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De la mort à la vie


des résurrections


Louis Pernot



Éditions Olivétan

96 pages - 13 €

 

Recension Gilles Castelnau

 


13 avril 2016

Le pasteur Louis Pernot a fait les « prédications de carême » de la radio France culture : auditoire impressionnant d’un nombre incalculable d’auditeurs de toutes religions et de toutes spiritualités.

Six prédications :

La naissance de Jésus
La femme adultère
L’enfant prodigue et son frère
La résurrection de Lazare et celle de Marthe
La résurrection du Christ
Nous sommes ressuscités

Elles expriment chacune, évidemment dans un langage simple et naturel, sans vocabulaire difficile ni formulation compliquée, le message de l’Évangile le plus pur, le plus dynamique et le plus entraînant.

Louis Pernot a repris les textes du Nouveau Testament les plus connus et il en a réexpliqué le contenu. Si pour beaucoup d’entre nous c’était un plaisir d’entendre commenter une fois de plus les récits familiers, il est clair que nombreux étaient nos contemporains pour lesquels il s’agissait d’une découverte magnifique et surprenante.

Découverte pour tout le monde, d'ailleurs, car l’auteur a le don de nous montrer la nouveauté toujours fraîche des anciens textes, d’y méditer des éléments inattendus et d'en commenter les déclarations qui apparaissent étranges à nos esprits scientifiques et modernes. Pour chacun de ces passages il montre aussi que son message central est celui du dynamisme créateur de Pâques : « des résurrections » est le sous-titre bien justifié qui unit ces six sermons.

En voici quelques passages qui donneront, sans doute à beaucoup d’internautes envie d’acquérir le livre.

 

 

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page 9

La naissance de Jésus

Un enfant et sa mère sauvés de la mort (Matthieu 1)

La naissance de Jésus est un vrai miracle. Pas seulement en tant que sa conception ait pu être virginale, mais tout simplement parce que Jésus n’aurait jamais dû naître. Selon la loi juive, une jeune femme fiancée, se trouvant enceinte avant le mariage, devait être mise à mon avec l'enfant qu’elle portait. Mais par la générosité et la foi de Joseph, le fiancé, Marie ne sera pas dénoncée, pas jugée, elle aura la vie sauve, ainsi que l'enfant qui naîtra, qui deviendra, lui, le sauveur de l'humanité.
[...]

Ainsi, dès sa naissance, le Christ est celui qui vainc la mort. Il n’aurait jamais dû vivre, il est un miraculé, sauvé par la gentillesse et la foi d'un homme : Joseph. On peut ajouter qu'il y a, en ce faisant, une critique à la religion établie, très conforme à l'esprit de l'Evangile: dans cette situation mauvaise, la religion ne faisait qu’aggraver les choses par excès de légalisme et de jugement, conduisant à la mort. Et c’est par la transgression de Joseph qui choisit, par amour et générosité, de ne pas respecter la loi de la religion établie que la vie sera préservée et que pourra naître le sauveur.

Cela dit, la doctrine de la naissance virginale n’est pas seulement une image simpliste pour illustrer que Jésus est le fils de Dieu, elle est théologiquement très riche, et sans se risquer à se demander ce qui s'est passé d'un point de vue biologique en la vierge Marie, on peut prendre cette thèse comme une affirmation théologique forte et pleine de sens.

Il y a en effet dans le début de l'évangile de Matthieu une longue généalogie. Au départ, on trouve des gens célèbres : Abraham, Isaac, puis David, Salomon, et puis des personnages plus ou moins troubles : une prostituée, des enfants sans pères, un cas d'inceste, puis, petit à petit seulement des inconnus. Le message est clair : le Christ c'est à dire la lumière, la vie, le salut ne naît pas forcément dans la pureté et la perfection, il peut surgir aussi dans des situations humaines tout à fait mélangées, comme le sont nos propres vies faites de choses parfois grandes, mais aussi d'autres dont nous avons parfois honte. Là encore, la vie n'est pas donnée comme une récompense, avec l'aide de Dieu, elle peut surgir même du mal et du péché. Mais le plus grand nombre de ces ancêtres sont en fait absolument inconnus. Dans notre vie aussi, l'essentiel n’est pas forcément grand, ni en bien ni en mal ; il y a beaucoup de trivial, de commun. La succession dans la généalogie aurait pu se poursuivre indéfiniment par des inconnus engendrant des inconnus. Mais voilà que dans cette histoire humaine sans relief le Saint-Esprit fait irruption, et alors tout change : le banal engendre l'extraordinaire, l'humain donne naissance à une dimension christique. C'est donc une histoire humaine qui à un moment donné rencontre Dieu, se laisse féconder par lui, et les deux s’unissant donnent naissance au salut.
[...]

La parole de Dieu est ainsi source de vie. Dans toute circonstance, quand la parole de Dieu fait irruption, la mort est vaincue pour donner naissance à la vie, le mal est dépassé pour laisser place à un bien nouveau. Dieu par sa parole fait toute chose nouvelle, et le Christ est l'Être nouveau, sa naissance est une victoire sur les déterminismes morbides du légalisme religieux et de toute société ; une victoire de la bonté et de la générosité sur la violence, toute sa vie sera parole qui guérit, qui ressuscite, qui donne la vie. Lui-même, parole incarnée, ne sera pas victime de la croix, mais restera pour nous parole vivante et éternelle pour que nous vivions par lui.

 

 

 

page 65

La Résurrection du Christ

Résurrection ou apparition ?
[...]
Beaucoup de chrétiens tout à fait authentiques ont du mal à croire à la dimension physique, corporelle d'une résurrection du Jésus historique. Devons-nous croire vraiment qu’après sa mort, Jésus s'est relevé, a retiré les bandelettes de son corps, puis a roulé la pierre du tombeau pour aller manger des poissons avec ses disciples en passant à travers les murs ? Et que serait devenu ce corps matériel ressuscité ? Monté au ciel vers les nuages comme dans un ascenseur le jour de l'Ascension ? Ainsi les croyants les plus rationalistes rejettent l'historicité des récits d'apparitions pour affirmer qu’ils ne seraient que des expressions imagées de l'expérience spirituelle des disciples : d'abord atterrés par la mort de celui en qui ils avaient mis leur foi, ils découvrent trois jours plus tard, qu’en fait il est vivant, que tout ce qu'il a dit et fait les accompagne, et que sa mort n’a pas mis fin à tout, mais qu’ils peuvent dans sa continuité faire encore beaucoup parce que la mort de Jésus n’a pas annulé sa vie.

Que faut-il croire alors ? l’affaire est complexe et suscite des débats passionnés. Ceux qui croient dans la dimension concrète de la résurrection du Christ sont prêts à considérer comme anathèmes, à exclure de la foi chrétienne ceux qui n’y croient pas ; et ceux qui n’y croient pas ont vite fait de traiter de naïfs un peu simples ceux qui y croient. Pour paraphraser Paul, on voudrait dire à ceux des deux camps : « que celui qui y croit ne juge pas celui qui n’y croit pas, et que celui qui n’y croit pas ne méprise pas celui qui y croit ! » (Rom 14.3). Et vivant dans une heureuse époque où l'inquisition n’existe plus, acceptons que d'autres puissent aussi être dits « chrétiens », même s'ils ne croient pas de la même manière que nous !

Mais que pouvons-nous dire de certain sur la question ? Plusieurs choses tout de même !
[...]

Dans les quatre évangiles, le Christ ressuscité n’apparaît qu’aux croyants, il ne revient pas voir Pilate ou ses accusateurs pour les confondre, il est vivant pour ceux qui mettent leur foi en lui. Les apparitions du Christ semblent donc être des événements qui se vivent dans la foi, des rencontres personnelles et spirituelles.
[...]

Le tombeau vide est également une bonne nouvelle pour nous : il nous montre que la mort est incapable de retenir l'essentiel. La mort croyait retenir Jésus dans ses liens, mais elle ne garde qu'un suaire vide. Jésus échappe, la mort glisse sur le Christ sans pouvoir l'attraper. C'est pourquoi aussi, dans les temples réformés, quand une croix est présente, elle est nue, sans le crucifié. la croix est vide, Jésus a échappé, le piège s'est refermé sur rien. La violence, la mesquinerie, la trahison, la passion, l'épreuve, la torture, tout cela est annihilé parce qu’incapable d'atteindre le Christ, ni ce qui en nous est uni à lui.

Ce tombeau vide, cette croix vide sont la démonstration que la mort est vaincue et qu’elle est privée de sa puissance. Certes, la mort peut emporter un corps biologique, mais la vie est plus que la seule dimension biologique, et ce que la mort emporte n'est en définitive pas grand-chose, en tout cas rien d’essentiel. L’essentiel, il est invisible pour les yeux, le Christ spirituel, le Christ de la foi est au-delà de la vie et de la mort biologiques.
[...]

La question pour tout chrétien n'est donc pas d'essayer de savoir comment Jésus est apparu il y a deux mille ans, mais comment il peut être présent aujourd'hui parmi nous et dans la vie de chacun. Or aujourd'hui, il est évident que le mode de présence du Christ est spirituel. Il est présent par son esprit, par son enseignement, son Evangile qui nous fit vivre.
[...]

Que faire alors des récits d'apparitions puisque, aussi merveilleux soient-ils, ils paraissent ne plus nous concerner directement depuis l'Ascension ? Cette question est délicate et a été sujet de grands débats au sein même du protestantisme il y a un siècle entre les libéraux et les orthodoxes. Les uns, au nom d'une lecture rationnelle des évangiles prétendaient que ces récits étaient inventés ; les autres soutenaient qu’il fallait y croire littéralement comme un acte de foi. Aujourd'hui, la dispute est terminée : on considère que ce qui s'est passé à l'époque, historiquement, importe peu, chacun peut croire comme il le veut, nous n'y sommes pas et cela ne nous concerne pas directement. L’important est de chercher ce que chaque texte peut vouloir dire pour nous aujourd'hui. Pour cela, le grand principe interprétatif de l'Écriture est de se dire chaque fois : ce texte parle de moi, ici et maintenant, et donc ce que j'y lis, c'est le récit de ce que je peux expérimenter dans ma foi, là, tout de suite.

Bien sûr, cela demande souvent de faire un travail d'interprétation du texte. Par exemple, le récit de guérison d’un aveugle peut me concerner même si j'ai une bonne vue sur le plan médical, parce que je ne vois pas clairement qui je suis, qui est Dieu et où je vais, et que le Christ peut m'ouvrir les yeux et m'éclairer intérieurement. De la même manière, lorsque je lis le récit où Jésus invite Pierre à le rejoindre en marchant sur l'eau, je comprends que Jésus peut me faire marcher sur les eaux même si je suis dans mon salon, car la mer représente l'épreuve et la mort et avec Dieu je Peux traverser des événements me semblant intraversables. Il en va de même pour les récits d'apparitions du Jésus ressuscité: je n'attends bien entendu pas de rencontrer le Christ ressuscité en chair et en os. Pour m'approprier ces récits, il me faut les interpréter comme parlant de façon imagée de la rencontre que je peux faire spirituellement du ressuscité aujourd'hui. Ces textes deviennent alors merveilleusement vivants.
[...]


Réjouissons-nous donc, parce que Christ est ressuscité, il est vivant, pour chacun de nous aujourd'hui ; il est notre compagnon de route, il marche avec nous. Chaque fois que nous nous en éloignons, il vient à notre rencontre pour nous donner un souffle de vie. Il vient vers nous dans notre activité quotidienne, comme il l'a fait pour les apôtres qui peinaient en pêchant sur le lac. Quand on rencontre le Christ dans sa vie, c’est une explosion de joie, de fécondité, de paix, d'amour et de tendresse. C'est tout ce que nous pouvons souhaiter à chacun.

Christ est vivant aujourd'hui pour nous, il est ressuscité, il est vraiment ressuscité, il est relevé des morts, et il nous relève de toutes nos morts avec lui.

 


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