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du protestantisme français


 

pasteur Michel Jas

Uzès


 

5 janvier 2017

Au début des années 80 le barthisme régnait en seul maitre chez les pasteurs réformés. Ils se ressemblaient tous : non fondamentalistes, ecclésiocentriques, œcuméniques, engagés politiquement à gauche, ils prêchaient la sécularisation. A cette époque les orthodoxes calvinistes ou evangelicals se comptaient sur les doigts de la main et les libéraux ressemblaient à des démodés du XIXe siècle. D’ailleurs les barthiens qui misaient beaucoup sur la fin des orientations théologiques du passé disaient que les libéraux étaient des piétistes et démodés comme les évangéliques !

Vint les effets du renouveau charismatique dans l’ambiance recherchée par nos églises (liturgies plus décontractées, « jeunisme » recherché, bises etc... « venez, c’est sympa ! ») et le dynamisme des églises de type « frères larges » qui se créèrent un peu partout.

L’orientation barthienne fut mise en difficulté par les désillusions de la gauche politique (chute du communisme à l’Est, échecs réels ou fantasmés du mitterrandisme) et le succès d’un certain protestantisme identitaire autour du Musée du Désert (les barthiens n’aimaient ni les références aux passé huguenot ni les Cévennes) et le retour de la robe pastorale.

Du côté de la pensée protestante, deux professeurs de l’Institut Protestant de Théologie (I.P.T.) : André Gounelle, qui répondit aux théologies de la sécularisation christocentriques (théologies post-barthiennes de la mort de Dieu) par le nouveau théocentrique de la Process Théologie (modérément apologétique), et Laurent Gagnebin, par un existentialisme critique quant au fond mais conservateur quant à la forme, reconstituèrent une certaine crédibilité à l’orientation libérale.

Une troisième tendance, dans les années 85-90, ni evangelical ni libérale, pris la place du barthisme. Elle fut impulsée par Jean Ansaldi, collègue d’André Gounelle à Montpellier et ancien pasteur à Uzès. Très influencé par le « Luther » d’Ebeling, Jean Ansaldi prétendait retrouver une voie vers l’orthodoxie protestante christocentrique et paulinienne sans tomber dans le fondamentalisme. L’originalité d’Ansaldi était de trouver comme point d’accroche à sa théologie non une théologie naturelle ou symbolo-fidéiste (apologétique qu’il laissait aux libéraux) mais un dialogue avec les « sciences humaines » : pour lui le freudisme lacanien. Il exerçait d’ailleurs comme psychanalyste. Toute une génération pastorale en France se fit néo-luthérienne avec une valorisation hypercritique post-bultmanienne, théologie de la crise, du paradoxe, de la folie de la croix, de la surprise, de la Parole non-concordiste et anti-essentialiste (comme dans le premier barthisme) et aussi théologie du lâcher-prise (comme dans toutes les thérapies psy) et de la finitude (comme dans les anciennes théologies de la mort de Dieu). Beaucoup de ces étudiants en théologie, puis pasteurs (s’ils n’abandonnaient pas après leur proposanat), cherchaient à continuer par des doctorat en théologie ou psychanalyse cette formation et plusieurs souhaitaient le professorat !

Entre temps, l’assise sociologique du protestantisme historique allait s’affaiblissant. Le vieux terroir protestant de l’Ariège au Poitou, des Cévennes au Dauphiné s’est vidé de ses derniers huguenots pratiquants. Les facultés de théologies se sont à nouveau vidées de leurs étudiants, les caisses de l’Eglise, aussi, de leurs fonds de roulement financiers ! Les demandes religieuses d’après 2000 se font de plus en plus diversifiées, bizarres, critiques et décalées. Plusieurs pastorales du midi ont été consacrées à ces étrangetés !

Les evangelicals des grandes villes sont en progression : surtout les églises ethniques (3 Eglises protestantes africaines, 3 malgaches, une coréenne et une chinoise à Montpellier). Le libéralisme a progressé aussi avec la bonne tenue de la revue Evangile et Liberté, les relatifs succès des groupes locaux « Ev & Lib » et la réussite grandissante des journées annuelles à la Grande Motte. Pendant tout le ministère du regretté Raphael Picon comme professeur de l’IPT, les libéraux concurrençaient les « ansaldiens » ou « post-ansaldiens ».

Peut être que les orientations sont en train de changer aujourd’hui.

Depuis le vote du synode national concernant la bénédiction des couples de même sexe (Sète 2015), le courant « ansaldien » ou « post-ansaldien » semble en effet s’être fracturé : certains ont rejoint les evangelicals : « les Attestants » qui essayent de reconstituer un protestantisme orthodoxe réactionnaire proche de la Manif pour tous catholique, d’autres se rapprochent du courant libéral mais de façon plus critique que piétiste.

Que Dieu nous soit en aide.

La foi est un « avec » et un « malgré » !



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