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Religion et politique (1886-1952)

 

Helwar Hernando Figueroa Salamananca

 

Éd. L'Harmattan
334 pages – 33,50 €

 

recension Gilles Castelnau


Helwar Figueroa a une connaissance immense
des détails de l’histoire politique, sociale et religieuse de la Colombie. Il est évidemment conscient de la place prépondérante qu’a jouée l’Église catholique naguère et jusqu’à la moitié du XXe siècle et de la différence entre le « corporatisme » qu’elle promouvait et le « libéralisme » économique qui tendait à s’installer.
Tout au long de cet important livre, il s’adresse plutôt aux fins connaisseurs de la Colombie, car il multiplie à l’infini les exemples, les noms de lieux et de personnes. Les très nombreuses citations en espagnol de livres et de journaux ne sont pas traduites en français, ce qui gêne parfois la lecture.
On est un peu frustré de voir cette étude s’arrêter en 1952 car il serait intéressant de voir comment les communautés de base suscitées par les théologiens de la Libération ont proposé une alternative au corporatisme conservateur et d’étudier également les modifications sociales apportées par les paroisses pentecôtistes, leurs pasteurs locaux et leur organisation financière.

 

Prologue

professeur Rodolfo R. de Roux, de Toulouse

Un des grands mérites de l'auteur est qu'il montre et analyse la cohérence du projet global que nourrissait l'Eglise catholique pour la société colombienne au milieu de XXe siècle, tant sur le plan politique (un État confessionnel) qu'économique (un État corporatiste) et culturel (un « hispanisme » catholique et conservateur). L'Etat confessionnel garantissait à l'Église la possibilité de « tout restaurer dans le Christ » et de faire de la Colombie une Cristilandia comme le proclamait, en 1951, le prêtre jésuite Felix Restrepo. L'État corporatiste était la réponse catholique au capitalisme et au socialisme. Quant à l'hispanisme, avec sa triade langue, race et religion, il était considéré comme la meilleure arme culturelle contre la « menace » de l'athéisme « bolchévique et socialiste » et contre la modernité triomphante, anglo-saxonne et protestante, d'après la deuxième guerre mondiale. L'analyse de ce projet global de société, qui prônait le retour à une société théocratique, hiérarchique, organique et corporative, fait de l'ouvrage de Figueroa un bon apport à l'étude de la pensée réactionnaire catholique en Colombie - et de la pensée réactionnaire catholique tout court.
[...]
Nul ne doute qu'au-delà de l'intérêt pour l'histoire de la Colombie, l'ouvrage de H. Figueroa peut être lu comme un épisode, en terres sud-américaines, de la lutte séculaire de l'Église catholique contre une modernité redoutée. Les diverses tentatives de laïcisation des États et les processus de sécularisation de la société ont été considérés par le Vatican, depuis le XIXe siècle, comme le fruit empoisonné d'une longue liste d' « erreurs modernes » : de la Réforme protestante, en passant par les Lumières, jusqu'à l'apostasie sociale et politique de la Révolution (française, mexicaine, bolchevique) et du sécularisme actuel. Petit à petit, l'autonomie de l'individu vis-à-vis du domaine religieux s'est accrue dans tous les aspects de la vie, privée et collective, ce que l'Église catholique considère comme une erreur fatale. Pour elle, seule la restauration d'une « société catholique » - dans laquelle la hiérarchie ecclésiastique aurait le droit de décider des principes constitutionnels et des normes fondamentales de la vie collective - peut conduire à un ordre social pacifique, prospère et heureux.

 


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