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Comment vivre en chrétien

sans croire à l'incroyable


How to live as a Christian without having to believe the unbelievable



Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ, Californie
doyen associé du Bureau de la vie religieuse
université de Californie du sud

 

traduction Gilles Castelnau

7 septembre 2016

Le christianisme nous demande de faire des choses très difficiles qui méritent tout à fait l’effort nécessaire.
Aimer ses ennemis – ce qui semble souvent impossible.
Donner volontairement sa puissance, son argent, son temps et son influence afin de servir les pauvres, les malades et les opprimés – ce qui est vraiment effarant.
Avoir le cœur plein d’amour pur en toute circonstance – comment faire ?
Et si on fait cela, c’est le ciel qu’on construit sur la terre. Toutes ces choses sont effectivement importantes, ce sont celles que Jésus nous demande de faire et c’est toute une vie d’efforts spirituels et concrets qu’elles impliquent.

Comparé à elles, croire en la réalité factuelle des histoires fantastiques de la Bible n’est rien du tout et cela n’a pas de sens de leur attribuer la moindre importance dans notre vie spirituelle.
Que l’on prenne ou non la Bible à la lettre n’a aucune importance, ni qu’on croie mot pour mot ou non tous les credo. Les doctrines peuvent être intéressantes dans la mesure où elles aident à comprendre les origines et l’arrière-plan de notre religion. Mais réciter des credo n’est pas le signe que l’on entre dans le christianisme.
Au lieu de nous intéresser à la question de savoir si la résurrection de Jésus est une réalité factuelle ou un mythe, occupons nous de ce qui est important. Tournons-nous vers notre voisin en chômage et qui n’a pas d’assurance santé, apaisons un vieux ressentiment qui nous ronge, impliquons-nous dans les problèmes de notre monde comme de bons citoyens et adaptons notre existence à notre idéal le plus élevé. Fréquentons les églises, les associations d’entraide, les organisations de repas pour défavorisés, faisons des choses d’importance et abandonnons les vieilles doctrines qui, elles, n’en ont aucune.

Lorsque Jésus nous a demandé de croire en lui, il ne pensait pas nous imposer une série de dogmes à son sujet. Il faisait allusion à l’étincelle divine qui brûlait en lui et nous proposait de croire qu’elle surgit aussi en chacun de nous. Ce qui comptait pour lui était la fidélité, la volonté de suivre le chemin de l’Amour. La volonté de nourrir les affamés, de libérer les opprimés, du guérir les malades et de prêcher la bonne nouvelle que ce qui compte c’est l’Amour.

La clé du christianisme est le Sermon sur la montagne (Matthieu 5-7). C’est le premier enseignement que Jésus a donné à ses disciples et à la foule qui le suivait. ( 1 ) Il y exhorte à aimer ses ennemis, à prier avec simplicité. Il dit aux pauvres qu’ils seront bénis et il leur demande de ne pas être inquiets. Il dit de ne pas juger.

Et il ne dit rien des points suivants :

La Bible
Ni Jésus ni aucun des auteurs des livres qui le mentionnaient  n’avaient la moindre idée que ce qu’ils disaient ou écrivaient allait un jour devenir la Bible. Les livres du Nouveau Testament ont été réunis bien plus tard par les premiers chrétiens, sur une période de 3 siècles. Jésus lui-même citait et interprétait fréquemment les Écritures hébraïques (l’Ancien Testament). Il le faisait, pour illustrer son enseignement, de manière poétique et allégorique en toute indépendance d’esprit. Il est vraiment difficile d’imaginer qu’il aurait demandé que les chrétiens prennent tout cela à la lettre de manière fondamentaliste, à supposer même qu’il ait eu l’idée que ces textes puissent devenir un jour le Nouveau Testament.

Les credo, les dogmes, la doctrine
On peut penser que si  ces choses avaient paru importantes à Jésus, il aurait commencer par elles son enseignement. Mais le Sermon sur la montagne ne mentionne pas la nécessité  de croire aux miracles, à la naissance miraculeuse du Christ, à la Trinité, au Symbole des apôtres, ni même à « accepter Jésus comme son seigneur et sauveur personnel ».
Jésus ne se préoccupait pas des dogmes. Il s’occupait de ce qu’il y a dans le cœur de l’homme et de la manière dont on se comporte les uns à l’égard des autres.

Homosexualité et avortement
Jésus n’a rien dit de ces questions et il n’y a aucune trace dans le Nouveau Testament qu’il y ait attaché de l’importance. Les chrétiens ne devraient pas se laisser impressionner par la rigidité d’anciennes règles ou par l’instrumentalisation qu’en font certains partis politiques.

Le christianisme est à la fois plus simple et plus difficile que ne pensent la plupart des gens.

J’a fait mon premier pas dans une vie chrétienne adulte à l’âge de 16 ans. Je participais à une randonnée dans la Sierra Nevada avec un groupe de jeunes de la paroisse. Arrivé sur un sommet, le guide nous a lu le Sermon sur la montagne. Lorsqu’il fut arrivé au passage où Jésus dit : « aimez vos ennemis », un élan d’énergie m’a traversé, j’ai compris que c’était Dieu ou que cela venait de Dieu et j’ai su, en un instant, que je baserais toute ma vie sur cette parole là. Et je continue des décennies après.
Ces mots de Jésus ont structuré toute mon existence et tout mon ministère, bien qu’évidemment je sois loin de les vivre véritablement.

Nombreux sont les Américains qui, aujourd'hui, ne peuvent plus admettre l’idée qu’il n’y a qu’une seule véritable religion. Ils voient bien que des fidèles de plusieurs religions mènent des vies fidèles et aimantes et ils ne peuvent pas s’imaginer que ces gens iront en enfer pour n’avoir pas accepté un certain credo.
Bien des gens sont déconcertés par la contradiction qu’il y a, lorsqu’on prend les connaissances scientifiques au sérieux, d’entendre dire que les miracles de la Bible sont littéralement vrais. Mais ces questions ne sont pas cruciales pour une vie dans la foi. Il y a toute la place dans l’Église pour les gens qui veulent suivre la voie de Jésus d’un amour difficile et inconditionnel tout en conservant leur sens commun qui les empêche de déraper sur des idées injustifiables et non crédibles.

 

____________________________________

 

( 1 ) En fait, le Sermon sur la montagne a été composé par l’évangéliste Matthieu aux environs de l’an 80 à partir de paroles de Jésus que l’Évangile de Luc présente aussi, mais dans un autre ordre et parfois sous une forme parfois très différente.
Par exemple :
- Matthieu 5.3 : Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
- Luc 6.20, 24 : Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu est à vous ! [...] Mais, malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation !

Ces paroles ne sont jamais mentionnées par Marc, Jean, Paul ou Pierre.


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