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Oh, si tu déchirais le ciel

et si tu descendais !

 

Esaïe 63.15 – 64.3

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

7 décembre 2016

Esaïe 63.15 – 64.3
Du haut du ciel,  de ta demeure sainte, du séjour de ta gloire,  regarde et vois !
Car tu es notre père : Abraham ne nous connaît pas, et Israël non plus  ne nous reconnaît pas.
Mais toi, ô Eternel,  toi, tu es notre père, et ton nom est depuis des temps anciens : « Notre  Libérateur ».
Pourquoi, ô Eternel, pourquoi nous fais-tu donc errer  loin des voies que tu as prescrites ?
Pourquoi rends-tu  notre cœur obstiné  au point que nous n’ayons  plus de respect pour toi ?
Reviens, pour l’amour de tes serviteurs et des tribus qui t’appartiennent.
Ton peuple saint a possédé  le pays pour bien peu de temps ; os ennemis ont piétiné  ton sanctuaire.
Nous sommes depuis bien longtemps comme des gens  sur qui tu ne régnerais pas,
qui ne porteraient pas ton nom.
Oh, si tu descendais du ciel ! Oh, si tu déchirais le ciel et si tu descendais !
Devant toi, les montagnes  seraient bien ébranlées !
Comme le feu  consume les taillis et fait bouillonner l’eau, ainsi tu ferais connaître ton nom  à tous tes adversaires, et toutes les nations  trembleraient devant toi.
Si tu accomplissais  des actes redoutables que nous n’attendons pas,
oui, si tu descendais, devant toi, les montagnes  seraient bien ébranlées.
Jamais on n’a appris,  ni jamais entendu, jamais un œil n’a vu qu’un autre Dieu que toi ait agi en faveur  de qui comptait sur lui.

 

C’est un appel au secours que le prophète fait monter vers Dieu ! C’est un cri de désespoir adressé au Dieu des cieux !
Si tu descendais, si tu venais voir ce qui se passe sur la terre, si tu voyais la détresse de ton peuple, si tu entendais les gémissements de tes enfants...
Si tu voyais notre vie, si tu voyais mon malheur, ma solitude, mon angoisse !
Le prophète a devant lui un peuple désemparé, découragé par des années d’exil et de guerres, un peuple qui a perdu ses repères, un peuple qui essaie tant bien que mal de reconstruire les murs de Jérusalem dans un climat de révolte et de tension entre les différents groupes et tribus qui reviennent habiter la terre d’Israël.
Le prophète a dans sa tête des images contrastées : d’un côté, la grandeur passée d’un Israël fort, uni et puissant, l’Israël de David et de Salomon, et d’un autre côté, la déchéance, la ruine, l’exil et la honte de l’Israël actuel, livré en pâture à l’Egypte et à Babylone.
Esaïe ne comprend pas ; il prend Dieu à témoin :
Que sont donc devenus  ton amour passionné  et ta puissance ?
Ton cœur s’est-il donc retenu  de frémir de tendresse, de compassion pour moi ?

Pourquoi, Seigneur, t’es-tu détourné de nous, pourquoi t’es-tu désintéressé de notre sort ?
« Pourquoi nous fais-tu donc errer ? »
Voilà les questions que pose Esaïe. Voilà certainement aussi nos questions. Car nous aussi, à des dizaines de siècles de distance d’Esaïe, nous sommes parfois désemparés, désorientés, découragés face aux nombreux maux de notre monde, face aux malheurs de nos proches, face aux souffrances de notre propre vie.
Nous aussi, nous aimerions dire : « Oui, descends de ton piédestal, descend de ton trône de gloire et viens un peu voir ce qui se passe vraiment sur la terre et dans notre vie ! »
Nous non plus, nous ne comprenons pas le silence de Dieu face à la souffrance et au mal qui semble régner dans le monde.
Oh, combien nous aimerions que Dieu intervienne, qu’il soulage, qu’il guérisse, qu’il arrête les guerres et les maladies… Où est son amour, où est sa puissance ?
Le prophète Esaïe, lui aussi, attend une intervention de Dieu. Mais ses motivations, au regard d’aujourd’hui, me semblent discutables. Ce que le prophète souhaite et attend, c’est que Dieu intervienne de façon glorieuse et puissante ; ce qu’Esaïe espère, c’est que les nations ennemies tremblent d’effroi devant Dieu, sous-entendu que les nations tremblent d’effroi devant Israël, sous-entendu encore qu’Israël retrouve sa grandeur et sa puissance économique et politique d’autrefois...

Oh, si tu descendais du ciel ! Oh, si tu déchirais le ciel et si tu descendais !
Devant toi, les montagnes  seraient bien ébranlées !

La prière du prophète est très belle, elle est très forte, elle touche le peuple en plein cœur, elle ravive les souvenirs et les grandes histoires du passé, elle fait jaillir l’espérance, l’espérance d’un Libérateur, l’espérance du Messie. Cette espérance messianique va se loger profondément et pour longtemps dans le cœur des Israélites.

Alors quand les plus folles rumeurs commencent à circuler au sujet de ce jeune rabbin nommé Jésus, l’espérance messianique retrouve soudain une nouvelle vigueur. Très vite, les anciens espoirs vont se cristalliser autour de cet homme qui opère des miracles, qui guérit des malades, qui chasse les démons, qui a autorité sur les éléments de la nature : n’est-il pas vrai que d’une seule parole, il a calmé la tempête qui menaçait d’engloutir sa barque ? N’a-t-il pas nourri une grande foule avec seulement quelques pains et quelques truites ? Il n’y a aucun doute, Dieu est avec lui, Dieu lui donne sa puissance, Dieu nous envoie le Libérateur, le Messie est à notre porte !

Enfin, Dieu a déchiré les cieux, enfin, il descend de sa demeure sainte, il vient nous sauver, il vient nous délivrer, il vient instaurer son règne ! Et nos ennemis fuiront, ils trembleront devant le Seigneur des armées, ils plieront les genoux devant Jésus, ils reconnaitront la majesté et la grandeur d’Israël.

D’une certaine façon, il est bien vrai, qu’avec la venue de Jésus, c’est comme si le ciel s’ouvrait, c’est comme si le cœur de Dieu s’ouvrait enfin aux cris et à la souffrance des hommes. Mais très rapidement, le peuple d’Israël et ses chefs religieux vont connaître une cruelle désillusion, une terrible déception. Car le règne de Dieu ne viendra pas de façon spectaculaire, avec trompette et cavalerie céleste, les Romains ne vont pas être chassés, ils ne plieront pas les genoux devant celui dont on croyait qu’il deviendrait le roi d’Israël...

Oui, le règne viendra, mais ce ne sera pas par la puissance des armes ; la puissance du Christ, c’est la puissance du cœur, la puissance de l’amour, la force du pardon et de la compassion.

Oui, les nations reconnaitront la grandeur de Jésus, mais pas au travers de la force et de la violence : au premier soir de Noël, à travers les rois mages, les nations seront humblement présentes, conduis par l’étoile, attirés par la lumière qui émane du Christ naissant.

Oui, les hommes viendront adorer Jésus, mais ce ne sont pas les riches et les puissants qui se déplaceront, ce sont d’humbles bergers qui s’approcheront avec crainte de la crèche, ils entoureront un simple charpentier et une simple jeune femme inconnue et pauvre.

Oui, il y aura des choses qui seront ébranlées, mais ce ne seront pas les montagnes ; ce que Jésus et l’Évangile vont ébranler, ce seront les mentalités, les mentalités figées et fermées, les mentalités des préjugés et des condamnations hâtives, ce qui sera ébranlé, ce seront les barrières raciales, sociales et religieuses, toutes ces barrières qui séparent les hommes et qui sont sources de divisions et de violences.

Voilà comment Dieu va déchirer les cieux, voilà comment il va changer le cœur des hommes, voilà comment il va nous accompagner dans nos questions et nos détresses, voilà, comment, en Jésus, Dieu s’approche de nous. Voilà comment, en Jésus, Dieu vient nous sauver, nous sauver de nous-mêmes, nous sauver de nos préjugés, de nos égoïsmes, voila comment, en Jésus, il vient nous libérer de nos craintes. Voila comment, en Jésus, Dieu vient donner un sens à notre vie.
« Ah, si tu déchirais ciel  et si tu descendais ! »

En Jésus, Dieu est descendu de son piédestal, il est venu habiter parmi les hommes, il vient aujourd’hui faire sa demeure dans notre cœur...

Amen !


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