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Parabole des talents

 

Matthieu 24.14-29

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

26 juillet 2016

Matthieu 24.14-29
Il en sera comme d’un homme qui partit pour un voyage : il convoqua ses serviteurs et leur confia l’administration de ses biens. Il remit à l’un cinq talents à un autre deux, et à un troisième un seul, en tenant compte des capacités personnelles de chacun. Puis il s’en alla.
Celui qui avait reçu les cinq talents se mit sans tarder à les faire fructifier, de sorte qu’il en gagna cinq autres.
Celui qui en avait reçu deux fit de même et en gagna deux autres.
 Quant à celui qui n’en avait reçu qu’un, il s’en alla creuser un trou dans la terre pour y cacher l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et leur fit rendre compte de leur gérance.
 Celui qui avait reçu les cinq talents se présenta, apportant les cinq talents supplémentaires qu’il avait gagnés.
« Maître, dit-il, tu m’avais remis cinq talents, j’en ai gagné cinq autres. Les voici. »
« Très bien, lui dit son maître, tu es un bon serviteur, en qui l’on peut avoir confiance. Tu t’es montré fidèle en peu de choses. C’est pourquoi je t’en confierai de plus importantes. Viens partager la joie de ton maître ! »
Celui qui avait reçu les deux talents se présenta aussi et dit :
« Maître, tu m’avais remis deux talents, j’en ai gagné deux autres. Les voici. »
« Très bien, lui dit son maître, tu es un bon serviteur, en qui l’on peut avoir confiance. Tu t’es montré fidèle en peu de choses. C’est pourquoi je t’en confierai de plus importantes. Viens partager la joie de ton maître ! »
Enfin, celui qui n’avait reçu qu’un talent vint à son tour et dit :
« Maître, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as rien semé, tu récoltes où tu n’as pas répandu de semence. Alors, j’ai pris peur et je suis allé cacher ton argent dans la terre. Voilà : prends ce qui t’appartient. »
Mais son maître lui répondit :
« Vaurien ! Fainéant ! Tu savais que je moissonne là où je n’ai rien semé et que je récolte là où je n’ai pas répandu de semence ! Eh bien, tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais récupéré le capital et les intérêts. Qu’on lui retire donc le talent et qu’on le donne à celui qui en a déjà dix. »

 

« Il en sera comme d’un homme qui partit en voyage... » Dans le contexte actuel de l’été et des vacances, quoi de plus normal ! Sauf que cet homme-là ne part pas quelque jours sur la Côte d’Azur ou dans les Alpes, il s’en va pour un temps indéterminé, un temps suffisamment long pour confier une partie de ses biens à trois de ses serviteurs. Cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième.
Dans la langue française, le sens commun du mot « talent », ce sont nos aptitudes, nos compétences, nos dons artistiques ou pratiques. Ici, dans le texte biblique, le mot « talent » ne fait pas référence à nos compétences talentueuses, mais à une certaine somme d’argent, une somme considérable, en fait. A l’époque de Jésus, un talent équivalait à dix années de travail d’un ouvrier. Donc, en actualisant, celui qui reçoit cinq talents reçoit la « modique » somme de 700 000 euros !!! Celui qui en reçoit deux, reçoit 280 000 euros, et le troisième ne reçoit « que » 140 000 euros, ce qui n’est déjà pas si mal, n’est-ce pas ?

On pourrait dire que ces talents représente notre vie, nos biens, nos acquisitions, notre argent, nos comptes en banque, mais aussi – et là, on retrouve le sens commun du mot dans notre langue – les talents peuvent aussi représenter nos compétences et aptitudes personnelles.

Que font ces trois hommes avec leurs lingots d’or ? Le premier et le second les apportent à la banque, ils trouvent un bon placement, ils s’en occupent, les suivent, en un mot, ils les font fructifier. Par chance, il n’y a pas de crise financière, l’argent rapporte le double pour chacun. Le troisième, quant à lui, que fait-il ? Il enterre son lingot, il le met sous son matelas, il ne s’en occupe pas, il ne fait rien avec.

Au retour du patron, les deux premiers sont félicités et récompensés, la vie est belle, plus de soucis financiers à se faire, ils ont gagné le gros lot ! Par contre, pour le troisième, ce n’est franchement pas marrant, on lui retire le lingot qu’on lui avait confié, il se retrouve dans la misère, il n’a que ses yeux pour pleurer et sa conscience pour regretter et se lamenter : « Si seulement j’avais su... »

Voilà ! Que signifie tout cela pour nous, aujourd’hui ? Comme je ne pense pas que Jésus soit un homme d’affaire ou un économiste réputé, je ne crois qu’il ait voulu faire un cours de gestion économique ; l’argent, en tant que tel, Jésus s’en méfiait, il mettait d’ailleurs ses disciples en garde contre la puissance néfaste de l’argent pour l’âme et le cœur.

Par contre, Jésus avait à cœur la vie des gens. A bien des moments, Jésus a été touché par la triste vie que vivaient ces concitoyens, par la triste opinion que les gens avaient d’eux-mêmes, par la triste condition de ceux qui étaient sourds ou muets ou paralysés, non pas seulement du point de vie physique, mais aussi et surtout du point de vue moral, c’est-à-dire ceux qui étaient sourds à la parole des autres, ceux qui n’osaient pas élever leur voix, ceux dont l’élan vital était paralysé par des pensées négatives, par des préjugés, par le « qu’en-dira-t-on ».

Ce matin, l’interprétation, ou mieux, l’interpellation, de cette parabole est la suivante. En quelque sorte, Jésus nous demande aujourd’hui : que fais-tu de ta vie, que fais-tu de tes biens, comment utilises-tu ton argent, comment mets-tu à profit ce que tu possèdes (même si c’est peu), que fais-tu des compétences que tu as reçu à ta naissance, comment utilises-tu les dons innés qui sont en toi ?

D’une certaine manière, on peut rapprocher cette parabole au récit de la création qui se trouve dans les premières pages de la Genèse. Dieu crée le soleil, la lune, la terre, les plantes, les animaux, et en dernier, l’homme. Que dit Dieu à l’homme au 2ème ch. de la Genèse : « Je t’ai établi ???... gérant de la création : je t’en ai donné la responsabilité. Dieu est comme cet homme de la parabole qui part en voyage, il confie le monde, la terre, la création à l’homme ; à lui de s’en occuper, d’en prendre soin, de la faire fructifier...

Chacun de nous a des biens, de l’argent, peu ou beaucoup, là n’est pas la question ; la question soulevée par la parabole est : ce que tu as, le fais-tu fructifier ? Non pas dans le sens économique, en trouvant de bons placements financiers, mais dans le sens du don et du partage ; autrement dit : est-ce que tu gardes tout pour toi et uniquement pour toi, ou est-ce que tu fais fructifier ce que tu as en donnant, en partageant, en aidant ?

Aussi : chacun de nous a reçu à sa naissance des dons, des capacités, des aptitudes, que ce soit dans le domaine artistique ou pratique ou relationnel ou scientifique ou technique ou culinaire, ou que sais-je encore ? La question que pose Jésus est : que fais-tu de ces dons et de ces compétences innés ? Les gardes-tu pour toi, bien cachés et bien égoïstement ou les mets-tu à profit pour les autres, pour le bien des autres, pour la joie des autres ?

Tout comme ces trois serviteurs, un jour – on en sait pas quand ni comment – nous aurons à rendre compte à Dieu de ce que nous avons fait de ce que nous avons reçu, même si ce n’est qu’un simple lingot, qu’un simple talent...
Serons-nous comme les deux premiers qui ont mis à profit ce qu’ils ont reçu ? Ou comme le troisième qui n’a rien fait de ce qu’il a eu ?

Juste un mot très important concernant le troisième serviteur : pour quelle raison n’a-t-il rien fait ? Qu’est-ce qui en lui, l’a empêché de mettre à profit ce qu’il avait reçu ? La paresse ? L’ignorance des lois du marché ? La nonchalance ? L’indifférence ? Rien de tout ça ! Ce qui l’a empêché de faire fructifier son lingot d’or, c’est la peur ! Que dit-il à son maitre lorsque celui-ci revient et lui demande des comptes ? Il lui dit :
« J’ai pris peur et je suis allé cacher ton argent dans la terre. » J’ai eu peur. Qu’est-ce qui, souvent, nous empêche de donner, qu’est-ce qui, souvent, nous empêche de faire plaisir aux autres par les dons que nous avons reçu ? La peur ! La peur de mal faire, la peur de l’échec, la peur de rater, de décevoir, la peur des jugements, des critiques.

Quand j’ai commencé à me produire avec la trompette, j’ai dû affronter toutes ces peurs : les deux nuits avant mon premier concert, j’ai très mal dormi, et les minutes avant la prestation, j’étais mort de trouille, je courrais aux toilettes toutes les cinq minutes, je n’avais qu’une idée en tête : ranger le trompette, disparaitre, m’enfuir ! Avec le temps et l’expérience, j’ai réussi à vaincre la peur. Bien sûr, le trac est toujours là, mais la peur, elle, elle a disparu, et vous savez, il n’y a aucune comparaison entre le trac et la peur : le trac, c’est normal, la peur, elle, elle qui paralyse, elle nous empêche de nous épanouir.

Ce matin, avec cette parabole, avec Jésus, je vous encourage à dépasser vos peurs, je vous encourage à donner, je vous encourage à faire fructifier et à développer vos compétences et aptitudes innées - quelles qu’elles soient, et même si c’est peu de chose – pour le bien des autres, pour la joie des autres, pour le bonheur des autres – pour votre bonheur.

Qu’un jour, nous puissions nous aussi entendre ces belle paroles :
-  « Très bien, tu es un bon serviteur, une bonne servante, en qui l’on peut avoir confiance. Tu t’es montré fidèle en peu de choses. Viens partager la joie de ton maître ! »

Que cette joie vous soit donnée aujourd’hui ! Amen !

 


On t'a donné

Boris Vian – Henri Salavador

On t'a donné l'air léger,
Le soleil bien rouge,
L'eau pour te désaltérer,
On t'a tout donné.

Ref : Puisque tu as tout reçu,
Donne, donne, donne,
Donne à ceux qui sont perdus,
A ceux qui sont nus.

On t'a donné la mer bleue
Qui danse à ta porte
Le vent, le ciel et les Dieux
La neige et le feu. (ref)

On t'a donné les oiseaux,
La terre et les arbres,
Les ruisseaux pleins de roseaux
Et les coquelicots. (ref)

On t'a donné les baisers
D'une jolie mère
Et ses mains pour te bercer,
Pour te caresser. (ref)

On t'a donné l'amitié
De ton camarade,
On t'a donné un métier
Et le monde entier. (ref)

On t'a donné les yeux verts
D'une fille rousse
Délicieux univers
Où ton cœur se perd

On t'a donné une voix
Pour chanter la vie,
On t'a donné une voix
Pour chanter ta joie,

Chante, chante à pleine voix.
Donne, donne au monde
Chante, chante à pleine voix
Donne autour de toi.

 


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