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Qu'est-ce que

le christianisme libéral ?

 

What Is Progressive Christianity?

 

Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ (United Church of Christ)
à l’Université de Californie du Sud

 

 

Note de G.C.
Je traduis l’anglais « progressive » par « libéral » à cause de l’emploi courant de ce mot dans le protestantisme français. Le mot « moderniste » était employé dans la théologie catholique du temps de Renan et Loisy. Après son interdiction par le Vatican, il est tombé en désuétude

 

6 septembre 2009

Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n'a pas regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes et ayant paru comme un simple homme,  Philippiens 2.5-7

Le christianisme libéral est un mouvement qui veut promouvoir une foi modeste chez des croyants modestes.
Dieu est toujours au-delà de toute compréhension, quelle que soit notre connaissance du divin. Celui à qui on demandait comment le buisson ardent pouvait brûler, a répondu « Je Suis », ce qui nous laisse sans voix. « Je Suis » nous appelle à interroger, à approfondir, à mettre en doute toute affirmation péremptoire au sujet du Divin. Le mysticisme, rencontre directe de l’homme avec Dieu, nous fascine.

C’est montrer une théologie prétentieuse que d’écrire sur le pare-choc de sa voiture, comme cela se fait en Amérique : « Dieu l’a dit, je le crois et voilà ». Des théologiens et des politiciens déclarent que Dieu est de leur côté, quel que soit d’ailleurs, leur côté.
Certains s’engagent dans une supériorité spirituelle, révélant à tous leur orgueil. D’autres disent qu’ils ne peuvent rien au fait que leur religion soit la seule vraie. Ils sont bien obligés à cette affirmation qui viole pourtant le sens commun et insulte les fidèles des autres religions.

Comment la religion de Jésus qui était si humble, si démuni de ses propres richesses, a-t-elle pu devenir si fière, si pleine d’elle-même ?
Le christianisme libéral s’efforce de se démunir lui-même toujours davantage de l'idée d’être un religion meilleure que les autres. D’autres chemins spirituels ou profanes peuvent, aux yeux d’autres gens, conduire au divin aussi bien que le nôtre qui nous semble, d'ailleurs, excellent.
Une religion humble ne se focalise pas sur ses propres constructions mais sur son ouverture. Les chrétiens libéraux s’efforcent d’ouvrir leurs portes et leurs fenêtres aux inspirations venant de l’extérieur.
Les chrétiens libéraux veulent suivre l’humble chemin qui mène à aimer non seulement les voisins, non seulement les étrangers, mais aussi les ennemis. La théologie de l’humilité est concrétisée par la phrase de Jésus « le plus grand parmi vous sera votre serviteur ». Il est difficile d’être fidèle en mettant sa confiance en un mystère, quand les questions sont plus importantes que les réponses. Ce n’est pas un choix facile de décider de devenir serviteur. Il est vrai que la foi n’est pas censée être facile.

Quel est le test de la foi chrétienne ? Est-ce d’accepter de lire les récits de la Bible comme littéralement et historiquement véridiques ? L’énorme succès de l’industrie du jeu prouve que les gens croient facilement à l’incroyable. Il est vrai qu’il n’y a rien de mal à prendre les récits de miracles de Jésus pour des faits historiques et les choses improbables peuvent parfois se produire. Mais pourquoi faudrait-il qu’une telle crédulité soit la condition d’admission à la foi chrétienne ?
Et si le véritable test était d’aimer ceux que personne ne peut aimer ? Ce serait nettement plus important que de simplement croire à des récits fantastiques. Je manque quotidiennement de cet amour inconditionnel mais la foi me rattrape, m’époussette et m’inspire un nouvel élan de compassion envers ceux qui m’ennuient ou me tracassent.
Dans le christianisme libéral la foi est exigeante. L’évangile nous y apprend à nous vider nous-même de nos orgueilleuses affirmations concernant la vérité absolue et à plutôt chercher à contribuer au bien commun de l’humanité.

Dan, un membres de mon église, est atteint d’une grave maladie. Quand je suis allé le voir à l’hôpital, il m’a accueilli avec un grand sourire :
« Jim, m’a-t-il dit, c’est un vrai décathlon que je cours et je suis bien décidé à le courir jusqu’au bout ».
Il a le courage de lire des livres intéressants durant ses interminables heures de dialyse. Il est porté par sa foi et il encourage son entourage. Il a une foi brute : Ce n’est pas qu’il adhère à des credo, c’est qu’il est fidèle à la vie.
Je pense que Jésus aussi avait une foi brute. Il ne la construisait pas sur une délicate structure de dogmes ou sur une croyance en l’historicité de certains événements. Sa foi était une relation confiante avec Dieu qui l’amenait à aimer et à servir courageusement.

Le christianisme libéral prend la Bible au sérieux justement parce qu’il ne la prend pas à la lettre. La foi de Jésus ne dépend pas de savoir si la résurrection était un fait historique ou non. L’histoire de la résurrection de Jésus est un mythe puissant pour rénover notre vie. Il m’inspire, entre en résonance avec ma foi et d’autant plus que je n’ai pas à le comprendre comme un fait historique.

Où y a-t-il plus de vérité, dans la première page du journal qui rapporte des faits ou dans les récits des évangiles qui sont surtout faits de mythes et de poésie ? Je suis convaincu qu’on trouve plus de vérité dans les évangiles que dans le journal.
Les mythes des évangiles disent que quels que soient les horribles événements rapportés par les journaux, quels que soient  les horribles croix que portent quotidiennement nos contemporains, la vie vaut vraiment la peine d’être vécue et l’amour vaut vraiment d‘être partagé. Les mythes des évangiles donnent la vie. Les faits sont importants, mais il y a une vérité qui est plus importante encore. Le christianisme libéral, comme on le dit parfois, tient d’une main le journal et la Bible de l’autre main.

Le christianisme libéral a monté une très grande tente : il y a beaucoup de place pour ceux qui lisent les évangiles comme des récits historiques. Mais il y a aussi beaucoup de croyants qui ne croient pas que Jésus est corporellement ressuscité des morts et dont la foi s’affermit dans la mesure où elle s’est libérée des contraintes et des obligations improbables.
La foi brute est toujours la plus forte. C’est elle qui a rendu Jésus capable d’affronter l’effrayante vision de la croix. C’est aussi elle qui a rendu Dan capable de conserver le sourire dans son centre de dialyse.
« Nous marchons par la foi et non par la vue » disait Paul (2 Corinthiens 5.7). La foi chrétienne est une approche positive de la vie, une volonté d’aimer et de servir, même lorsque c’est sans espoir. C’est le genre de foi qui demeure même si les anges ne descendent pas du ciel pour nous tirer d’affaire et qui nous rend capable de courir un vrai décathlon, qu’il soit médical, spirituel ou financier.

 

Traduction Gilles Castelnau

 



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