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L'Histoire Auguste

Les païens et les chrétiens dans l'Antiquité tardive


Stéphane Ratti



Ed. les Belles Lettres
348 pages – 27,50 €




Recension Gilles Castelnau


27 avril 2016

Le christianisme est entré brusquement, sous Constantin au 4e siècle, dans la situation de religion officielle de l’Empire, et sa culture a connu un développement considérable : les livres et les sermons de saint Augustin, par exemple.
Mais l’importante culture dite « païenne » ne s’est évidemment pas éteinte du même coup.

Ces textes, tant païens et que chrétiens, sont fort mal connus du grand public, mais il en va autrement des spécialistes des langues latine et grecque. Stéphane Ratti en est un exemple remarquable.
Dans cet important volume il cite, compare, analyse une très grande quantité d’ouvrages. Il les lit et les mentionne dans le texte original dont il pense que nous les comprenons également : les citations dont il nous abreuve sont en latin ou en grec et il ne les traduit pas. Mais cela nous met dans l’ambiance.

Voici quelques pages de cet ouvrage impressionnant :


.


page 112

Le Diptyque des Nicomaque et des Symmaque
au cœur de la polémique pagano-chrétienne


[...]
Or deux éléments dans le diptyque me paraissent devoir être rattachés à des convictions néoplatoniciennes.

Le premier élément qui ressortit à l'enseignement néoplatonicien dans le diptyque est la présence de ces deux femmes, associées pour la première, selon moi, à la felicitas. Or la triade chère au néoplatonisme après Plotin - Être, Vie, Pensée - me semble présente ici sous sa seconde hypostase, Vie ou encore Zoé. Pierre Hadot signalait que « Zoé se trouve ainsi identifiée aux figures de Psyché, d'Hécate, d'Artémis et de Koré ». Si le volet nicomachien représente Cérès-Déméter à la recherche de Corè-Perséphone, c'est bien pour rappeler cette dernière à la vie.
Notre interprétation avec une assimilation de la même figure avec Felicitas n'est en rien remise en cause, au contraire, car, ainsi que le souligne encore Pierre Hadot, « la Vie représente de cette manière la phase féminine du processus d'autoposition de la réalité : on peut dire que l'Étant, Père transcendant, se féminise et devient "Vierge-Mère" pour enfanter le Fils mâle qui est l'Esprit parfait ».

L'enseignement de Plotin (1, 6, 7) associe en effet le Bien, dont tout procède, à l'existence, à la pensée et à la vie dont il est le principe. Ajoutons que ce même passage de la sixième Ennéade du livre premier offre une comparaison pour nous tout à fait parlante entre la contemplation par l'âme de l'Un et du Bien avec le chemin des initiés aux mystères d'Éleusis qui, admis à pénétrer au fond du sanctuaire, s'avancent, dépouillés de leurs vêtements et purifiés de leur souillure, nus, vers la révélation.
Le lien entre Plotin et Éleusis est bien connu et on en trouve la trace dans le volet nicomachien du diptyque qui illustre un épisode du mythe de Corè-Perséphone célébré à Éleusis. Si la seule vie véritable, comme le laisse entendre le diptyque après Plotin, est la vie de l'esprit, alors on perçoit la dimension polémique de l'affirmation puisque aussi bien saint Augustin ne dit rien de différent, lui qui assure dans les Confessions avoir reconnu ce que lui avaient appris les libri platonicorum dans l'Évangile de Jean. Sans doute, dans le message païen du diptyque, Zoé, la Vie, est-elle comprise dans un sens philosophique : la construction relève d'une ontologie imprégnée de néoplatonisme, cette secta chère au cœur de Nicomaque Flavien.
On peut en revanche débattre de la dimension affective ou mystique que la Vie ainsi représentée revêtait dans l'esprit des derniers païens. Mais je crois que, précisément, c'est dans cette tension entre le mysticisme néoplatonicien associé au paganisme hellénique des Nicomachi et la foi chrétienne, entre un occident philosophique et un orient religieusement assumé, que réside la vraie dimension polémique du diptyque, ce magnifique et émouvant témoignage de ce que j’ai appelé ailleurs « le malaise païen ».
[...]

 

 

page 313

La signification antichrétienne des oracles de Virgile
dans l’Histoire Auguste


[...]
Aperçus critiques sur l’ouvrage de Moa Ekbom
[...]

L’Histoire Auguste et l’hagiographie chrétienne
[…]

Pour M. E., l'antériorité des Sortes Biblicae sur les Sortes vergilianae doit être réaffirmée et, à ses yeux, ne fait aucun doute. ce sont donc les païens qui ont copié une pratique chrétienne. M. E. entrouvre ici le riche et complexe dossier des relations polémiques entre l'Histoire Auguste et la littérature chrétienne, par exemple les vies de saints (Paul, Malchus, Hilarion) écrites par Jérôme.
La suggestion faite en passant par M, E. et malheureusement inexploitée dans une note de bas de page, me paraît absolument pertinente et riche de conséquences. Il est parfaitement possible, en effet, que l'Histoire Auguste ait eu connaissance de la vie de saint Antoine traduite parEvagre. on sait que cette traduction est antérieure à l'année 392-393 puisque Jérôme la mentionne au chapitre 125 de son De Viris illustribus. Elle est donc antérieure à l’Histoire Auguste que je situe entre 392 et394.
Ainsi s'expliquerait le passage énigmatique du Quadrige des tyrans montrant l'usurpateur Firmus (6,2) nageant au milieu des crocodiles et qui pourrait avoir été inspiré par la traduction latine d'Athanase, Vie d'Antoine 15, 1 qui rapporte qu'Antoine et ses compagnons traversèrent indemnes un bras du Nil, le canal d'Arsinoé, dans un sens puis dans l'autre, où pullulaient les crocodiles
[...]



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