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Il est temps d’écouter

les gens « sans religion »


Pourquoi tant de gens ne se disent même plus nominalement « anglicans »

 

Chanoine Allan Bllings

Church Times
hebdomadaire de l'Église d'Angleterre
du 18 juin 2016

traduction Gilles Castelnau

20 juin 2016

Les récents sondages confirment ce que les chrétiens réfléchis ont compris depuis au moins deux décennies (et même davantage) : nous sommes dans un temps « sans religion ».
« Sans religion » veut dire que les gens ne vont pas à l’église, même pas épisodiquement, et que la religion ne joue aucun rôle évident dans leur vie.
Ce qui est maintenant nouveau est que les gens n’hésitent pas à le dire, ce qu’ils ne faisaient pas il y a 20 ans. Il n’y a plus de pression sociale incitant à se dire « anglican » (NB. En France on dirait : « catholique ») quand on était, en fait « sans religion ». Ceci est un changement très significatif qui est survenu de notre vivant.

[...]

Les membre du clergé et les chrétiens engagés doivent prendre conscience de la situation dangereuse où se trouve l’Église.
Les efforts qui ont consisté à « faire grandir l’Église » ou à moderniser son expression peuvent avoir provoqué l’augmentation de certaines paroisses mais globalement l’Église est en train de couler. La stratégie n’a pas fonctionné.
Ceci suggère que nous comprenons mal ceux qui se déclarent « sans religion ». En fait, nous ne savons presque rien de leur spiritualité. Il nous faut les écouter.

En tant qu’aumônier de la Police, je vis dans un milieu non religieux et j’entends ceci :

les gens disent que l’Église ne leur a rien apporté comme guide moral
et ne leur a fourni aucun exemple de moralité.


Durant les dernières décennies, qu’ils fréquentent ou non les églises, les gens se sont trouvés confrontés à une série de problèmes moraux personnels : rôle des femmes dans la famille et au travail, avortement, divorce, relations homosexuelles etc. Mais au lieu de trouver de l’aide de la part de l’Église, ils ont trouvé celle-ci en proie à d’interminables débats internes qui les abandonnait à eux-mêmes.

Ils ont été nombreux à élaborer dès lors une sorte d’éthique de situation centrée sur l’amour (vertu chrétienne certes fondamentale) qui leur a paru convaincante au point que lorsque l’Église a fini par se prononcer, elle s’est souvent trouvée du côté des mauvais arguments. Elle se trouvait bloquée dans une tradition qui paraissait non seulement inacceptable mais immorale. Dire, par exemple, à un couple homosexuel qu’il lui était interdit de vivre physiquement son amour transformait une relation d’amour en quelque chose de destructeur. L’enseignement éthique de l’Église apparaissait dès lors comme indigne.

La manière dont l’Église a géré les questions de pédophilie a également provoqué chez beaucoup colère et mépris.

Retrouver la confiance des gens nécessite plus que de dire des excuses qui ne paraissent pas, dans ce cas, à la hauteur de la situation.

Maintenant que je regarde les choses du point de vue d’un responsable d’une institution – la police – qui a, elle aussi, manqué à ses devoirs, je prends conscience de la profondeur de la déception, de la frustration et de la colère de ceux qui se déclarent désormais « sans religion » éprouvent envers l’Église et son enseignement.

Il ne sera pas facile pour l’Église de se resituer en institution capable de participer aux débats de la société sur les sujets éthiques. Il lui faudrait d’abord changer sa propre culture et cela implique premièrement que nous nous regardions nous-mêmes comme les autres nous voient.
Cela commence dans les paroisses et dans les rencontres pastorales : que l’on y développe une capacité d’écoute. Notamment de ceux qui se disent « sans religion » et prendre conscience ce qu’ils ont à nous dire.
C’est seulement alors que nous saurons ce que peut être l’Évangile pour notre génération.

Mais cela nous prendra certainement beaucoup de temps.




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