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Le respect de la vie

christianisme et bouddhisme

Reverence for life

Schweitzer's Spin on Christianity and Buddhism

 

Albert Schweitzer

 

Peter Butcher

 

membre de Sea of Faith, Canberra, Australie

 

26 juillet 2007
Lorsqu'on abandonne la foi de son enfance
, on se trouve dans un vide spirituel, ignorant que l'on pourrait puiser dans d'autres spiritualités, parfois bien différentes du christianisme. Personnellement, sous l'influence d'Allan Watts qui avait abandonné l'Église épiscopalienne, j'ai été heureux de développer une libre pensée taoïstico-bouddhiste.

Cette nouvelle école de pensée me convenait bien, malgré ce qui me semblait une tendance à un pedu trop de passivité, un trop faible engagement éthique et une acceptation de rites trop superstitieux.

Il est vrai que le nouveau mouvement du Bouddhisme Engagé luttait effectivement contre l'esprit de passivité et l'enseignement du bouddhisme primitif indifférent aux croyances cosmologiques brahmanes et qui promouvait une voie pragmatique ne laissait guère de place aux pratiques superstitieuses, surtout dans la forme américanisée (Californienne sans doute), que je découvrais.

L'ouverture à la pensée orientale m'a permis de découvrir d'autres forces religieuses, y compris justement un christianisme libéral non dogmatique.

 

Albert Schweitzer

Don Cupitt a dit que la religion de demain pourrait être un christiano-bouddhisme. Cela me plait et je trouve justement cette idée dans la pensée d'Albert Schweitzer, bien qu'il ne la présente pas en tant que telle.

Comme Don Cupitt le dit dans son livre After God: The Future Of Religion, Schweitzer est, aujourd'hui, sous-estimé et mal compris. Peut-être est-ce dû à l'aspect radical de sa théologie ou au fait qu'en Afrique, il se trouvait en marge des courants théologiques. A la fin de sa vie, Schweitzer s'est dit enchanté que l'on rapproche ses idées de la « pensée hindoue ». Je pense, en tous cas, que celles-ci pourraient être de première importance dans la quête de nos contemporains et je vais les résumer en quelques mots.

 

Une passion pour la vie

La pensée de Schweitzer est fondée sur le respect de la vie sous toutes ses formes. Elle se fonde sur l'universelle volonté de vivre que l'on constate partout. Schweitzer remarque que le respect de la vie aboutit chez l'homme sur le plan éthique en une volonté d'aimer ; il ne croit pas en un être divin qui serait extérieur au monde et gardien de la morale (Les membres de Sea of Faith ne manqueront pas d'approuver !).

Schweitzer était profondément chrétien ; son inspiration était puisée dans la personne de Jésus et dans la tradition chrétienne. Mais il se distanciait d'une pensée prétendant voir en l'homme l'image de Dieu, le « Maître de la Nature » et qui prétendrait le monde divinement conçu et organisé.

L'homme, dit Schweitzer, est « un être » en relation avec les « autres êtres » (en relation plus ouverte donc que, par exemple, Descartes [1596-1650] avec son « je pense, donc je suis »). Il ne donnait, néanmoins, aucun sens mystique à cette notion de l' « être » comme le font les gnostiques avec leur culte un peu abstrait de l'Unité holistique éternelle.

Pour lui, l' « être » ne se rencontre et ne se respecte que dans les formes de vie qu'il incarne, depuis la bactérie, les plantes, les animaux jusqu'à l'homme. C'est ainsi que la formule « respect de la vie » est plus qu'un simple slogan ; elle constitue le centre de sa pensée et de son éthique, un peu comme lorsque Jésus résumait son ministère en disant : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

Schweitzer ne conçoit pas de contact direct avec Dieu ni d'élan mystique. Pour lui, la seule relation spirituelle envisageable s'effectue par une action morale positive avec le monde et sa vision du monde est tout naturellement optimiste.

Il regrette que les religions « indiennes » (il y inclut le bouddhisme) aient une attitude foncièrement négatives à l'égard du monde. Il reconnaît qu'à l'origine il en était de même pour le christianisme qui n'attendait que la fin du monde et l'arrivée du Royaume de Dieu. Mais il constate que par la suite, en s'institutionnalisant et en mettant en place des structures sociales, le christianisme s'est donné une vision plus positive à l'égard du monde et de sa culture.

Schweitzer nous incite à prendre sincèrement conscience de notre relation au monde dans nos pensées et nos actions et de les rendre positives sans nous préoccuper particulièrement de la qualité de notre foi ou de la conception que nous avons de Dieu. Ce qui est important à ses yeux est la qualité de notre « respect de la vie », c'est-à-dire que nous soyons dépréoccupés de nous-mêmes, « libres » à l'égard du monde que nous y puisions notre richesse spirituelle. Il nous encourage de plus à reconnaître le même désir-de-vivre partout autour de nous, chez nos compagnons les autres hommes, dans toutes les créatures et dans les plantes.

Il ne s'agit donc pas de développer un élan mystique mais d'approfondir une « éthique mystique ». Établir un contact avec la vie d'un autre être, qu'il soit relation d'amour ou simple fraternité, nous fait toucher à l'esprit du monde - que Schweitzer identifie à l'esprit de Dieu.

Une telle éthique peut sembler impraticable : Comment vivre sans attenter à la vie qui nous entoure ? Par exemple, comment se nourrir sans provoquer la mort d'animaux ou de plantes ?

La réponse à cette question est que, pour Schweitzer, l'éthique du respect de la vie n'est pas absolue et radicale à la manière du « tu ne feras pas... » des Dix Commandements. C'est une éthique relativiste. Il est permis de tuer s'il s'agit de promouvoir la vie humaine ou une autre forme de vie. C'est à nous, individuellement et collectivement, de peser le pour et le contre et de prendre nos responsabilités.

Le respect de la vie vise à préserver la vie physique et en même temps à satisfaire les besoins vitaux et la qualité de vie des animaux et des hommes. Il consiste à aider un vieil homme à traverser la rue, à soutenir financièrement les associations caritatives, à s'opposer à l'élevage des poules en batterie...

La philosophie de Schweitzer est bouddhiste dans la mesure où elle appelle à un « éveil » initial de l'esprit de la vie en nous et à un détachement du monde.

Le respect de la vie auquel Schweitzer nous invite, élargit l'exigence de compassion à toutes les créatures vivantes. Il a donc une dimension cosmique qui le rapproche de la pensée bouddhiste (qu'il dépasse même, Schweitzer s'efforçant même de respecter la vie des plantes).

De plus, comme le bouddhisme, la philosophie de Schweitzer contourne la question de Dieu dans la mesure où elle ignore toute autorité spirituelle surnaturelle.

En conclusion, nous pouvons dire que, sans en avoir l'intention, Schweitzer a effectivement créé une philosophie religieuse qui associe la tradition religieuse occidentale à la pensée orientale.

Cette philosophie évite la mythologie du christianisme tout en préservant son esprit et sa tradition. Elle possède une solide base éthique fondée sur une vie spirituelle engagée concrètement, ce qui n'est pas toujours le cas des systèmes laïcs. Elle a la force de la tradition bouddhiste qui s'enracine dans la méditation et la connaissance de soi et de la signification cosmique de la vie humaine ainsi que dans la compassion pour tous les êtres.

 

Traduction Gilles Castelnau

 


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