Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion




Pâques, et après ?


Paul et l’espérance chrétienne

 


Simon Butticaz

professeur de Nouveau Testament
Facuilté de théologie protestante de Lausanne



Éd. Cabédita

96 pages - 14, 50 €


recension Gilles Castelnau

26 décembre 2016

Le professeur Simon Butticaz n’a pas peur de nous faire faire nous-mêmes de la théologie. Il nous demande d’ouvrir devant nous notre Nouveau Testament aux pages des épitres de Paul et de lire intelligemment.
Ce ne sont pas des arguties abstraites que nous découvrons alors sous sa direction mais les préoccupations réelles de notre existence actuelle.

Comme il l‘écrit dans la foulée page 45 :

« Nul ne l’ignore : quelques pendentifs mis à part, la foi ne se porte pas comme un badge ni le baptême comme un tatouage. Partant, si l’humain est sauvé au nom de sa seule appartenance au Christ, cette bonne nouvelle a-t-elle une quelconque visibilité extérieure ou relève-t-elle de la seul intimité ? La foi déborde-t-elle sur la place publique ou se claquemure-t-elle dans la sphère privée ? »

Simon Butticaz pense que faire de la théologie avec Paul est à la portée de tous ceux qui veulent bien y consacrer un peu de temps et que, pénétrer dans la pensée de Paul éclaire notre présent et notre avenir d’une espérance tonique.

En voici quelques passages.


page 14

Le temps de l’espérance

Le monde est en travail

[...]
Comprenons bien la lecture de l'histoire que fait Paul. Si le compte à rebours est lancé, si le Christ ressuscité est le premier né d'une humanité nouvelle (1 Co 15, 2O-22), pourtant le temps du monde résiste encore. Deux réalités coexistent dans l'aujourd'hui de la foi : en surface, - ou en apparence -, « la figure de ce monde » (1 Co 7,31) ; elle est appelée à passer. En profondeur - ou en vérité -, la « création nouvelle » ; elle est appelée à se révéler et à durer pour l'éternité.
[...]

Découvrir Dieu dans le corps d’un pendu

[...]
Que le Dieu d'Israël se solidarise d'un cadavre pendu au bois, parabole d'une humanité dépouillée de toute qualité - à qui même la vie a été ravie - fait en Paul (cf. Gal 1,16 : en moi ») l'effet d'une illumination. Un électrochoc vital.

[...]
A cet instant clé, l'apôtre voit (cf. 1 Co 9,1). Comme les apocalypticiens de son temps, il découvre ce qui est encore masqué aux yeux de l'humanité, voilé dans l'ordre du monde. A travers la vision du Nazaréen, Paul discerne une réalité inédite, qui excède radicalement l'horizon terrestre : en Jésus, c'est le Fils élevé à la seigneurie sur le créé qu'il découvre (1 Co 9,1 : « N'ai-je pas vu Jésus, notre Seigneur ? » ; cf. Ph 2,9-11). Ce n'est plus seulement le Galiléen, l'exorciste et le prédicateur du Royaume, dont Paul a l'apparition, mais le « dernier Adam », prémices d'une humanité glorieuse, épiphanie d'une nouvelle création (cf. 1 Co 15,21-22). Bref, c'est l'au-delà de l'histoire qui luit déjà derrière les cimes du monde.


Une création multicolore

[...]
En même temps qu'il découvre Dieu sous le visage inqualifiable du Crucifié, Paul reconnaît que les païens, ces pécheurs notoires (Ga 2,15), sont, eux, aussi, icônes de Dieu. Etre aimé du Très-Haut ne dépend ni de l'ascendance ni de la prestation : en Christ, une nouvelle image de l'humanité émerge, celle de flls, de filles acceptés quand bien même ils se sentent inacceptables. Nous y reviendrons en détail plus loin.

 

page 33

Sauvés en espérance

Embrigadés au service de Dieu

[...]
Examinons avec soin les différents modes verbaux qui, sous le stylet de Paul, servent à en décrire la dynamique. Chez lui, le salut est toujours à l'indicatif: c'est le mode de l'action réelle et certaine. « Vous n'êtes pas sous la loi, mais sous la grâce » (6,14). Mais à cet indicatif s'attache aussitôt un impératif, qu'on peut qualifier d'éthique ; en Romains 6, cet impératif éthique est même double : « que le péché ne règne pas dans votre corps mortel [...] et ne mettez pas vos membres au service du péché comme armes de l'injustice » (6,12-13). L’allemand possède une jolie expression pour traduire ce programme de la vie nouvelle : au Gabe - au don de Dieu – doit répondre un Auf-gabe - une tâche. Bref, si le croyant est désormais affranchi du besoin de se justifier, sa vie doit impérativement changer : c'est au service de la justice, non plus la sienne, mais celle d'autrui, qu'il doit se mobiliser.

 

page 59

Vivre l’espérance au cœur du monde

Un amour sans frontières

[...]
En conclusion : si Paul n'est pas un antiesclavagiste avant l'heure, il mesure toutefois déjà le formidable pouvoir de l'amour. Bien au-delà des chapelles chrétiennes ! Simplement, fruit de la confiance au Christ et de l'action de son Esprit, cette éthique pour tous ne se laisse pas codifier dans un règlement ou coucher dans un programme politique : elle est à inventer sans cesse, face à chaque situation nouvelle. Enfant de la liberté, l'amour ne se prescrit pas ; chacune, chacun se doit d'en répondre au quotidien et d'en imaginer les formes concrètes. Aujourd'hui comme hier.


page 70

L’espérance de la création

Semé corruptible, ressuscité incorruptible

[...]
On le voit, dans ce chapitre 15 de la première aux Corinthiens, Paul greffe la doctrine du salut sur la théologie de la création : l'univers tout entier, marqué du sceau de la mort depuis le premier Adam, doit être mené à son achèvement ou à sa récapitulation, comme aimait à l'exprimer Irénée de Lyon, Père de l'Eglise du IIe siècle. En clair : la création tout entière est mise sous intrigue, une intrigue de salut que Paul décrit en termes d'affranchissement (Rm 8,21) ou d'enfantement (Rm 8,22). Mais attention au malentendu : Dieu ne vient pas nous sauver du monde, mais sauver le monde. Ainsi comprise, la promesse de résurrection, loin de dévaluer la réalité présente en plébiscitant un dégoût du réel ou une mystique de la désincarnation, en manifeste toute la dignité. Et surtout, la revendication éthique : devant le Créateur, le croyant est autant responsable de son corps que du corps de la planète. Car la création est tout entière « le théâtre de la gloire de Dieu », pour reprendre une expression chère à Calvin.

 

page 87

Paul, théologien de l’espérance

Paul de Tarse est sans conteste un théologien de l'Avent ; de ce Dieu qui est venu, qui vient et qui viendra. Et c'est précisément cela la spécificité et la force de l'espérance chrétienne selon l'apôtre : elle n'est pas futur simple ; elle est l'à-venir de Dieu conjugué à tous les temps. A commencer par le passé. Car c'est à Pâques, dans le mystère du Crucifié relevé de la mort, qu'a lui l'aube d'une création nouvelle. L’espérance, chez Paul, c'est donc premièrement la confiance tenace aux promesses pascales : l'accueil de l'homme sans qualités par le Dieu du Golgotha.

Mais la foi est aussi espérance au présent. car elle ne peut s'accommoder des structures de pouvoir et des rapports de force qui défigurent la vie humaine. Au temps de l’apôtre, les premières communautés chrétiennes sont ainsi devenues des paraboles du Royaume, rassemblant autour de la Cène un arc-en-ciel d'hommes et de femmes, d'esclaves et de citoyens libres, de Grecs et de juifs. Et cela, malgré les clivages qui compartimentaient et cloisonnaient le monde antique. C'est pourquoi aussi, dans ses lettres, Paul le répète sans se lasser : l'amour pour tous et la solidarité avec la création ne sont pas en appendice de la foi ; c'est le foyer où doit se manifester la nouveauté de vie promise au baptême.


Retour vers "libres opinions"

Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

v it libérs du sacré

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.