Un christianisme
progressiste
sans apologétique
Progressive Christian
Unapologetics
Jim Burklo
pasteur de
l’Église Unie du Christ, Californie
doyen associé du Bureau de la vie religieuse
université de Californie du sud
traduction
Gilles Castelnau
30 novembre 2016
Lorsqu’il s’agit de parler
de doctrine, nous qui sommes chrétiens
progressistes, nous ne faisons aucun
panégyrique. Nous ne croyons pas aux vieux
dogmes qui viennent entraver la bonté,
l’inclusion, la science et le sens commun. Dès
lors il n’y a rien d’étonnant à ce que peu
d’entre nous soient capables de l'aplogétique de
notre foi comme la pratiquent les
fondamentalistes chrétiens qui mémorisent pour
cela des dizaines de réponses toutes faites aux
objections qu’on fait à leur doctrine.
J’ai rencontré récemment avec une étudiante qui
était bouleversée de sentir qu’elle ne pouvait
plus adhérer à la doctrine qui courait dans sa
communauté évangélique. Elle était
particulièrement déstabilisée par
l’interprétation que l’on y faisait des récits
bibliques de la création. Elle critiquait à
juste titre l’affirmation doctrinale qu’il
s’agissait là de la Parole littérale d’un Dieu
surnaturel.
Elle prenait conscience du fait que tout
l’édifice de la théologie évangélique est fondé
sur l’idée de l’autorité absolue de la Bible en
tant qu’expression véritable et définitive de la
volonté de Dieu. Mais si la Bible a été écrite
par des hommes avec leurs propres points de vue
et les opinions qu’ils voulaient défendre plutôt
que par des inspirations directes du Vieil Homme
dans le Ciel, les atouts disparaissent du
château de cartes évangélique.
Elle posait des questions précises et je lui
donnais des réponses précises. Au bout de trois
quarts d’heure elle a dû partir pour assister à
un cours. J’ai alors pris conscience que j’avais
bien répondu à ses questions mais que je ne lui
en avais pas moi-même posé une qui aurait
pourtant été au moins aussi importante :
pourquoi s’attache-t-elle tellement à ses doutes
et à ses incertitudes ? Quel est le sens de
son questionnement ? Aurait-elle peur que
si elle mourait maintenant elle irait en
enfer ? C’est, en effet, ce que disent de
nombreux évangéliques en ce qui concerne le
manque de foi.
Le christianisme progressistes sans
apolofgétique manifeste tout d’abord une
profonde compassion pour ceux qui ont été
mortellement terrorisés par la damnation
éternelle, comme cette étudiante, s'ils
n’acceptaient pas les doctrines
fondamentalistes.
Nous ne voulons pas polémiquer mais nous
proposons une position différente à trois
niveaux :
Poteaux indicateurs
progressistes
• L’amour est notre Dieu, la bonté notre
religion
• Nous gardons la foi, nous rejetons les
dogmes
• Nos œuvres sont nos credo
• L’histoire de Jésus est un mythe vrai
• Nous prenons la Bible au sérieux mais pas
littéralement
• Les questions sot plus importantes que les
réponses
• Notre chemin vers Dieu est bon. Les autres
aussi.
• Stationnez ici votre auto mais pas votre
intelligence
• Dieu est plus grand que notre religion
• Dieu évolue, notre foi aussi
• Nous célébrons les mariages de même sexe
Discours ascenseurs
• En une fraternité d’amour nous suivons
la foi chrétienne dans sa tradition
historique. Nous l’interprétons et nous la
pratiquons à la lumière du progrès social et
scientifique.
• Nous adorons Dieu, qui est l’amour et nous
suivons la route de la compassion radicale que
Jésus nous a montrée.
• Nous vivons de la présence divine avec
toute notre intelligence
• Nous croyons qu’il y a plus de valeur dans
un questionnement intelligent que dans les
réponses les plus convaincantes.
• La Bible nous propose un langage magnifique
pour exprimer notre vie spirituelle : ses
mythes et sa poésie nous inspirent.
• Nous pensons que les autres religions
peuvent être aussi bonnes pour les autres que
la nôtre l’est pour nous. Nous voulons
apprendre des autres.
• Notre vocation est de préserver notre terre
comme un lieu céleste de paix, de justice, de
bonté, d’inclusion et de beauté.
Livres à lire
Des ouvrages comme ceux que nous écrivons.
A un moment de la
conversation alors que je montrais à
cette étudiante l’aspect mythologique de
l’histoire de Moïse, elle m’a demandé :
- Et les plaies d’Égypte ? Vous ne
croyez pas que l’eau du Nil est devenue du
sang ?
Je lui ai répondu :
- Non. Mais c’est néanmoins un passage
important du mythe de l’Exode.
Elle m’a alors cité un réponse apologétique de
son manuel évangélique :
« Il s’agissait peut-être d’algues qui
donnaient à l’eau cette couleur rouge. »
- Dans ce cas l’eau du Nil n’était pas du sang
et il n’y avait pas de miracle. Il s’agissait
alors d’un phénomène naturel qui n’exigeait
aucune intervention surnaturelle.
Il est vrai qu’une certaine apologétique
évangélique se borne à expliquer les récits de
miracles de la Bible de cette manière simpliste.
Le christianisme progressiste invite à se
libérer l’esprit d’une telle gymnastique. Il y a
une autre manière de comprendre et de vivre la
foi. Elle consiste à utiliser toute l’énergie
inutilement dépensée à justifier l’inconcevable
pour aimer notre prochain, ce qui est autrement
difficile et important et même aimer
radicalement nos ennemis comme Jésus l’a fait.
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