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Le Conseil d'État et le burkini


L'autorisation du burkini ne va t-elle pas
entraîner de facto l'interdiction du bikini ?

 

 

Pharisien libéré

 

27 août 2016

Les arrêtés anti-burkini se sont révélés contre productifs en matière sociale. Ils ont libéré la parole raciste et, suite à la décision du Conseil d'État, seront à l'origine d'un coût : les 32 femmes indûment verbalisées pour burkini ou même pour « voile » (quelle qu'en soit la taille)  sur les plages pourront demander le remboursement des amendes. Si elles sont bien conseillées, elles peuvent même demander des dommages et intérêts aux maires incompétents en matière des droits fondamentaux.

Le seul intérêt fut de révéler les lacunes majeures en instruction civique  de nos compatriotes , ceux qui débattent sur le forum de l'internet comme en témoigne  l'intitulé du présent article. Il est donc temps de faire  une :

 

Petite leçon d'instruction civique à l'usage des mal comprenant

1- Le Conseil d'État n'a pas autorisé le burkini.
Le conseil d'état ne juge pas « au fond » mais « en droit ». Son boulot consiste à dire si les arrêtés anti-burkini sont légaux ou pas. Il a dit que ces arrêtés sont illégaux de 3 points de vue :

« L’arrêté contesté porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester ses convictions religieuses, à la liberté de se vêtir dans l’espace public et à la liberté d’aller et de venir ;
- il ne repose sur aucun fondement juridique pertinent ;
- la restriction apportée aux libertés n’est pas justifiée par des circonstances particulières locales. »

2- Le Conseil d'État n'a pas d'opinion sur le burkini.
Il a une position sur la liberté religieuse qui découle de la déclaration des droits de l'homme de 1789 et de la constitution de 1958 qui la reprend en son prologue. Il a déclaré que les arrêtés allaient contre les droits fondamentaux que sont la liberté d'aller et venir et la liberté religieuse.

3- De ce fait, rien n’est interdit et tout est permis
Aussi bien le bikini que le maillot 1900, le une pièce nageur des jeux olympiques, le T-shirt mouillant, etc. Il ne saurait donc y avoir aucun conséquence ni sur les bikinis (souvent ridicules) ni sur les femmes musulmanes qui continuent de se mettre ce qu'elles veulent sur le dos. En effet, les femmes musulmanes sont aussi libres de leur corps que les autres femmes mais personne ne les  reconnaît comme musulmanes sauf quand elles sont déguisées en « femme du Qatar », ce qui n'a rien à voir avec le costume traditionnel de leur grand-mère arrivée en France dans les années 1955-60

4- Non, cet arbitrage n'est pas sexiste
Les femmes musulmanes ne seront pas plus obligées de porter un burkini qu'avant parce que le  "costume musulman", ça n'existe pas (1) comme l’explique dans le détail cette prédication du vendredi à la mosquée du Havre sous le lien. D'ailleurs, les islamistes, qui furent prétexte aux arrêtés liberticides, interdisent aux femmes  d'aller sur la plage et de se baigner. Ce burkini peut donc être un instrument d'autonomie pour des femmes conservatrices en religion quoique n'ayant rien à voir avec le terrorisme.

L'argument de « l'égalité des sexes contenue dans le pacte républicain » utilisé chaque fois qu'il est qustion de contreoler l'« islam », ça commence à gaver sévèrement ! Les tunisiennes ont reçu le droit de vote et la contraception avant les françaises ; elles n'ont jamais connu de « pacte républicain » avant la révolution de jasmin.  C'est dire si l'égalité des femmes, les politiques ne s'y intéressent que si ça les arrange ( 2 ). A diplôme et poste égal, les salaires de femmes sont de 25 % inférieurs à ceux des hommes, l'éventualité d’une grossesse demeure un frein à l'embauche au point que certaines boites américaines exigent de leurs salariées qu'elles fassent congeler leurs ovocytes. On n'a jamais demandé à un homme salarié de congeler son sperme pour éviter d'être père avant la retraite.
« L'égalité homme femme réduite au bout de tissu » fait les délices des politiciens adeptes de la discrimination des musulman(e)s. On ferait bien d'en reparler pendant la campagne présidentielle de « l'égalité homme femme » mais cette fois-ci sur du contenu concret.

Mais qu'a donc fait le Conseil d'état ?
En résumé, le Conseil d'État s'est contenté de dire : « la laïcité et les droits de l'homme c'est aussi fait pour les musulmans. » ( 3 )

Incroyable, ils ont les mêmes droits que nous, mon frère !

 

_________________________________________________

 

( 1 ) Voir aussi  Mohammed Bajrafil : le quamis est-ce une sunna ?

( 2 ) La version originale de cet article avait une expression plus drue.

( 3 ) Cf. Rabaud Saint Étienne et son article 10 de la déclaration de droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « nul ne sera inquiété pour ses opinions, même religieuses. »

 

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