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Au-delà du christianisme

 

Les évêques de Lambeth devraient regarder...

 

Lambeth bishops need to look beyond christianity

 

Andrew Furlong

 

 5 août 2008
A en juger d'après les débats qui ont eu lieu à la conférence de Lambeth
, il semble que les évêques anglicans se figurent que le christianisme va encore exister longtemps, alors que l'on sait que bien des religions ont déjà disparu, tant il est vrai que changent les conceptions du monde, les valeurs humaines et les styles de vie.

Les peuples du néolithiques, il y a 6000 ans, en Asie et en Europe, n'imaginaient sans doute pas que leurs cultures et leurs religions disparaîtraient. Et pourtant leurs rites ne sont plus pratiqués et plus personne n'adhère à leurs croyances.

L'idée que les religions sont éphémères, que leur durée de vie est limitée ne figure jamais dans les textes sacrés. Cette remarque est même surprenante pour la plupart des fidèles dans la mesure où ils croient que leur religion a été divinement révélée, que leur peuple a été choisi par Dieu pour le représenter ou encore que Dieu est venu parmi eux vivre une vie humaine et mourir pour les péchés du monde.

Mais les théologiens libéraux considèrent que ces croyances ne sont plus acceptables aujourd'hui.

Les fidèles et les évêques doivent se poser la question : « qu'y aura-t-il après le christianisme ? », même si elle met en question leurs débats actuels sur des sujets qui ne préoccupent plus leurs contemporains.

Nombreux sont ceux qui s'occupent de sauver le christianisme ou du moins de sauvegarder les institutions qui s'identifient à lui. Dans certains cas c'est la compassion qui motive ceux qui s'efforcent de résoudre les conflits suscités par des croyances qui sont, en fait, nuisibles en elles-mêmes.

Si les chrétiens et les adhérents des autres grandes religions admettaient que leurs doctrines sont des élaborations humaines que Dieu n'a pas validées et que les religions sont donc éphémères cela modifierait considérablement les relations interreligieuses.

En même temps qu'elles sont des systèmes éthiques et plus que des témoignages d'une révélation divine, les religions sont des réponses aux grandes questions de la vie. Elles dépendent évidemment de leur contexte culturel et historique. Elles parlent d'un Dieu, d'une Réalité fondamentale qui dépasse toute description, toute connaissance. Nos images, nos symboles, nos métaphores désignent ce que nous supposons être Dieu (si Dieu existe). On en a proposé de nombreuses conceptions depuis des siècles. Certaines sont bonnes et suscitent notre adoration. D'autres sont repoussantes. Et Dieu demeure mystérieux, caché, insaisissable.

Connaîtrons-nous jamais un âge où les gens ne se définiront plus eux-mêmes par une identité religieuse : juive, islamique, chrétienne, bouddhiste, hindoue mais - qu'ils soient religieux ou non - comme des humains, citoyens d'un village global, tout simplement engagés dans une quête spirituelle, morale, politique.

Chacun pourrait bénéficier librement des Écritures des autres en disant tout simplement : « C'est donc ainsi que des gens ont pensé la justice et la vérité il y a des millénaires, c'est cela qu'ils ont cru être la volonté de leur Dieu. Mais aujourd'hui nous sommes libres de penser autrement ».

Et nous construirons alors une spiritualité « globale », universelle, sans exclusive et riche de notre diversité humaine.

Les évêques de Lambeth et de Gafcon feraient bien de réfléchir à tout ceci et de moins se préoccuper de s'exclure mutuellement !

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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