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« Spiritualité » ou « religion »


 

Inner Faith or Interfaith?



Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ, Californie
doyen associé du Bureau de la vie religieuse
université de Californie du sud

 

traduction Gilles Castelnau


 

3 janvier 2017

J’ai demandé à un groupe de 25 étudiants de l’Université de Caroline du Sud – qui me semblent tout à fait représentatifs de l’ensemble des étudiants – combien d’entre eux se disaient « religieux ». 16 d’entre eux ont levé la main.
J’ai alors demandé qui se disait « spirituel ». Plusieurs de ceux qui s’étaient déclarés « religieux » dirent alors que s’ils avaient ce choix, ils préféraient se dire « spirituels ». Finalement 17 se dirent « spirituels » et non « religieux ». 6 étaient « religieux » et 2 n’étaient ni « religieux » ni « spirituels ».
Ce bref sondage m’interroge au niveau du dialogue interreligieux. Que signifie-t-il pour les gens qui n’ont pas d’affiliation « religieuse » particulière ?

SMNR (spirituel mais non religieux) représente une catégorie de la population qui, en Amérique, gagne du terrain. Selon l’institut de sondage Pew Research, 23 % des jeunes entre 18 et 29 ans n’ont aucune affiliation religieuse, chiffre qui est en nette augmentation par rapport aux dernières décennies et qui semble devoir augmenter encore dans l’avenir.
Mais à en juger d’après le grand nombre d’ouvrages de « spiritualité » dans les librairies et la vitalité des sites web, ces questions sont très loin d’avoir perdu leur intérêt pour nos contemporains.

J’ai parlé avec de nombreux étudiants dans mon ministère actuel et lorsque j’étais aumônier œcuménique à l’Université de Stanford et j’ai constaté l’importance qu’avait la dimension spirituelle dans leur vie et pour leur conception du monde. Ils avaient ce que j’appellerai des expériences religieuses, bien qu’ils n’utilisent pas ce langage. Ils attachaient une grande importance aux religions du monde. Ils étaient pluralistes et ne comprenaient pas qu’une religion puisse prétendre avoir la vérité unique et absolue.
Les étudiants aujourd’hui connaissent trop de gens sincères, sympathiques de trop de religions différentes pour continuer à avoir une attitude exclusive.

Le contact avec les religions du monde se rencontre désormais partout en Amérique. Des mosquées et des temples hindous apparaissent même dans la « Bible belt » du Sud.
Les gens SMNR se rattachent parfois nominalement à telle ou telle religion, mais sont incertains quant à leur véritable appartenance : ils sont catholiques, mais... ils sont évangéliques, mais... ils sont musulmans, mais... ils sont juifs, mais...
D’ailleurs l’appartenance à une religion ne résiste pas toujours à la durée. On « entre facilement », on « sort facilement ». Les gens se sentent libres de décider pour eux-mêmes.

Un récent sondage du Pew Center révèle un considérable accroissement dans les dernières décennies de gens qui déclarent avoir eu des expériences mystiques ou paranormales. Dieu leur parlait directement. De nombreux évangéliques, croient, par exemple à la réincarnation ou à l’astrologie et disent que les autres religions sont aussi bonnes pour leurs fidèles que le christianisme évangélique l’est pour eux, ce qui ne correspond en rien à l’enseignement de leurs pasteurs.

Le marché religieux auquel puisent les gens SMNR est considérable : les étagères des librairies regorgent d’ouvrages sur le new-age et les diverses techniques de méditation. Les gens vont le week-end à une méga-église évangélique et les autres jours regardent à la télévision des émissions spirituelles hétérodoxes.

Les statistiques du Pew Center montrent que les gens changent de plus en plus de religion tout au cours de leur vie de même qu’ils changent aussi de situations professionnelles. Ceci vaut, d’ailleurs, également pour les non-religieux : nombre de ceux qui se déclarent un temps sans religion le deviennent au cours de leur vie. Et nombre de ceux qui se sont convertis à une église ou à un temple, y renonceront après un certain temps.
Tout ceci indique que la religion est devenue quelque chose qu’on crée plus ou moins pour soi-même, et non plus quelque chose dont on dépendait.
Même ceux qui appartiennent encore à une communauté religieuse lui sont moins attachés que naguère. La preuve en est l’apparition dans les sondages du choix récurrent : « chrétien sans dénomination ».

A l’Université, lorsque des étudiants viennent à notre aumônerie, je leur demande leur appartenance religieuse. Ils me répondent souvent : « chrétien ».
Je leur demande :
« Quelle sorte de chrétien ? »
Ils répondent :
« Simplement chrétien »,

Ils sont extrêmement intéressés – même ceux qui se déclarent athées le sont ! - par les questions spirituelles mais ne se sentent liés à aucune religion particulière.
Mon ministère d’aumônier d’étudiants ne va pas se trouver à cours de tâches : retraites, conférences, groupes de réflexion, manifestations exceptionnelles sont les manières avec lesquelles les gens expriment et approfondissent leurs besoins spirituels.

Alors que devient maintenant le dialogue interreligieux quand tant de gens ne font que monologuer sur leur propre spiritualité tout en essayant des traditions religieuses variées.

A l’Université de Caroline du Sud je réunis un groupe hebdomadaire interreligieux, autour d’un repas végétarien. La participation varie entre 15 et 30 ; certains sont très réguliers, d’autres vont et viennent. Certains sont fidèlement engagés dans leur commuant religieuse, d’autres pratiquent plutôt ce que l’on peut appeler une « interspiritualité ».

Je constate que les SMNR (spirituels mais non religieux) écoutent avec beaucoup d’intérêt leurs camarades qui sont engagés dans une communauté religieuse. Et réciproquement ceux-ci sont curieux et ouverts à ce que disent ceux-là.
Je pense que de tels groupes représentent pour de plus en plus de gens la seule forme acceptable de réflexion religieuse.
Je pose donc la question que voici :

Nous qui sommes pratiquants dans les religions traditionnelles, serons-nous prêts à inclure des dialogues de « spiritualité » dans nos rencontres « interreligieuses » ?


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