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Jacob, Rachel, et le puits... (2)

 

Genèse 29.1 – 14

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

1er mars 2016

Genèse 29.1-14
Jacob reprit sa marche vers les pays de l’Orient. Un jour, il aperçut dans la campagne un puits où l’on fait boire les troupeaux. Trois troupeaux de moutons et de chèvres étaient couchés alentour. L’ouverture du puits était fermée par une grosse pierre que l’on roulait de côté lorsque tous les troupeaux y étaient rassemblés. Après avoir abreuvé les bêtes, on remettait la pierre sur l’ouverture. 4 Jacob demanda aux bergers :
- D’où êtes-vous, les amis ?
- Nous sommes de Harân, lui répondirent-ils.
- Alors, reprit-il, connaissez-vous Laban, descendant de Nahor ? —Oui, nous le connaissons.
- Comment va-t-il ?
- Il va bien. D’ailleurs, voici justement sa fille Rachel qui vient avec les moutons et les chèvres.
- Mais, dit Jacob, il fait encore grand jour ! Ce n’est pas le moment de rassembler le bétail. Faites-donc boire les brebis et ramenez-les aux pâturages !
- Nous ne devons rien faire, lui répondirent-ils, avant que tous les troupeaux soient rassemblés ; alors seulement on roule la pierre qui bouche l’ouverture du puits et nous faisons boire les bêtes.
Pendant qu’il s’entretenait ainsi avec eux, Rachel arriva avec les moutons et les chèvres de son père. Elle était en effet bergère. Lorsque Jacob vit Rachel, la fille de son oncle Laban et les bêtes de son oncle, il s’approcha, roula la pierre de l’ouverture du puits et fit boire les moutons et les chèvres de son oncle. Puis il embrassa Rachel et éclata en pleurs.
Il apprit à la jeune fille qu’il était un parent de son père, un fils de Rébecca. Rachel courut prévenir son père. Dès que Laban entendit parler de Jacob, le fils de sa sœur, il se précipita à sa rencontre, le serra contre lui et l’embrassa, puis il le conduisit dans sa maison. Alors Jacob lui raconta tout ce qui s’était passé.  Laban lui dit : - Tu es bien du même sang que moi !
Pendant tout un mois, Jacob demeura chez lui.


Quelles leçons tirer de ce joli récit, quels enseignements nous livre ce texte ?

A première vue, pas grand-chose ; il n’y a rien de vraiment transcendent dans cette histoire.

C’est une belle histoire, une belle rencontre, alors que dire ? Que Dieu, mystérieusement, dirige nos vies, qu’aucune circonstance ne lui échappe, qu’il vaut la peine de lui faire confiance ? Oui, sûrement, c’est bien, mais beaucoup d’autres récits nous disent la même chose !

Alors ? Alors pour trouver ce qui est particulier dans un récit banal et ordinaire, il faut creuser un peu plus (c’est le cas de le dire !), observer de plus près les détails et se poser des questions, du genre : qu’est-ce qui est original, spécial, qu’est-ce qui étonne, qui est inhabituel, qu’est-ce qui frappe l’imagination du lecteur ?

Ce qui m’a frappé en lisant et en relisant ce texte, c’est le personnage central, ce personnage qui donne la clé de l’énigme ; mais attention, ce personnage central, ce n’est pas un des acteurs présentés dans le récit ; en fait, le personnage central, ce n’est pas une personne, c’est un objet, une petite construction en pierre !

Le personnage central, c’est le puits ; c’est lui qui est au centre du récit ; c’est autour de lui que tout se joue, et c’est lui qui nous donnera, il me semble, ce qu’on peut considérer comme le principal enseignement de récit.

Ce qui m’a frappé, ce qui a retenu mon attention, c’est que ce puits n’est pas comme tous les autres que nous connaissons habituellement : quelle est la particularité de ce puits ? Il est fermé. Une grosse pierre en bouche l’accès.

Alors, quel enseignement nous donne ce puits ? Ce puits est un symbole, une image. Une image de la vie de Jacob ; peut-être une image de notre propre vie ?

Jacob a soif, il a longtemps marché. Mais plus que la soif physique, nous pouvons imaginer qu’il y avait en lui une autre soif : la soif de trouver le repos, d’être en sécurité ; une soif, un désir ne plus fuir, de ne plus fuir la vie, de ne plus avoir peur de la vie ; mais peut-être aussi la soif d’être reconnu et aimé pour ce qu’il est : Jacob, et non le « fils cadet qui veut prendre la place de l’aîné », non le « petit chéri à sa maman », non le petit Jacob « bien sage qui restait dans les tentes et faisait tout ce que sa mère lui demandait » ; la soif d’être vraiment lui-même, et non un menteur, non un trompeur ; la soif de pouvoir donner le meilleur de lui-même, la soif d’être aimé pour sa personne, pour ce qu’il est et non pour ce qu’il représente.

Nous avons les mêmes soifs : soif de paix, de sécurité, d’amour, de respect, de vivre pleinement, de ne plus devoir jouer un rôle mais d’être enfin soi-même, soif d’être reconnu, accepté tel qu’on est ; soif de vivre une vie qui fasse honneur à Dieu.

Mais, malheureusement pour Jacob et peut-être pour nous : le puits si longtemps cherché est fermé est bouché par une grosse pierre ! L’accès à la vraie vie, à la vraie source, nous semble parfois fermé : par notre passé, par des circonstances contraires, par tant de choses en nous qui sont comme de lourdes pierres qui nous empêchent d’accéder et de goûter pleinement à la source d’eau rafraîchissante et vivifiante…

Alors, que faire ? Se décourager, se désespérer, chercher ailleurs, quitte à être encore plus déçu, plus assoiffé ? Faut-il que chacun reparte avec sa soif ?

Non ! Il faut que quelqu’un vienne rouler la pierre ! Rouler la pierre, ça ne vous rappelle rien ? Pour que la mort soit vaincue, pour que la vie puisse jaillir, pour que la soif soit étanchée pour toujours, il fallait que la pierre soit roulée et enlevée !

En roulant la pierre, Jacob ne savait pas que beaucoup d’années plus tard, une autre pierre sera roulée ! Celle du tombeau, celle qui gardait prisonnier toutes les espérances des hommes, celle-là aussi a été roulée, enlevée.

Et aujourd’hui, d’autres pierres peuvent être roulées : toutes ces pierres dans ma vie, dans mon cœur, dans mon âme, toutes ces pierres qui m’empêchent de me désaltérer, qui m’empêchent de vivre pleinement !

Ma prière, aujourd’hui, c’est que Dieu vienne rouler ces pierres, libérer la vie, étancher la soif ! Qu’en lui, nous puissions trouver le repos, la sécurité et la paix ! Qu’il roule de dessus nos vies ces rochers de mort, que la lumière entre, que la vie, sa vie vienne en nous !

Le puits n’est plus fermé ! La pierre est roulée. L’eau est à portée de main. Pour chacun d’entre nous, aujourd’hui et pour toujours !

La source est là, au plus profond du puits, au plus profond de notre vie. Elle n’est pas à l’extérieur, elle n’est pas ailleurs, elle n’est pas dans un livre, elle n’est pas dans une technique, elle n’est pas dans un temple, elle est en toi.

« Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi », écrivait Christiane Singer.

Et Jésus de dire à la Samaritaine, autour du puits de Jacob : « Celui qui boit de cette eau aura encore soif. Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Bien plus, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source intarissable qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4.13-14)

Et puis, dans l’évangile de Luc, Jésus prononcera ces paroles qui vont exactement dans le même sens : « Ne savez-vous pas que le royaume de Dieu est au-dedans de vous ? » (Luc 17.21)…

Qu’est-ce qui, en nous, est touché quand on est devant un magnifique paysage, une œuvre d’art, un chant d’oiseau, une musique, un regard, une parole ? Qu’est-ce qui vibre au plus profond de nous quand nous rencontrons un visage aimé, un ami intime ? Qu’est-ce qui, en nous, est remué par une expérience spirituelle ? Et aussi : qu’est-ce qui, en nous, se révolte devant le mal, la souffrance et l’injustice ? N’est-ce pas cette part divine, cette source divine, cette parcelle de « Dieu » ? Ce reste, ce résidu, ce dépôt, le reflet divin de l’image de Dieu en nous, cette étincelle divine en nous, le murmure de Dieu, le souffle, la brindille, l’écho, le « lumignon qui fume encore » dont parle l’Evangile…

Dieu n’est pas au-dehors, il est au-dedans. Il n’est pas là-haut, il n’est pas là-bas, il n’est pas seulement dans la religion, il n’est pas seulement dans les cérémonies, même si ces dernières disent quelque chose de lui – il est aussi et surtout en moi. Et je ne le savais pas. Je l’ai cherché dans le cosmos, je pensais le découvrir dans un livre ou dans un temple, je l’ai rencontré en Jésus-Christ et, à travers lui, je l’ai aussi rencontré en moi, source intérieure, source d’eau vive, source de joie, source de paix : il n’y a qu’à laisser couler… après avoir déblayé les multiples cailloux de la peur, de l’ignorance et de l’orgueil.

La pierre a été roulée : la source peut couler. Dieu est la source. Dieu est ma source. Jésus est le canal, il est la rivière, il donne la direction, il montre le but.

Alors, va, va à la rencontre de ton puits, déblaie les cailloux, et laisse couler la source. Elle étanchera ta soif, elle fera du bien à ceux qui t’entourent. Elle sera ta bénédiction, aujourd’hui et « jusque dans la vie éternelle » ! Amen !
Interlude

Silence et prière :

Nous sommes peut-être comme Jacob : devant un puits fermé… fermé par une lourde pierre. Quel nom porte la pierre / les pierres qui m’empêche d’aller de l’avant, qui entrave ma vie, qui paralyse ma vie, qui étouffe l’élan de vie, qui empêche la source de couler ?

Seigneur, tu vois toutes ces pierres dans nos vies qui bloquent la lumière, qui font barrage à la vie, qui freinent la vie…
Seigneur, nous te prions : que roule la pierre, que roule la peur, que vienne la lumière, que vienne la confiance, que coule la source de la vie, que vienne le courage d’être, le courage de vivre, le courage de dire oui, ou de dire non, le courage de s’engager dans la vie pour soi, pour les autres, pour le monde, pour toi ! Amen !


 


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