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Le Notre Père

 

 

pasteur Bruno Gaudelet

 

5 mars 2012


Esaïe 63.15-64.8

Regarde du ciel, et vois, de ta demeure sainte et glorieuse : où sont ton zèle et ta puissance ?
Le frémissement de tes entrailles et tes compassions ne se font plus sentir envers moi. 16
Tu es cependant notre père, car Abraham ne nous connaît pas, et Israël ignore qui nous sommes ;
c 'est toi, Eternel, qui es notre père, qui, dès l'éternité, t'appelles notre sauveur.
Pourquoi, ô Eternel, nous fais-tu errer loin de tes voies, et endurcis-tu notre cœur contre ta crainte ?
Reviens, pour l'amour de tes serviteurs, des tribus de ton héritage !
Ton peuple saint n'a possédé le pays que peu de temps ; nos ennemis ont foulé ton sanctuaire.
Nous sommes depuis longtemps comme un peuple que tu ne gouvernes pas, et qui n'est point appelé de ton nom...
Oh ! si tu déchirais les cieux, et si tu descendais, les montagnes s'ébranleraient devant toi, 64 1
Comme s'allume un feu de bois sec, comme s'évapore l'eau qui bouillonne ;
Tes ennemis connaîtraient ton nom, et les nations trembleraient devant toi.
Lorsque tu fis des prodiges que nous n'attendions pas, tu descendis, et les montagnes s'ébranlèrent devant toi.
Jamais on n'a appris ni entendu dire, et jamais l'œil n'a vu qu'un autre dieu que toi
fît de telles choses pour ceux qui se confient en lui.
Tu vas au-devant de celui qui pratique avec joie la justice,
d e ceux qui marchent dans tes voies et se souviennent de toi.
Mais tu as été irrité, parce que nous avons péché ; et nous en souffrons longtemps jusqu'à ce que nous soyons sauvés. Nous sommes tous comme des impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé ;
Nous sommes tous flétris comme une feuille, et nos crimes nous emportent comme le vent.
Il n'y a personne qui invoque ton nom, qui se réveille pour s'attacher à toi :
Aussi nous as-tu caché ta face, et nous laisses-tu périr par l'effet de nos crimes.
Cependant, ô Eternel, tu es notre père ; nous sommes l'argile, et c'est toi qui nous as formés,
Nous sommes tous l'ouvrage de tes mains. ne t'irrite pas à l'extrême, ô Eternel, E
et ne te souviens pas à toujours du crime ; regarde donc, nous sommes tous ton peuple.

Matthieu 6.5-15

Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.
Voici donc comment vous devez prier :

Notre Père qui es aux cieux !
Que ton nom soit sanctifié ;
que ton règne vienne ;
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; 12
pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ;
ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal
Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !

Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi ; mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

Matthieu 18.23-35

Le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il soit vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que la dette soit ainsi acquittée.
Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit :
-  Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout.
Emu de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette.
Après qu'il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l'étranglait, en disant :
-  Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant :
-  Aie patience envers moi, et je te paierai.
Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait.
Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé.
Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit :
-  Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi ?
Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait.
C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.

 


Introduction


Le Notre Père a une place particulière dans toutes les églises chrétiennes. Modèle de prière qui résume et exprime tout ce que nous ne savons pas dire, le Notre Père constitue aussi un concentré théologique d’une très grande richesse ; à commencer, d’ailleurs, par les deux premiers mots : Notre Père ! En effet, si l’invocation de Dieu comme Père était courante dans le judaïsme du second temple, il reste qu’avec Jésus la formule prend une intensité particulière. 

Pour Jésus, Dieu est en effet « Notre Père », non plus seulement en raison de son œuvre de création, mais également en vertu des sentiments filiaux qu’Il nourrit pour ses « enfants ». Cette proximité du Père, Jésus la décline dans ses paraboles ; notamment dans la parabole du fils prodigue où Dieu apparaît comme un Père bienveillant, mais également par l’emploi du terme araméen « abba » qui est un équivalent de « papa ». Il s’agit là, évidemment, d’un langage symbolique et c’est pourquoi, au contraire de Luc, Matthieu renvoie tout de suite son lecteur à la grandeur de Dieu en lui rappelant que Dieu est un Père, mais un Père « qui est dans les cieux ».


Concernant l’approche du Notre Père, il faut dire que, dès les Pères de l’Eglise, jusqu’aux réformateurs il était d’usage de répartir la prière de Jésus en 7 demandes, auxquelles s’ajoutait la doxologie, qui n’apparaît cependant pas dans toutes les versions de la Bible car elle fut introduite autour du 2e siècle après Jésus-Christ dans certains manuscrits. Cette approche est assez logique. Il me semble cependant judicieux à l’analyse, de traiter les sept demandes du Notre Père en les regroupant par thèmes. Il m’apparaît, en effet, que les trois premières demandes sont liées entre elles par un même thème et qu’il en va également de même pour les trois dernières demandes. Si cela se vérifie, il est évident que la quatrième demande, celle qui est relative au pain quotidien, devient la demande centrale du Notre Père.

Je vous propose donc de commencer notre méditation du Notre Père en parcourant d’abord les trois premières demandes. Puis d’explorer, dans un deuxième temps, les trois dernières demandes, les demandes 5 à 7. Pour enfin, dans un troisième temps, nous arrêter sur la demande centrale, celle qui est relative au pain quotidien, la 4e demande.

 

I

Les trois premières demandes

La première demande du Notre Père a trait au nom de Dieu : « Que ton nom soit sanctifié ». Que peut bien signifier cette demande ? N’est-elle pas étonnante, voire même incongrue dans sa formulation ? Le nom du Seigneur n’est-il pas saint en lui-même ? Comment, nous, pécheurs, pouvons-nous « sanctifier » le nom du Saint par excellence ? 


Bien sûr que le nom de Dieu est Saint comme Dieu est saint lui-même. Jésus n’enseigne pas ici qu’il nous revient de rendre saint le nom de Dieu qui l’est déjà, il nous invite, en revanche à sanctifier, le nom de Dieu dans nos vies. C’est-à-dire : à rechercher sa justice et sa sainteté au cœur même de notre quotidien. « Que ton nom soit sanctifié » signifie : « Donne-moi de vivre proche de toi », « Que rien de ma vie ne soit en opposition ou en contradiction avec toi ! » 


Si nous invoquons Dieu comme « Notre Père » pour vivre dans son alliance, cela implique, effectivement, que nous vivions en accord avec sa sainteté. Certes, nous sommes loin d’être parfaits et il n’est pas question pour nous de jouer aux petits saints. Mais être en alliance avec Dieu implique que nous tendions, non vers ce que Dieu réprouve, mais vers ce qu’il approuve. « Que ton NOM soit sanctifié » suppose un engagement sincère de notre part envers Dieu.

La deuxième demande du Notre Père « Que ton règne vienne » va elle aussi dans cette direction. En effet, il n’y aurait aucun sens à demander à Dieu que son règne vienne sur les autres et non sur nous-mêmes. « Que ton règne vienne », ne signifie pas en premier lieu que nous souhaitons que le règne eschatologique de Dieu remplisse la terre, mais signifie d’abord que nous avons bel et bien l’intention, nous-mêmes, que Dieu soit notre roi aujourd’hui. Il n’y a aucun sens de prier « Que ton règne vienne », si nous n’avons pas l’intention de vivre sous la Seigneurie de Dieu. Si l’on prie « Que ton règne vienne » et que l’on vive par ailleurs, au quotidien, comme si Dieu n’existait pas, on prie en vain. On récite le Notre Père, mais on ne prie pas ! « Que ton règne vienne » signifie que nous entendons soumettre nos vies, nos cœurs, nos agendas, nos priorités au règne de Dieu.

C’est pourquoi la troisième demande du Notre Père en Matthieu insiste sur l’adhésion du croyant à la volonté de Dieu. « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ne signifie nullement que Dieu est un grand manitou qui tire les ficelles de nos vies et de qui il faudrait accepter avec fatalisme les épreuves aussi bien que les bénédictions. On entend parfois dire ici où là à propos d’une catastrophe ou d’un décès probable « que la volonté de Dieu soit faite ! » Comme si nous étions des petites marionnettes dans les mains d’un Dieu terrible décidant selon sa bonne volonté de notre bien ou de notre mal. C’est ici un portrait bien éloigné du Dieu que Jésus-Christ nous présente comme étant : Notre Père céleste ! 


Plutôt que nous conduire dans un fatalisme résigné, la troisième demande du Notre Père nous invite à l’adhésion envers Dieu. Vous le savez, pour la Bible, la « foi » est avant tout un mouvement du cœur vers Dieu tandis que le « péché » constitue le mouvement inverse : le mouvement de la séparation d’avec Dieu. Ainsi ce n’est pas d’abord au pluriel que l’Ecriture parle du péché, mais c’est d’abord au singulier qu’elle en parle. Le « péché » est pour la Bible la séparation d’avec Dieu qui engendre les fautes, le mal et le malheur ! Pécher, c’est d’abord dire « non » à Dieu. « Non ! tu ne seras pas mon Dieu. Je ne suivrai pas tes critères de bien et de mal ! Je dirai moi-même ce qui est le bien et le mal. Je ferai ma propre loi. Je serai moi-même le seigneur de ma vie ». La prière de Jésus inverse ce processus. « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » signifie en effet : Seigneur tu seras mon Dieu, ta justice sera la lumière qui éclaire mon sentier, je vivrai en accord avec ce que ta Loi et ton Evangile appellent le bien, et je repousserai ce qu’ils dénoncent comme étant le mal. Nous le voyons, les trois premières demandes du Notre Père sont liées ensemble par un même thème : celui de l’adhésion à Dieu. Autrefois on parlait de « conversion », mais qu’importe le mot, le croyant est invité à vivre en regard de la sainteté de Dieu, donc à accueillir son règne et sa volonté dans sa vie quotidienne.

 

II

Les trois dernières demandes

De même que les trois premières demandes sont liées entre elles par le thème de l’adhésion à Dieu, les trois dernières demandes ressortent également d’une même thématique. Certes, nous avons l’habitude de comprendre les 3 dernières demandes du Notre Père dans un sens plutôt général. Ainsi :

1. La demande du « pardon des offenses » viserait les fautes contre Dieu ou le prochain en général.
2. La demande de « ne pas être soumis à la tentation » aurait trait à la tentation en général.
3. Et la supplication d’être « délivré du mal » concernerait également le mal en général.

Les Pères de l’Eglise et les Réformateurs ont souvent commenté ces trois demandes du « Notre Père » de cette façon. Néanmoins, j’observe que Matthieu a fait suivre immédiatement le Notre Père par un verset qui rappelle directement l’enseignement de la parabole du serviteur impitoyable insérée au chapitre 18. 14-15 : « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi, mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père céleste ne vous pardonnera pas non plus vos fautes ». Il faut s’interroger sur la présence de ce verset ici, juste après le Notre Père. Pourquoi l’auteur de Matthieu a-t-il inclus ces deux versets ici alors qu’ils n’ont aucun lien avec le texte sur le jeûne qui suit et qu’il va développer le thème du pardon entre frères au chapitre 18 ? 


Selon toute vraisemblance, parce que des dissensions au sein de la communauté matthéenne nécessitaient que soit rappelé durant la prière communautaire et individuelle, l’impératif du pardon entre les disciples du Christ.

Si nous essayons de lire les trois dernières demandes dans cette perspective, nous pouvons assurément conclure que la 5ème demande : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » vise essentiellement à établir un lien avec la parabole du serviteur impitoyable de Mt 18 selon laquelle le pardon de Dieu peut être remis en cause s’il n’est pas lui-même mis en pratique par ceux qui en bénéficient.

Du coup, « ne nous emporte pas dans la tentation » ou « ne nous laisse pas emporter par la tentation » correspond en Matthieu 6, non à la tentation en général, mais peut-être davantage à la tentation de ne pas pardonner au frère, à l’exemple du serviteur impitoyable de Matthieu 18 ; voire à la tentation de reprendre son pardon, comme cela nous arrive quelquefois. Or, comme le souligne la parabole du serviteur impitoyable, ne pas pardonner, ne pas remettre la dette, ou même la reprendre, équivaut pour Matthieu à retourner au mal de la rancune, de l’hostilité, de la haine et donc à rompre de nouveau avec Dieu ; ce qui engendre le mal.

La supplication « Délivre-nous du mal » devient dès lors la demande des croyants qui réclament la grâce de surmonter leurs dissentiments ou la rancœur, toujours susceptibles d’engendrer du mal. Ce n’est pas pour rien que Jésus conseille à Pierre au début du récit de la parabole du serviteur impitoyable, de pardonner, non pas 7 fois par jour à son frère, mais 70 fois sept fois. C’est-à-dire 490 fois par jour, soit 1 fois toutes les 2 minutes et 56 secondes.

Reliées au thème du pardon dans la logique de la parabole du serviteur impitoyable, les trois dernières demandes du « Notre Père », prennent en Matthieu un sens beaucoup plus précis et beaucoup plus concret qu’en Luc. Cela ne signifie pas qu’on ne puisse pas les lire dans un sens plus général, mais cela souligne que l’église de Matthieu devait connaître de fortes tensions entre ses fidèles et qu’il était nécessaire d’appeler les uns et les autres à vivre de la grâce de Dieu ! 


 

III

La demande centrale

Si les trois premières demandes du Notre Père sont liées au thème de l’adhésion à Dieu, et les trois dernières demandes au thème du pardon, la demande du pain quotidien se dévoile comme la demande centrale du Notre Père. A la suite de bien des Pères de l’Eglise, les Réformateurs considéraient que la demande du pain quotidien recouvrait de fait tous les besoins matériels nécessaires pour la vie ici bas. Martin Luther explique ainsi que la demande du pain quotidien comprend, non seulement la nourriture de chaque jour, mais également : le travail, la santé, le pouvoir politique, la paix civile, et même la vie domestique… Car explique Luther : « c’est une grande grâce que d’avoir une femme et des enfants paisibles, et des serviteurs honnêtes ». Jean Calvin est d’accord avec cette interprétation et considère que la demande du pain quotidien est une confession de foi en l’amour et la providence de Dieu.

Assurément, c’est bien ainsi que nous comprenons nous-mêmes le plus souvent la 4ème demande. Cependant, il est bibliquement nécessaire d’aller un peu plus loin. En effet, Jésus rappelle en Matthieu 4 que : « l’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Et l’Evangile selon Jean présente Jésus et son message comme le pain de vie de nos âmes. 


Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que, de même que notre corps a besoin de nourriture pour avoir la vie, de même notre âme a besoin du Christ et de son Evangile pour avoir la vie spirituelle.

Si nous ne nourrissions notre corps qu’une seule fois par semaine, ou seulement de temps en temps, la vie de notre corps crierait bientôt famine. De même, notre âme dépérit si elle n’est nourrie qu’une fois par semaine, le dimanche, ou de temps en temps. « Donne-nous notre pain quotidien » signifie que nous sommes conscients de la nécessité de nourrir notre âme, comme nous nourrissons notre corps, c’est-à-dire tous les jours.

Certes, ce n’est pas tous les jours dimanche et nous ne sommes pas tous les jours assemblés pour recevoir la Parole prêchée et signifiée dans les sacrements. En revanche, la prière et la lecture de la Bible nous sont accessibles chaque jour ; or, c’est par leurs moyens que le pain de vie nous est quotidiennement donné par l’Esprit qui rend présent le Christ à notre esprit.

La demande du pain quotidien apparaît donc comme doublement centrale. 1) Elle est, centrale non seulement par sa place dans le Notre Père. 2) Mais elle est encore centrale, par son sens spirituel, car ce n’est pas du pain du corps dont il est question seulement, mais également du pain de l’âme, le Christ et son Evangile.

 

Conclusion

A bien y regarder, le plan du Notre Père est comparable au plan du Décalogue, mais comporte un plus. Le Décalogue se présente en deux tablettes :
1) l’une concernant notre relation avec Dieu,
2) l’autre notre relation avec nos prochains. De même, les trois premières demandes du Notre Père intéressent notre relation avec Dieu par le thème de l’adhésion. Tandis que par le thème du pardon, les trois dernières demandes du Notre Père visent les relations entre prochains. Ainsi, le sommaire de la loi proclamé par Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toutes tes forces et de toute ta pensée et ton prochain comme toi-même », pourrait tout à fait s’appliquer au Notre Père. Cela dit, le Notre Père comporte un plus. Il a l’avantage de souligner en son centre ce que la Loi ne donnait pas : le Christ et son Evangile.

Plus qu’un modèle de prière, le Notre Père dit un projet de vie, le projet dans lequel est impliqué tout chrétien. Une vie tournée vers l’adhésion à Dieu et la pratique de la grâce, avec en son centre le Christ et son Evangile, nourriture pour nos âmes affamées de Dieu.

Tel est le projet de vie que nous propose l’Evangile, la Bonne Nouvelle du Christ !


Tel est le projet qui est au cœur de la pastorale que j’ai à cœur d’exercer parmi vous. Que Dieu en soit le Souverain guide et qu’il nous fasse grandir ensemble dans son amour et selon sa grâce. 


Amen !


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