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Le grand Dieu masculin

(qui n'existe pas)

 

 

The Great (False) God, Masculinity

 

Robert G. Hewitt

 Prêtre de l'Église épiscopalienne
de Colorado Springs, Colorado, États-Unis

 

1er octobre 2007
Le monde est fondamentalement divisé
entre les tenants d'une société démocratique et ceux d'une société patriarcale. A la question : « Quelle liberté et quelle autorité accorder aux femmes ? », les Talibans, par exemple, répondent : « Aucune ! ».
La « démocratie » américaine a considérablement adouci son attitude depuis ses Pères fondateurs mais elle répondrait néanmoins : « un peu, mais pas beaucoup ».

Dans les groupes religieux patriarcaux comme les catholiques, les fondamentalistes protestants, les mormons, et les islamistes, les femmes se voient refuser nombre de libertés que leur accorde pourtant la constitution des États-Unis. Et depuis que Bush est parvenu à la présidence, ces groupes se sentent encouragés à demander que la constitution réduise encore les quelques libertés que les femmes ont réussi à obtenir.

Il en est de même dans la Communion anglicane et dans les Églises épiscopalienne où des extrémistes patriarcaux luttent pour un retour à des relations purement patriarcales. Ils ont été exaspérés par l'ordination des femmes et ils sont entrés en convulsion lorsqu'il a été question d'ordonner des homosexuels. Ils ont réussi, me semble-t-il, à introduire le faux dieu « Masculinité » dans le culte de l'Église.

Voici, me semble-t-il ce que l'on peut dire :

- Dieu est Dieu, « tout à fait autre et parfaitement un ». En l'absence d'un pronom qui serait réservé à Dieu, on peut utiliser le pronom masculin mais il est clair qu'il est tout à fait inapproprié et ne doit pas être compris comme désignant un genre ou un sexe. Dire « Lui » en parlant de Dieu est tout simplement hérétique et malheureusement les enfants prennent ce mot à la lettre. Dans le vocabulaire de la Trinité, les termes de « Père » et de « Fils » ne désignent pas le sexe d'une personne mais sa relation aux autres. L'ignorance de ceci écarte effectivement quantités de gens d'une relation vraie avec Dieu.

- Dieu n'est pas masculin ; il n'a pas de partenaire du sexe opposé. La « masculinité » vécue dans une idéologie patriarcale, fait croire que l'on a le droit de dominer les femmes.

- Dieu n'est pas féminin. Certes nous connaissons des statues de pierre de déesses préhistoriques mettant en valeur la capacité des femmes de faire des enfants. Plus tard, dans la société patriarcale, les hommes ont pris conscience qu'ils étaient les pères des enfants que les femmes portaient et ils s'en sont attribué l'honneur.

- Hommes et femmes sont également créés à l'image de Dieu. Regarder une femme est voir une image de Dieu. Regarder un homme est pareillement voir une image de Dieu. Dieu n'est pas mieux représenté par un sexe que par un autre. Mais aucun des deux sexes ne représente parfaitement Dieu car Dieu ne se représente pas lui-même - ou elle-même - parfaitement à l'humanité.

Pour nous résumer, je dirai que Dieu est Dieu et que le « masculiniser » comme le font les sociétés patriarcales en fait un faux dieu. Le « féminiser », nous l'avons dit, revient au également à la seule gloire des hommes.

Les responsables d'idéologies patriarcales ont toujours les meilleures intentions du monde mais sont aussi les plus dangereux du monde. Ils incluent des gens comme l'évêque de Rome ou James Dobson. Ils sont plus attachés à la « Masculinité » qu'à Jésus-Christ lui-même. Je ne veux pas manquer de respect à ces messieurs mais seulement m'exprimer clairement. Le culte de l'idole de la « Masculinité » est toujours vivant, notamment parmi les chrétiens et d'ailleurs dans la plupart des religions du monde.

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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