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Théologie radicale

Sea of Faith

 

 Un culte « non-réaliste »

 

Non realist Worship

Anne Ashworth

Poète et éditeur du journal quaker Universalist

 

 

Voir réalisme et non-réalisme

 

 

12 février 2009

L’ordre du culte que voici nous est familier :

Adoration
confession des péchés
action de grâce
prière d’intercession
prière de demande
méditation
prière de consécration
bénédiction
.

C’est bien ainsi que nous avons appris à célébrer le culte. On remarque qu’à part la méditation, toutes ces prières s’adressent à une divinité transcendante (ou à un Comité de trois personnes). Comment peut-on les dire encore aujourd’hui ? Et pourtant, puisque je m’exprime à Sea of Faith, j'ose à peine murmurer tout doucement que j’y suis attachée !
Comment reprendre tout cela de manière non-réaliste ?

 

Adoration

Commencer le culte en adorant ce qui est plus grand et plus beau que soi est certainement la meilleure manière d’aborder la spiritualité.

Dostoïevski n’avait-il pas raison d’écrire :

« La merveille est que l’idée de Dieu ait pu pénétrer la tête d’une bête aussi sauvage et vicieuse que l’homme. Une idée aussi sainte, aussi émouvante, aussi sage et qui fait un tel honneur à l’homme de l’avoir conçue. »

Élevez donc votre cœur car il s’agit ici de l’origine de l’humanité et de son inspiration.

Rilke l’exprimait bien en écrivant :

« N’était-ce pas un miracle ? Que les anges regardent car nous voic  !
O puissance, dis-leur ce dont nous avons été capables !
L’idée même de célébrer me coupe le souffle.
Et voici que nous avons élargi notre pensée jusqu’aux immenses espaces
ces espaces magnifiques, nos espaces. »

Et Schleiermacher en 1804 :

« Ce que nous célébrons n’est finalement rien d’autre que nous-mêmes »

Mais au-delà de l’humanité nous célébrons la beauté de la terre et la grandeur du cosmos.

Schleiermacher disait encore :

« Qu’est-ce que l’humanité si ce n’est le véritable esprit de la terre, la vie parvenue à la conscience d’elle-même en son existence éternelle, en son devenir toujours renouvelé ? »

Les nouveaux horizons ouverts aujourd’hui par la physique quantique, la spiritualité de la création et l’écoféminisme élargissent considérablement notre horizon et y ajoutent encore en termes d’émerveillement et de respect.

 

Confession des péchés

Le christianisme a souvent souligné de manière indue nos fautes et nos erreurs. Trop de prédicateurs chrétiens ont fait leurs choux gras de la culpabilité de leurs paroissiens (tout en prétendant naturellement qu’ils ne cherchaient qu’à les apaiser) et provoquaient en fait de considérables névroses psychologiques.
Il est tout à fait vrai qu’un sentiment de réelle culpabilité peut effectivement être apaisé par la confession.

Scott Peck disait :

« Dans la prière je contrôle ma conduite en présence de mon conseiller idéal ».

Don Cupitt le nomme « l’œil de Dieu ». Au Moyen Age on parlait de l’ « examen ». Ce que nous faisons est de nous considérer nous-même d’un œil objectif, de regretter certaines choses, de rire de nous-même, de nous comprendre et de nous pardonner nous-même. Il n’est pas besoin d’un Dieu ou d’un prêtre pour cela. Nous faisons le grand nettoyage avant de passer à la suite de notre culte.

 

Action de grâce

Certains membres de Sea of Faith ont dit que ce qui leur manquait était de pouvoir dire « merci ». C’est bien compréhensible. Certes, l’action de grâce entre dans le cadre de l’adoration dont nous avons parlé, mais elle représente peut-être une manière plus élargie de considérer la vie du monde. De nouvelles découvertes scientifiques nous ont rappelé d’anciennes traditions mystiques orientales, notamment sur l’unité de toutes choses, sur notre participation à l’énergie primordiale créatrice qui donne la vie et renouvelle. Dans cette perspective, l’action de grâce trouve une nouvelle réalité.

Jean Mambrino cite Isaac Bashevis Singer :

« le fidèle traverse la vie d’un cœur léger, savourant la vie de chaque jour, buvant l’eau fraîche des ruisseaux, une rose à la bouche, émerveillé lorsque quelqu’un le regarde et lui parle, et accordant volontiers sa bénédiction à ses contemporains innocents et blessés. Il ne fait que traverser la vie mais il découvre Dieu lorsqu’il n’a plus rien. »

 

Intercession

Traditionnellement l’adoration, la confession des péchés et l’action de grâce avaient pour but d’élever l’esprit du fidèle au-dessus de sa réalité quotidienne avant de parler à Dieu des problèmes du monde.
Mais nous qui sommes à Sea of Faith, à qui allons-nous désormais adresser nos demandes ?
Il y a quelques années, j’ai écrit un article au titre provocateur Prier est se parler à soi-même. Il s’agissait, en fait, d’un appel à prendre la prière au sérieux, dans la mesure où elle nous fait toucher à ces parties de notre psyché qui nous sont normalement cachées. On enseigne traditionnellement que nous devons répondre nous-mêmes en partie tout au moins à notre propres demandes et que nous ne devons rien demander sans être prêts à participer à leur exaucement. On disait aussi aux pasteurs de souligner que la prière d’intercession avait surtout pour but de conscientiser les paroissiens, comme, par exemple, dans le cas des prières pour la paix.

C’est ainsi que, même dans notre période la plus théiste nous savions tous inconsciemment que la prière était un discours que nous nous adressions en fait à nous-même.
Maintenant que nous en sommes conscients, qu’allons-nous faire ?
A propos de l’adoration et de l’action de grâce, j’ai déjà mentionné la vie du monde. L’intercession quant à elle nous focalise sur la vie de l’humanité.
On a l’impression qu’on peut se brancher sur une sorte de réseau d’énergie qui nous permet d’agir sur la puissance dont disposent nos prochains. On se soutient ainsi mutuellement entre amis et connaissances. Pour celui qui est l’objet d’une prière, le seul fait de savoir que quelqu’un prie – se concentre sur nous est déjà thérapeutique. Pour celui qui prie le fait de s’engager par la penser auprès de celui qui en a besoin est déjà mobilisateur.
Dans la prière de demande, qu’elle soit pour nous-même ou pour notre groupe, la formulation liturgique de la prière tendra à réduire notre tendance à l’égoïsme. Elle éveillera en nous de meilleurs sentiments et nous ouvrira davantage aux autres. Notre tendance à quémander nous apparaîtra déplacée et même honteuse et nous ouvrira au désir plus dynamique de résoudre nous-même nos problèmes et à plus de capacité de décision.

 

Méditation

C’est l’occasion pour l’assemblée d’ « écouter Dieu » au lieu de lui parler. « Écouter Dieu » pour un fidèle non-réaliste signifie faire silence (si possible) et nous efforcer d’atteindre le plus profond de nos cœurs pour écouter ce que dit la meilleure partie de nous-même.

 

Consécration

Le culte culmine enfin avec la consécration que le fidèle, purifié et tonifié, fait de lui-même à Dieu en s’ouvrant à sa volonté. Nous comprenons que nous avons à nous consacrer à l’amélioration du monde.

L’écoféministe Starhawk écrit :

« Ce que je dis est que nous prenions l’attitude que voici : choisir le monde vivant, les hommes et toutes les créatures comme représentant toute la signification et le but ultime de la vie et regarder le monde, la terre et nos vies comme sacrés. »

 

Bénédiction

La bénédiction finale, qu’elle soit prononcée par le prêtre, le pasteur ou l’assemblée tout entière, a pour but que les participants emmènent avec eux l’énergie créatrice émanant du groupe.
« La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du saint Esprit... » Laissez tomber les noms propres, conservez les noms communs : grâce, amour et communion sont précisément ce qui est généré par le groupe qui prie, simplement parce qu’il est uni dans une méditation profonde et une intention positive. C’est nous qui nous bénissons mutuellement.

Arthur Grimble disait que nous créons notre propre bénédiction en nous disant les uns aux autres :

« la bénédiction et la paix sont avec nous. Bénédiction et paix ».

 

 Traduction Gilles Castelnau

 

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