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La tempête apaisée

 

Marc 4.35-41

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

5 avril 2016

Marc 4.35-41
Ce jour-là, quand le soir fut venu, Jésus dit à ses disciples :
-  Passons de l’autre côté du lac.
Ils laissèrent la foule et emmenèrent Jésus sur le lac, dans la barque où il se trouvait. D’autres bateaux les accompagnaient.
Or, voilà qu’un vent très violent se mit à souffler. Les vagues se jetaient contre la barque, qui se remplissait d’eau. Lui, à l’arrière, dormait, la tête sur un coussin. Les disciples le réveillèrent et lui crièrent :
-  Maître, nous sommes perdus, et tu ne t’en soucies pas ?
Il se réveilla, parla sévèrement au vent et ordonna au lac :
-  Silence ! Tais-toi !
Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Puis il dit à ses disciples :
-  Pourquoi avez-vous si peur ? Vous ne croyez pas encore ?
Mais eux furent saisis d’une grande crainte ; ils se disaient les uns aux autres :
-  Qui est donc cet homme pour que même le vent et le lac lui obéissent ?

« Passons de l’autre côté du lac ». « Passons de l’autre côté du lac ». Si les disciples avaient su ce qui les attendait, ils auraient sûrement émis quelques objections ; ce jour, ils n’avaient pas regardé M ou Mme Météo donner les prévisions de la météo !

Ils n’en auraient d’ailleurs pas eu le temps. Ce fut une journée bien remplie ; quand on lit les passages bibliques qui précèdent, on voit que, depuis le petit matin, Jésus n’avait pas cessé de parler à la foule. Et être dans une foule toute une journée, c’est vraiment très fatigant. Je préfère faire 20 km dans la montagne, c’est moins fatigant que de piétiner quelques heures dans la foule. On peut comprendre Jésus quand il demande à ses disciples de tout laisser et d’aller autre part, de l’autre côté du lac. Mais, on l’a lu, ce ne fut pas facile d’aller de l’autre côté. Entre ce côté et l’autre, il y a la tempête.

« Passons de l’autre côté » ; ces paroles résonnent comme une invitation que Jésus adresse à ses disciples, mais aussi à nous, à moi, une invitation à aller plus loin, une invitation au départ, à se mettre en mouvement, une invitation à évoluer, une invitation à passer à quelque chose d’autre, à quelque chose de mieux, peut-être à un changement de vie, à une vie différente.

Mais là aussi, ce n’est pas toujours facile de « passer de l’autre côté » ; on préfère souvent garder ce qu’on a ou ce qu’on est, même si ce n’est pas fameux, parce qu’au moins on sait ce qu’on a, c’est du connu ; changer comporte une part d’inconnu, c’est toujours un peu angoissant, et puis surtout, on a peur de la tempête, du bouleversement qu’il pourrait y avoir dans notre vie, on a peur de chavirer, de couler, on a souvent peur d’aller plus loin. Aujourd’hui, Jésus nous invite à aller plus loin, à passer avec lui de l’autre côté, d’un autre côté, à regarder la vie par un autre côté.

Les disciples cherchent une barque, et on se met à ramer. Il commence à faire nuit, ce n’est pas très rassurant, les nuages jouent avec la lune, bientôt les étoiles sont cachées, le vent se met à souffler, et sans prévenir, c’est la tempête.
La tempête, les Français connaissent maintenant, alors imaginez une petite barque de rien du tout perdue au milieu du lac. Peut-être direz-vous : « oui, ils auraient dû prévoir, Pierre et ses frères sont des pêcheurs, ils ont de l’expérience... » Mais vous savez, le lac de Galilée a ceci de particulier, c’est qu’on ne peut pas prévoir la tempête. Elle arrive toujours sans prévenir ; autour du lac, il y a des montagnes très raides, alors quand le vent descend le long des pentes, il se jette sur le lac avec toute sa violence, et alors là, on plaint les pêcheurs qui se sont aventurés sur l’eau. Ce n’est pas la première fois que des barques coulent en plein milieu du lac. Et ça, nos braves disciples le savaient ; il n’y avait pas France-Info à l’époque, mais ce genre de drame fait vite le tour du lac et des maisons…

C’est toujours plus terrible une tempête la nuit, quand il n’y a plus d’étoiles pour se guider, quand on ne voit plus rien, quand on n’a plus de repères.

C’est toujours plus terrible une tempête la nuit, quand on se réveille, la tête pleine de soucis, quand les pensées tournicotent et tourbillonnent sans plus savoir comment les arrêter, c’est terrible, quand on se sent perdu, quand il n’y a plus d’étoiles dans notre vie, quand tous les repères se sont effondrés, quand on sait plus vers qui ou vers quoi se tourner, quand il ne reste plus que les somnifères et les rêves artificiels.

C’est terrible, une tempête la nuit, ça fait horriblement peur, surtout quand les vagues commencent à remplir le bateau, quand le vent fait grincer l’armature. Et ces douze hommes dans la barque ne sont maintenant plus maîtres de leur embarcation, ils sentent monter dans leurs tripes la peur, la peur de la mort. Le vent souffle trop fort, les vagues sont trop hautes, on ne tiendra plus très longtemps, encore quelques minutes, et ce sera la catastrophe, on sera fichu pour de bon…

Douze hommes qui se battent contre les éléments, douze hommes en détresse, douze hommes qui ont peur… mais il y a un treizième homme à bord.

Ce treizième homme dans la barque, c’est Jésus. Et là, c’est le contraste absolu : tout est déchaîné, rien ne va plus, mais lui, il dort ; il dort comme un petit enfant, profondément, intensément, il n’entend pas le vent, il n’entend pas les cris.

Et j’imagine les disciples qui sont là, qui ne savent pas trop s’ils ont le droit de réveiller le maître, s’ils ont le droit de d’interrompre son sommeil ; mais la situation devient trop grave, il y va de la vie de tous, alors, ils le réveillent ; ils savent que lui seul peut les sauver, Jésus devient leur seul espoir, leur seule solution.

« Maître, nous sommes perdus » et puis, dans leur désarroi, ils se permettent de lui faire des reproches et c’est compréhensible : « on en train de couler, et tu ne te soucies pas de nous ; comment peux-tu dormir, alors que nous périssons, enfin tu te rends pas compte de la situation ? »

Ce reproche adressé à Jésus, je l’ai souvent entendu : « Pourquoi ne fait-il rien pour ma vie ? Pourquoi reste-t-il si souvent silencieux ? Pourquoi ne se soucie-t-il pas plus de nous ? Pourquoi ne voit-il pas le malheur de ma vie, mon désespoir ? Pourquoi me laisse-t-il seul à me battre contre les tempêtes de ma vie ? Ne voit-il pas que parfois je suis en train de couler ? »

Comment répondre ? Comment répondre à ce cri, à cet appel, à cet appel au secours, ce SOS lancé vers le ciel, un ciel qui semble parfois fermé ?

Là, dans ce récit, Jésus se lève, d’un mot, il calme le vent, la tempête s’arrête soudain, un grand calme se fait, tout redevient paisible, c’est le soulagement et l’étonnement.

Mais dans notre vie, ce n’est pas toujours ainsi que cela se passe ; ça serait si facile s’il suffisait de secouer le coude de Jésus, mais Jésus n’est plus là, et quand la tempête de la maladie, de la détresse, des soucis souffle plusieurs jours, peut-être plusieurs mois sur notre vie, on sent parfois si seul, si démuni, si perdu…
Alors, à partir de ce récit, j’aimerais ce matin, vous laisser deux pensées :

1) Ici, dans ce texte, Jésus a calmé la tempête qui rugissait autour de la barque ; le vent s’est arrêté, la mer s’est apaisée. La première chose que je vous souhaite et pour laquelle je prie, c’est que la paix et le calme se fassent d’abord dans votre cœur ; plus important que l’apaisement de la tempête extérieure qui parfois continue malgré la prière, - c’est l’apaisement intérieur, la paix intérieure que Jésus seul peut vraiment donner ; une paix intérieure qui permettra de faire face à la tempête. Parfois, à la surface de l’eau, tout est déchaîné, mais au fond, l’eau est calme ; c’est ce calme, cette paix, malgré la tempête que vraiment je vous souhaite en premier.

2) Ensuite, avec cette paix, je vous souhaite la confiance ; la confiance que, même si j’ai parfois l’impression que Jésus dort, je puisse quand même être assuré de son amour pour moi, du souci qu’il a pour moi, une confiance qui me permettra de traverser la tempête.

Paix et confiance malgré la tempête ; quand on a, quand on reçoit cette paix, cette confiance, alors d’une manière inexplicable, cette paix, cette confiance va en quelque sorte se répandre, se propager, se diffuser, de telle manière que la tempête elle-même va se calmer et s’apaiser ; et comme les disciples alors, on sera étonné et reconnaissant.
Paix à l’intérieur, paix vers l’extérieur, au milieu des tempêtes de notre vie...

J’aimerais maintenant vous inviter à fermer quelques instants vos yeux… et d’évoquer en vous, les tempêtes à travers lesquelles vous êtes passés, ou celle(s) que vous êtes peut-être en train de vivre… tempêtes de la maladie, de la solitude, de l’angoisse, de la dépression, tempêtes provoquées par des situations dramatiques de votre vie ou de celle de personnes proches…

A présent, je vous invite à faire une prière dans votre cœur, une prière qui sera peut-être différente pour chacun… cette prière peut être tout simplement un appel au secours, une prière pour recevoir la paix, pour recevoir la confiance et la force de lutter… cette prière peut aussi être une prière de reconnaissance pour l’apaisement reçu dans le cœur, pour la délivrance, la fin de la tempête… cette prière peut aussi être une prière d’intercession pour une personne proche de vous qui passe peut-être justement en ce moment par la tempête, pour qu’elle reçoive la paix et la confiance

Que ce soit un SOS, un appel au secours, un remerciement, une demande pour quelqu’un d’autre, que chacun fasse la prière qu’il a au fond de son cœur.

Le Seigneur est dans la barque de votre vie, il entend votre prière, il vous accorde sa paix au milieu de la tempête.

 


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