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Favoriser la paix

 

Romains 14.10-13

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

22 juin 2016

Aujourd’hui, nous sommes invités à méditer quelques versets de la lettre de Paul aux Romains :

Romains 14.10-13
Toi, pourquoi condamnes-tu ton frère ? Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Ne devons-nous pas tous comparaître devant le tribunal de Dieu ? Car il est écrit :
Aussi vrai que je vis, dit le Seigneur, tout genou ploiera devant moi et toute langue me reconnaîtra comme Dieu.
Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. Cessons donc de nous condamner les uns les autres. Prenez plutôt la décision de ne rien mettre en travers du chemin d’un frère qui puisse le faire trébucher ou tomber.

Dans toutes les lettres de l’apôtre Paul, il y a deux grandes parties. Une partie, disons, théologique, doctrinale où il expose les grands principes de la foi chrétienne. Dans la seconde partie, l’apôtre s’intéresse aux problèmes concrets des communautés chrétiennes auxquelles il s’adresse. Donc, d’un côté, la théorie ; et de l’autre, la pratique.

Vous le savez aussi bien que moi, c’est parfois – souvent – plus facile de faire de la théorie, d’aligner des belles phrases, des beaux principes que de les mettre en pratique. C’est plus facile de lire un manuel de mécanique ou une recette de cuisine que de mettre la main dans le cambouis ou dans la farine (attention à ne pas se mélanger les pinceaux, de mettre la farine dans le moteur ou le cambouis dans la préparation de la pâte !). vous pouvez suivre des cours sur l’art de la peinture ou de la musique et ne réaliser que des bonhommes comme le fait un enfant de quatre ans ou de faire « pouêt-pouêt » dans la trompette !

Théorie et pratique vont ensemble. Une bonne théorie conduit à une bonne pratique. La pratique est la preuve de la théorie. La pratique, c’est ce qui se voit. Une bonne pratique donne envie de découvrir la théorie. Une mauvaise pratique ne donne pas envie de découvrir la théorie, au contraire.

Il en va de même dans l’Eglise. Et notamment dans l’Église de Rome.

Si l’on veut résumer les premiers chapitres théoriques de l’épitre aux Romains, on pourrait dire ceci :
1) Dieu ne tient pas compte de nos fautes, à cause de Jésus-Christ et de son œuvre, il nous accorde sa grâce, qui que nous soyons, de quelque race ou classe ou peuple nous soyons.
2) Devant Dieu, tous les hommes sont égaux.

Ça, ce sont les principes que Paul développe dans la première partie de la lettre. La deuxième partie consiste à appliquer ces principes, cette théorie à la vie concrète de l’assemblée chrétienne de Rome.

Que dit Paul ? v.10 = Cela signifie que les chrétiens de Rome ne se faisaient pas que des cadeaux. Il y a avait des jugements très durs à l’égard de certaines personnes. Il y avait du mépris pour d’autres personnes. Jugements, mépris, ce n’est pas ça, l’Evangile ! C’est même contraire à l’Evangile.

Pourquoi tant de jugement et de mépris ? Pourquoi tant de haine ? En deux mots : à Rome, dans le monde païen, il était d’usage d’offrir des sacrifices d’animaux aux nombreux dieux que révéraient les Romains. Ces sacrifices étaient ensuite mangés au cours des repas communs entre les adeptes de telle ou telle divinité, mais ces animaux, la viande de ces animaux étaient aussi vendus sur le marché quotidien, et personne n’y voyaient d’inconvénient, c’est l’usage, l’habitude de ces pratiques. Quand l’Evangile a commencé à se répondre, quand des Romains se sont convertis au christianisme, ils n’ont pas changé leurs habitudes alimentaires. Certes, ils ne participaient plus aux cérémonies païennes, mais ils continuaient d’acheter la viande d’animaux sacrifiée aux divinités romaines. Ce qui a grandement choqué les chrétiens d’origine juive pour qui ces viandes étaient considérées comme impures, donc à rejeter. D’où tension, division, accusations réciproque, jugements et mépris entre ces deux groupes.

Paul tente de mettre d’accord ces deux groupes : il leur dit : v.14-15.

Pour moi, je sais et je suis pleinement convaincu, en accord avec la pensée du Seigneur Jésus, que rien n’est impur en soi. Cependant, si quelqu’un considère que telle chose est impure, alors elle est vraiment impure pour lui.  Si donc, à cause d’un aliment, tu fais du tort à ton frère, tu ne te conduis pas selon l’amour. Ne va pas, pour un aliment, causer la perte de celui pour qui le Christ est mort.

Ces problèmes romains nous paraissent bien sûr d’un autre temps. Mais des divisions, des jugements, du mépris, il y en a toujours dans l’Eglise. Quand j’étais plus jeune, il y avait de nombreuses et difficiles discussions entre les membres des églises : pour ou contre la télé, la danse, les jeux de cartes, la musique rock, le baptême des enfants, la participation des enfants à la Sainte-Cène, le divorce, le suicide, la crémation, l’homéopathie, l’acupuncture, l’hypnose, et plus récemment la question épineuse de l’homosexualité, la bénédiction de couples homosexuels, la fin de vie, le don d’organes, les embryons congelés, le respect du congé dominical, etc…

Et j’entends toujours les mêmes jugements, les mêmes accusations : nous avons raison, les autres ont tort, nous sommes dans la vérité, eux, ils sont dans l’erreur…

On n’est pas sorti de l’auberge ! Nous ne sommes finalement pas si différents des chrétiens de Rome qui nous font sourire avec leur conflit des viandes sacrifiées….

Comment s’en sortir ? Eh bien, Paul donne trois directives :
1. v.15 : se conduire selon l’amour
2. v.19 : chercher ce qui favorise la paix
3. v 19 : chercher ce que fait grandir les uns et les autres dans la foi, dans la confiance.

Pour pouvoir discerner si nos paroles, nos attitudes, nos comportement, nos actes sont en accord avec ces trois directives ou recommandations, il convient de se poser les questions suivantes :
- cette parole que je veux dire, cette attitude envers l’autre, ce comportement envers l’autre, cet acte envers l’autre, est-ce cela va dans le sens de l’amour, du respect, de la bonté ?
- ce que je pense, ce que je dis, ce que je fais, est-ce que cela contribue à la paix, est-ce que cela crée de la paix autour de soi ? Ou cela favorise-t-il la tension, la haine, le mépris, le rejet ?
- ce que je pense, ce que je dis, ce que je fais, est-ce que cela va faire grandir l’autre dans la foi, est-ce que cela faire grandir la compréhension entre les hommes, grandir mon cœur et le cœur de l’autre, ou est-ce que cela va mener à la guerre, au rejet, au « on ne se parle plus » question : pourquoi on ne se parle plus ? Quelle parole, quelle acte, quel jugement hâtif a conduit au silence ?

Il y a une vingtaine d’années, j’ai décidé d’appliquer ce principe : tout faire pour éviter la guerre, le jugement, le mépris, tout faire pour favoriser et préserver la paix, le dialogue, tout faire pour que l’amitié et le respect de l’autre grandissent. Oui, souvent, je me pose la question : cette parole que je vais dire (ou écrire), ce geste que je vais faire, cette décision que je vais prendre, est-ce que ça va jeter de l’huile sur le feu, ou est-ce ça va favoriser la bonne entente, le partage, est-ce que ça va faire grandir l’amour entre les gens, entre les Eglises, entre les paroissiens, entre les citoyens, entre les peuples ?

Certes, je ne suis pas parfait, je n’y arrive pas toujours, certes, je me laisse parois prendre par le climat de méfiance, de racisme, de critiques rapides et faciles, et ça me désole, mais ici ou là, ça a marché, il y a eu plus de paix, plus de compréhension et d’écoute mutuelle, plus de respect – et quand on y arrive, quand on arrive en mettre en cohérence la théorie et la pratique, alors, c’est la joie, c’est une part de paradis sur la terre.
v. 19. : Ainsi donc, cherchons toujours ce qui contribue à favoriser la paix et à nous faire grandir les uns les autres dans la foi.

En mettant cela en pratique, vous porterez dignement le nom d’homme et de femme, le nom de chrétien, vous serez de fidèles serviteurs et servantes de Jésus-Christ. En mettant cela en pratique, vous serez heureux ! Amen !

 

 


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