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Le Dieu de Trump

n’est pas le mien !


Olivier Brès


Article publié dans l'hebdomadaire protestant Réforme
26 janvier 2017

 

28 janvier 2017

Pour le pasteur Olivier Brès,
le discours d’investiture de Donald Trump
comporte des détournements théologiques et spirituels

 

Le Dieu de Trump n’est vraiment pas mon Dieu ! Ou plutôt le Dieu de Trump n’est pas le Dieu de la Bible sur laquelle il a prêté serment.

Je ne veux pas être péremptoire comme lui, je ne veux pas parler au nom de Dieu, mais je ne peux pas m’empêcher d’affirmer cette conviction.

J’ai écouté le discours d’investiture du 45e président des États-Unis d’Amérique. D’abord j’ai été frappé par l’expression du visage, du menton, du poing levé, du doigt tendu, par cette posture de mâle dominant, cette absence de recul, de distance avec soi-même. Pour quelqu’un comme moi dont la vie d’adulte a été baignée des reportages sur la montée des fascismes, il y avait une telle proximité avec les gesticulations de Mussolini que cela rajoute à l’inquiétude déjà grande.

Maintenant, ce sont ces deux phrases qui m’ont marqué : « N’ayez crainte, nous sommes protégés et nous serons toujours protégés par les hommes et les femmes extraordinaires de notre armée et de nos forces de sécurité. Et, surtout, nous serons protégés par Dieu. » Elles comportent, je crois, une série d’erreurs et de détournements théologiques et spirituels.


« N’ayez crainte »
Il y a le « N’ayez crainte ». Il ressemble au « N’ayez pas peur » de Jean-Paul II de 1978. Est-ce une référence volontaire du presbytérien (hélas pour nous) au pape ? En tout cas, ce qui suit chez Jean-Paul II, c’est : « N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ. À sa puissance salvatrice, ouvrez les frontières des États, des systèmes politiques et économiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation et du développement. »

Cela n’a aucun rapport avec « America first ! », au contraire !

Dans la Bible, il paraît qu’il y aurait 365 fois une expression équivalente à ce « n’ayez crainte ». J’avoue ne pas les avoir toutes vérifiées.

Une très connue, où Jésus rassure ses disciples, c’est quand il vient vers eux sur les eaux lors de la tempête apaisée (Mt 14,27 et parallèles).

Ce n’est pas une réponse à une demande de protection, c’est une réponse à une crainte révérencielle de se trouver devant Dieu, et peut-être devant la tâche que Dieu nous propose. Ce dont nous devrions avoir peur, c’est de ne pas être à la hauteur de ce que Dieu attend de nous, de ce qu’il met devant nous comme tâche à accomplir à sa suite. Rien à voir avec les affirmations que « tout va changer à partir d’aujourd’hui, à partir de maintenant que je suis président ! ».

Voilà qui vient aussi percuter la prétention de pouvoir assurer une véritable protection aux humains par le biais des forces militaires et de sécurité. Elles sont utiles certes, et il n’est pas question de nier leur rôle. Mais la Bible affirme que le rôle principal pour obtenir la tranquillité et la sécurité, c’est celui de la justice : « Le fruit de la justice sera la paix. L’effet de la justice, ce sera la tranquillité et la sécurité à tout jamais. » (Esaïe 32,17).

Je n’ai pas retrouvé cette idée chez Trump et son premier décret présidentiel a été de s’attaquer au système de santé pour les plus pauvres. Piètre idée de la justice !

Le parapluie de Dieu
« Et surtout nous serons protégés par Dieu. » Pas une marque de doute. Ce n’est pas non plus une prière ou une demande… c’est une affirmation péremptoire. Le parapluie de Dieu est réservé aux États-Unis d’Amérique. Une protection spéciale leur est garantie au nom de leur « destinée manifeste ».

On savait la propension de nos amis américains à récupérer Dieu, à penser que celui-ci les avait particulièrement choisis pour réaliser de grandes choses à la face du monde, pour être un exemple. Maintenant il les protégerait des autres, pour qu’ils puissent mener leur vie à l’écart des autres. Quel progrès !

Que Dieu nous protège de Donald Trump.

 

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