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Jacob, Rachel, et le puits...

 

Genèse 29.1 – 14

 

prédication

pasteur René Lamey 

 

24 février 2016

Ceux qui commencent à lire la Bible sont souvent dépassés par le nombre de personnages qu’ils rencontrent au fil de leur lecture, surtout s’ils ont commencé cette lecture par le livre de la Genèse. Bien souvent, on s’emmêle les pédales, on ne sait plus vraiment qui est le fils de qui, si tel patriarche vient avant ou après tel l’autre, bref, on a du mal à situer ce beau monde.

Et bien souvent aussi, ces personnages ou les événements qu’ils vivent nous étonnent, on est parfois surpris voire déconcertés ou dérangés par leur comportement. Il arrive aussi qu’on ne comprenne plus trop ce qui s’y passe : parfois, l’histoire est belle, parfois, c’est beaucoup moins beau et on se demande pourquoi la Bible raconte telle ou telle histoire sanguinaire ou malhonnête.

Pourquoi, au fait, la Bible raconte-t-elle toutes ces histoires ? C’est justement la question qu’il convient de se poser ! Ou mieux : quand vous êtes devant un texte de la Bible, il faut se poser les quelques questions suivantes :
- pourquoi l’auteur ou les auteurs ont-ils raconté ou écrit ces récits ?
- pourquoi les ont-ils racontés de cette façon-là et pas d’une autre ?
- quelle est leur vision de Dieu, du monde, du rôle de l’homme ?
- qu’ont-ils voulu transmettre à leurs lecteurs ?
- quelles leçons de vie pouvons-nous en tirer pour aujourd’hui ?

En vous posant ces questions, vous apprendrez beaucoup de choses et la lecture de la Bible deviendra intéressante, nourrissante, profitable.

C’est ce que nous faisons d’ailleurs depuis le début de ces prédications sur les patriarches. Et c’est ce que nous ferons encore aujourd’hui et dans les mois à venir, et ce sera d’autant plus important que nous allons aborder des textes qui sont, de prime abord, assez faciles à lire et à comprendre ; il y aura néanmoins une difficulté de taille : elle réside dans la totale absence de spiritualité, de verticalité, de recherche de Dieu ; ces textes, que peuvent-ils alors nous apprendre ? Eh bien, c’est ce que nous verrons aujourd’hui…

Le chapitre 29 ouvre une nouvelle page de la vie de Jacob ; nous allons faire connaissance avec des personnes qui vont considérablement influencer la vie de notre patriarche adoré.

Entre la première partie de sa vie - et nous avons vu de quoi elle était faite, le résultat n’est franchement pas très beau - et la seconde partie, (et nous espérons que cela ira un peu mieux), il y a eu la rencontre avec Dieu, ce fameux rêve de l’échelle.
Si nous nous mettions à la place d’un lecteur qui ne connaît pas la suite de l’histoire, nous pourrions nous demander : « Suite à cette extraordinaire rencontre avec Dieu, Jacob a-t-il changé ? Aura-t-il un autre comportement ? Va-t-il s’améliorer ? »

La réponse, nous la trouverons dans les récits à venir. Ces récits nous montreront que la rencontre avec Dieu n’est pas toujours synonyme de changement radical, complet et définitif, mais plutôt et le plus souvent le début d’un long processus de croissance spirituelle, une croissance qui amènera, au fil des jours, des mois, et des années, des changements dans la vie. Il faudra des années à Jacob pour changer, il faudra peut-être aussi des années à notre vie pour qu’elle grandisse, qu’elle s’épanouisse. C’est une des leçons sous-jacentes des récits que nous allons lire aujourd’hui et dans les mois à venir. En tous cas, il y a de l’espoir pour vous et pour moi : tout n’est pas fini, on peut encore progresser et s’améliorer, même s’il faut du temps !

Genèse 29.1-14
Jacob reprit sa marche vers les pays de l’Orient. Un jour, il aperçut dans la campagne un puits où l’on fait boire les troupeaux. Trois troupeaux de moutons et de chèvres étaient couchés alentour. L’ouverture du puits était fermée par une grosse pierre que l’on roulait de côté lorsque tous les troupeaux y étaient rassemblés. Après avoir abreuvé les bêtes, on remettait la pierre sur l’ouverture. Jacob demanda aux bergers :
- D’où êtes-vous, les amis ?
- Nous sommes de Harân, lui répondirent-ils.
- Alors, reprit-il, connaissez-vous Laban, descendant de Nahor ?
- Oui, nous le connaissons.
- Comment va-t-il ?
- Il va bien. D’ailleurs, voici justement sa fille Rachel qui vient avec les moutons et les chèvres.
- Mais, dit Jacob, il fait encore grand jour ! Ce n’est pas le moment de rassembler le bétail. Faites-donc boire les brebis et ramenez-les aux pâturages !
- Nous ne devons rien faire, lui répondirent-ils, avant que tous les troupeaux soient rassemblés ; alors seulement on roule la pierre qui bouche l’ouverture du puits et nous faisons boire les bêtes.
- Pendant qu’il s’entretenait ainsi avec eux, Rachel arriva avec les moutons et les chèvres de son père. Elle était en effet bergère. Lorsque Jacob vit Rachel, la fille de son oncle Laban et les bêtes de son oncle, il s’approcha, roula la pierre de l’ouverture du puits et fit boire les moutons et les chèvres de son oncle. Puis il embrassa Rachel et éclata en pleurs.
- Il apprit à la jeune fille qu’il était un parent de son père, un fils de Rébecca. Rachel courut prévenir son père. Dès que Laban entendit parler de Jacob, le fils de sa sœur, il se précipita à sa rencontre, le serra contre lui et l’embrassa, puis il le conduisit dans sa maison. Alors Jacob lui raconta tout ce qui s’était passé.  Laban lui dit : - Tu es bien du même sang que moi !
Pendant tout un mois, Jacob demeura chez lui.

Voilà qui contredit ce que j’ai affirmé tout à l’heure, avec mes insinuations d’histoires sanguinaires et immorales !

Ça, c’est une belle histoire, non ? C’est d’ailleurs la seule qui soit belle dans tout le cycle de Jacob ! En plus, c’est une belle histoire d’amour romantique comme on en rêve tous ! Au premier regard, c’est le coup de foudre ! Le fils du riche propriétaire tombe éperdument amoureux de la pauvre petite bergère ! Merveilleux, non ? Une histoire d’amour de conte de fée ! C’est d’autant plus beau que cet amour sera vrai, sincère et partagé.

Mais c’est un amour qui va être contrarié : les hommes et les circonstances vont tout faire pour tenter de détruire cette belle romance. Jacob et Rachel seront-ils plus fort que l’adversité ? Leur amour vaincra-t-il les obstacles ? Et voilà, le suspens est mis en place.

Le texte met aussi en place les trois personnages-clés de cette histoire qui va s’étaler sur trois longs chapitres et sur de longues années. Ces personnages sont : Jacob, évidemment, Rachel et Laban (Léa viendra rejoindre le trio un peu plus tard). Qui sont-ils ?

1. Jacob
On le connaît. On a suivi ses frasques. Malgré tout, Dieu le rejoint et lui donne des promesses. Encouragé par ces promesses, Jacob arrive dans le pays vers lequel sa mère l’avait envoyé.

C’est la fin de la journée. Jacob s’arrête à un puits, et là, rencontre éblouissante avec Rachel.

En Orient, tous les chemins ne mènent pas à Rome, mais ils passent obligatoirement près d’un puits. Le puits, c’est un peu comme une agence matrimoniale naturelle (un peu comme l’étaient les bals du samedi soir de notre jeunesse) : c’est là que, tout naturellement, les jeunes garçons et les jeunes filles peuvent se rencontrer et parler entre eux, faire connaissance. C’est là que les premiers regards s’échangent, c’est là qu’ont lieu les premiers battements de cœur (sera-t-il là ce soir, avec les autres bergers, sera-t-elle là avec sa cruche ?), c’est là qu’on lieu les premiers espoirs, les premières promesses, c’est là, au bord du puits, qu’on parle mariage.

Le puits, c’est un important lieu de rencontre. Dans la Bible, il y a d’autres rencontres importantes qui ont eu lieu autour d’un puits, des rencontres parfois conclues par un mariage ! Lesquelles ?
- Eliezer, le serviteur d’Abraham, rencontre Rébecca autour d’un puits. Et elle se marie avec Isaac (Genèse 24).
- le fils de Rébecca – Jacob – rencontre Rachel autour du puits ; ça se terminera par un mariage (Genèse 29) (notre récit)
- plus tard, un autre homme qui est aussi en fuite rencontre sa future femme près d’un puits (?) : Moïse et Séphora (Exode 2).
- Jésus rencontre la Samaritaine, autour d’un puits (Jean 4) ; il n’y a pas de mariage, mais c’est l’occasion d’un enseignement spirituel important.
C’est donc autour d’un puits que Jacob tombe sous le charme innocent de la petite bergère.

2. Rachel
La petite bergère, c’est Rachel. Rachel, c’est la cousine de Jacob, mais cela il ne le sait pas encore.

Pour se faire remarquer par elle, Jacob va jouer sur plusieurs tableaux (ex. : dans un compartiment de wagon où il n’y a que des hommes, entre une jeune et jolie femme, observez le comportement des hommes !).

Pour s’attirer les beaux yeux de Rachel, Jacob n’hésite pas à bousculer les traditions et les coutumes locales. Autour de ce puits, en général, on attendait que tous les bergers soient là pour que tous reçoivent la même part d’eau, mais aussi pour soulever la lourde pierre qui était posé sur le puits : il fallait au moins deux ou trois hommes pour la déplacer.

Jacob va jouer les fier-à-bras : pour montrer à Rachel qu’il n’est pas n’importe qui, il va soulever tout seul la lourde pierre (t’as vu mes biscotos, quel homme, mazette !).

Et puis, après cette démonstration de force gratuite, Jacob va jouer sur les sentiments de Rachel : il l’embrasse (shocking, et en plus devant les autres bergers qui n’auraient jamais osé faire ça), et puis pour couronner la manœuvre, Jacob va attendrir le cœur de Rachel en se mettant à pleurer.

Force physique, émotion, tendresse, larmes, voilà, messieurs, tout l’attirail infaillible de la séduction !

Rachel est émerveillée, bouleversée. Elle laisse son troupeau sur place et court chez son père pour lui annoncer la venue du super-héros ! Son père, c’est l’infâme Laban.

3. Laban
P ar contre, il n’est pas un super-héros ! C’est plutôt, l’anti-héros, le super-zéro, c’est le « méchant » de l’histoire, l’empêcheur de tourner en rond, mais ça, Jacob ne le sait pas encore – ni le lecteur non plus.

C’est par la suite seulement que Laban révèlera son caractère de magouilleur, de profiteur, celui qui est toujours à l’affût de bonnes affaires plus ou moins louches, mais qui rapportent.

Pour l’instant, et pour endormir la méfiance de Jacob, Laban va jouer son rôle : il est l’oncle de Jacob, le frère de sa mère. Et comme tout oncle qui se respecte, il a le devoir d’accueillir avec joie et embrassades ce minable intrus qui vient déranger sa petite vie pépère !
- Tiens, mais c’est qu’on ne l’attendait pas, celui-là, mon petit neveu tout joli tout beau ! Ça fait longtemps qu’on n’a pas eu des nouvelles de là-bas ! Viens dans mes bras, mon petit ! Et comment va ma petite sœurette adorée ?
- Eh bien, euh…, en fait, elle ne va pas très bien. Figurez-vous que…. Et Jacob de raconter son histoire…

Bon, voilà, on s’est bien amusé, mais quelles leçons tirer de ce récit, quels enseignements nous livre ce texte ? Eh bien, ça, désolé de vous frustrer, nous allons le voir la semaine prochaine…

Pour aujourd’hui, gardons en mémoire les questions fondamentales à se poser devant tout texte biblique : Pourquoi l’auteur a-t-il jugé utile de nous raconter telle histoire, ou de nous transmettre tel enseignement, et pourquoi de cette façon-là, sous cette forme-là ? Que veut-il nous transmettre sur nous-mêmes, sur Dieu, sur la vie ? Cette semaine, ouvrez la Bible, n’importe où, et prenez le temps de poser ces questions. Vous verrez, la lecture de la bible peut quand même, même aujourd’hui, être quelque chose d’intéressant !!!

Amen !


 


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