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Le Brexit peut inquiéter

le Royaume Uni



Très Rev. Michael Sadgrove

doyen émérite de Durham

 


Article publié dans l'hebdomadaire anglican Church Times


traduction Gilles Castelnau

 

Le discours de Mme May sur la sortie de l’Union Européenne
comporte de nobles idéaux mais soulève de graves préoccupation

 

30 janvier 2017

Le projet de Brexit que la Première ministre a présenté la semaine dernière a paru convaincant, large d’esprit et positif. On ne peut pas accuser Theresa May de manquer de vision. Elle posait la bonne question : quel pays voulons-nous constituer ?
Sa réponse était pleine de nobles sentiments : « Une nation plus forte, plus juste, plus unie, plus intelligente ; sûre, prospère, tolérante, attirant les talents du monde entier, foyer pour les novateurs et pionniers du monde qui vient. »
Personne ne s’opposera à cette volonté. Nous voulons tous le meilleur pour notre pays.

Mais en quoi tout ceci exige-t-il le Brexit ? La difficulté surgit dès la 4e phrase : « le peuple britannique a voté pour quitter l’UE et s’attacher au monde. »
Mais cela n’a jamais été dit durant la campagne pour le Brexit. On se souvient plutôt d’attaques sur l’immigration et le cri populiste : « Rendez-nous notre pays ! » Il est difficile de dire que le Brexit est international !

Mme May veut que la Grande Bretagne soit « une grande nation commerçante respectée dans le monde entier. » Ces mots résument sans doute la nostalgie de son ambition profonde qui s’enracine dans le souvenir de l’ère victorienne où l’Angleterre était une puissance impériale mondiale vivant de la richesse de ses colonies.

Mais une conception post-coloniale - pour ne pas dire chrétienne – devrait nous suggérer qu’une telle rhétorique ne convient plus au 21e siècle et qu’une expression plus modeste nous aiderait davantage à nous faire les amis dont nous allons avoir besoin dans les prochaines années.

Mme May reconnaît d’ailleurs qu’en plus de s’attacher au vaste monde, le Royaume Uni doit être « le meilleur ami et meilleur voisin de nos partenaires européens. » Très bien. Mais n’était-ce pas déjà le cas lorsque la Grande Bretagne était dans l’UE ?

D’un point de vue chrétien, la véritable grandeur d’un peuple ne se trouve pas dans sa propre auto-affirmation mais dans l’image que ses actions donnent de lui. Les pères fondateurs du projet européen se sont fondés sur l’idée d’une collaboration des nations en un partenariat juste et paisible voué au bien commun. Il s’agissait de donner autant que de recevoir, de servir autant que d’être servi. En résumé d’aimer son prochain.

L’historien Nicholas Boyle a montré que c’est la perte de son empire colonial qui explique en partie l’attitude ambiguë de la Grande Bretagne à l’égard de l’UE. Il pense que le Royaume Uni et notamment l’Angleterre s’était tellement habitué à son attitude hégémonique que la situation « ordinaire » actuelle qui est la nôtre actuellement et que nous n’avions jamais connue dans le passé,nous paraît tout à fait impensable. Il n’est donc pas du tout étonnant que la Grande Bretagne ait encore l'idée d'exiger pour elle-même une « position spéciale » dans le cadre de l’UE.
Si la Grande Bretagne post-impériale s’était contentée de jouer un rôle plus modeste dans les affaires du monde, nous aurions été des européens plus convaincus.

Mais en réalité la rhétorique du Brexit a été guidée par des sentiments égoïstes, avec, entre autres la phrase préférée du Premier ministre David Cameron : « Qu’est-ce qui est le mieux pour la Grande Bretagne ? » et c'est aussi ce que dit Mme May.

Peut-être une telle attitude est-elle inévitable avec la priorité qui est donnée au commerce, à l’économie, à l’immigration et la sécurité. Je ne dis pas que Mme May ignore les droits de l’homme, la justice sociale, la réconciliation, la paix sociale et l’environnement mais je pense qu’une réponse chrétienne à son discours sur le Brexit doit être de demander pourquoi ces question ne sont pas sa priorité.

Pour beaucoup de financiers et d’hommes d’affaires, la principale pierre d’achoppement dans le discours de la Première ministre est sa décision de quitter le Marché commun. Ils ont raison de s’inquiéter des conséquences isolationnistes que ce Brexit dur va provoquer, car ce n’était pas ce qu’avaient prévu ses principaux partisans durant la campagne.

Ce n’est d'ailleurs pas le seul point que 48 % des opposants au Brexit qualifient de « faute » et qui provoquent notre inquiétude.

La question que pose la religion n’est pas tant la valeur d’une décision que celle de son intégrité. Et c'est celle qui va se poser au Parlement lorsqu’il délibérera du Brexit.

La Cour suprême a décidé mardi que le Parlement devrait donner son consentement pour que le gouvernement lance l’article 50 qui déclencherait le Brexit. Mme May a dit que ce seraient les décisions négociées avec l’UE qui lui seraient présentées. Mais des sources gouvernementales ont prévenu que même si le Parlement s'y opposait, le Brexit serait néanmoins mis en œuvre. Etant donnée l’importance que les partisans du Brexit ont donnée à la souveraineté du Parlement durant la campagne, on peut se demander comment fonctionne notre démocratie !

Mme May a encore dit dans son discours : « Ce n’est qu’en nous rassemblant en une grande union de nations et de peuples que nous pourrons utiliser pour le mieux les opportunités qui sont devant nous. »
Pour les partisans de l’UE c’est précisément un argument en faveur du maintien du Royaume Uni dans l’Union Européenne

Ce n’est pas la première fois que l’argumentation de Mme May s’oppose complètement à la direction qu’elle indique. Cette phrase, me semble-t-il, révèle que « le roi est nu ! »

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