rapides et massifs en ce qui concerne l’Éthiopie et Auschwitz ! L’idée que, si je prie pour elle, Dieu va se précipiter pour guérir la jambe de ma grand-mère alors qu’il est resté sourd aux cris des Juifs qu’on martyrisait me semble une idée presque obscène. »  

Pour le Père Jude, le sacrifice eucharistique est un symbole dans un « drame sacré ». Il estime aussi que le concept d’âme est obsolète.

Je commençais à me demander, avec de telles idées, comment cela pouvait se passer avec ses paroissiens. Il m’a répondu qu’on traitait parfois les fidèles catholiques « comme des enfants de cinq ans » et qu’un peu de réflexion intellectuelle serait nécessaire pour combler le fossé qui se creuse entre lez théologiens et les catholiques pratiquants ordinaires.

Je lui demandai pourquoi il restait dans l’Église catholique alors qu’il n’adhérait pas à un bon nombre de ses doctrines officielles importantes, comme par exemple la transsubstantiation.
« Pour les catholiques, répondit-il, la religion est un style de vie. Les gens ne passent pas leur temps à se poser des questions métaphysiques sur Dieu. Ils prennent les choses comme elles viennent ».
Il admire l’universalité catholique, sa tradition de réflexion intellectuelle, le dynamisme de sa spiritualité et ses grandes activités : « En 1986, le pape a invité à Assise les responsables des différentes religions, c’est le genre de choses que le catholicisme est capable de faire et que j’apprécie. Il est vrai que l’Église est capable d’être rigide, autoritaire et absolument stupide mais elle peut aussi être un lieu extrêmement enrichissant. »

Le Père Jude est convaincu que l’Église a la capacité de se réformer et d’être plus ouverte aux diverses tendances. « Un des problèmes actuels est que le monde évolue si vite que les gens se tournent vers l’Église comme vers un élément de stabilité. Alors qu’elle devrait au contraire adresser au monde un appel incessant à une vie d’amour ».

 

 

 Traduction Gilles Castelnau

 

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