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Les Européens de l’Est disent

que nous sommes sans Dieu


How Eastern Europeans see « godless Britain »

 

Jonathan Luxmoore

 

Church Times
hebdomadaire de l'Église d'Angleterre
du 2 septembre 2016

traduction Gilles Castelnau

12 septembre 2016

Les chrétiens polonais et russes disent que le Royaume Uni est décadent et immoral.

Les Britanniques sont-ils encore religieux ? c’est une question à laquelle je suis souvent confronté lorsque je me déplace, comme journaliste, en Europe de l’Est. Ma réponse est « oui, mais nous exprimons nos sentiments avec retenue. »

Il faut reconnaître que ceci ne convainc pas mes interlocuteurs : ce qu’ils entendent par « religieux » est de fréquenter régulièrement les offices des églises et d’en être des paroissiens fidèles. Mais vu ainsi, on dirait que les Britanniques ont depuis longtemps tourné le dos à Dieu.

Dire que les riches sociétés occidentales sont sans Dieu et immorales est récurent comme un article de foi dans les Églises d’Europe de l’Est, particulièrement en Russie et en Pologne où les hiérarchies respectivement orthodoxe et catholique se posent en défenseurs de l’héritage chrétien de l’Europe en lutte contre la sécularisation.

Une telle attitude s’accorde bien avec un certain mythe nationaliste de pureté intégriste qui établit des barrières vis-à-vis des voisins décadents et s’efforce de préserver la loyauté des citoyens en leur montrant ce qui arrive lorsqu’on cède au matérialisme menaçant. Elle justifie aussi la méfiance à l’égard de toute réforme libérale : si l’on met en question l’autorité de l’Église, argumente-t-on, l’ordre moral chrétien ne tarde pas à s’effondrer.

Tout ceci explique que l’agence orthodoxe russe interfax-religion et l’agence catholique polonaise National Catholic Reporter  présentent régulièrement les Églises britanniques comme ne rapportant que des histoires drôles, des soutiens de l’homosexualité, d’un clergé agnostique et des jeux de réécriture des Évangiles.

Tous ceux qui sont familiers de la vie chrétienne au Royaume Uni comprendront l’énorme erreur que cela représente : il y a plus de prêtres en Angleterre (37 500) qu’en Pologne (31 500). La Communion anglicane soutient un très grand nombre d’organisations d’entraide, d’instruction et de mission dans les domaines de la liturgie, de la musique, de la théologie et de la prédication.

Contrairement à la Pologne catholique, l’Angleterre héberge des douzaines de différentes dénominations chrétiennes, orthodoxes, luthériennes, réformées, certaines fort nombreuses. Et bien que la participation au culte soit effectivement plus basse ici qu’en Pologne, nous constatons des secteurs en croissance, comme la participation aux cultes des cathédrales qui sont plus importants que tout ce que la Pologne peut offrir et dans de petites Églises comme les baptistes et les pentecôtistes.

On m’a encore dit que « nous sommes envahis par le relativisme, l’individualisme et une "‘culture de mort" comme l’a déploré le grand pape Jean-Paul II. » Mais l’ancien pape polonais ne se référait pas à une situation concrète. Il indiquait certains risques inhérents aux sociétés libres. Les chrétiens polonais pourraient effectivement être choqués par l’acceptation de l’IVG au Royaume Uni alors qu’elle est interdite dans leur pays. Mais inversement, se développent ici beaucoup plus généreusement que chez eux les « initiatives d’entraide et de bénévolat » que voulait promouvoir Jean-Paul II en 1991 dans son encyclique Centesimus Annus.

On m’a aussi demandé pourquoi les chrétiens britanniques ne prenaient pas une attitude plus ferme à l’égard des valeurs religieuses. J’ai expliqué que nous vivions dans une société adulte qui n’accepte plus qu’on lui fasse la leçon en lui disant ce qu’elle doit penser ou croire. La plupart des chrétiens britanniques révèlent calmement et discrètement leurs valeurs en se conduisant concrètement de manière à améliorer le monde et non par des déclarations pompeuses et prétentieuses.

Une Église comme celle de Pologne peut, bien sûr, être rigoureuse dans son enseignement soutenu par le pape et le magistère, mais elle peut aussi être polluée par la richesse, la puissance, l’arrogance, l’intolérance et le narcissisme. Une Église comme l’Église anglicane peut sembler incertaine et divisée, mais elle apporte une fraternité et une solidarité que l’on rencontre rarement dans l’Église polonaise.

L’idée qu’il ne peut exister qu’une seule dénomination chrétienne est profondément enracinée en Pologne, Russie et généralement en Europe de l’Est. Elle s’est développée sous le communisme qui disait que les dissidents étaient déloyaux à la patrie, motivés par un intérêt personnel perverti.

Aujourd’hui, les défis de la sécularisation se retrouvent en Europe de l’Est aussi bien qu’au Royaume Uni et pour y faire face, l’action modeste et en profondeur des Églises est désormais plus efficace que le rassemblement de grandes foules enthousiastes.

Bien qu’elle revendique comme membre la quasi totalité de la population, l’Église orthodoxe russe ne peut compter que sur un très petit nombre de membres actifs et elle est viciée par son association avec le gouvernement autoritaire du président Poutine.

Et bien que l’Église catholique de Pologne ait suscité l’envie des autres pour son taux élevé d’assistance, celui-ci n’a jamais été le véritable indice de l’engagement de ses membres. L’assistance et les vocations sacerdotales sont désormais en baisse et parfois en chute libre. Quant à l’engagement des fidèles dans des actions sociales d’entraide il est beaucoup plus bas que dans la « Grande Bretagne sécularisée ».

Lors d’une récente conversation, le Très Rev. Wojciech Polak, archevêque de Gnesne et Primat de Pologne, m’a dit que ses prêtres qui prenaient des fonctions dans des pays comme la Grande Bretagne, n’avaient souvent qu’une très faible connaissance de la situation qu’ils y rencontraient. Et aux Pays-Bas on exige d’eux qu’ils passent une année entière de formation dans un séminaire néerlandais.

La compréhension mutuelle est désormais cruciale si les chrétiens doivent œuvrer ensemble dans l’avenir. Elle ne sera possible que dans le respect et l’acceptation mutuels bien loin des caricatures que l’on à tendance à faire de l’autre.



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