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La force du sentiment religieux

pour tenir

 

 

Pierre Desorgues

envoyé spécial à Calais

 

article paru dans l'hebdomadaire protestant Réforme

18 février 2016

 

 

19 février 2016

La cohabitation entre religions dans le camp se fait sans accroc majeur, même si des conversions initiées par des Églises évangéliques provoquent des tensions entre Iraniens réfugiés.


L’émotion est « encore vive » dans le campement de Calais, selon Virginie Tiberghien, bénévole de l’école du Chemin des Dunes. Lundi 1er février, des bulldozers, sur ordre de la préfecture, ont rasé une église installée au bord de la « jungle » de Calais ainsi qu’une mosquée. Les deux lieux de culte de fortune se trouvaient selon la préfecture sur une zone de 100 mètres de sécurité à évacuer pour ne pas gêner le trafic transmanche des camions qui empruntent la nationale 16.

D’après des militants associatifs, l’église et la mosquée ne se situaient pas dans cette bande de sécurité large de 100 mètres imposée par les autorités. L’église, une simple structure en bois de quelques mètres de long et de large, recouverte de bâches en plastique, accueillait essentiellement des Érythréens et des Éthiopiens, mais aussi des Iraniens et des Afghans.

La préfecture avait pourtant promis de ne pas toucher aux lieux de culte. Un pasteur britannique venait dispenser des prêches en anglais. Fabien Boinet, pasteur de l’Église évangélique des 2 Caps à Calais, est à l’origine de cette structure. L’homme se dit déçu, mais, prudent, il ne veut pas polémiquer avec les services de l’État. « Nous irons nous installer ailleurs », précise le pasteur qui a pu récupérer le chapiteau et le matériel entreposé dans l’église avant qu’elle ne soit détruite.

Aide matérielle

« Notre Église aide matériellement les migrants. Nous lavons leur linge. Nous donnons aussi des cours d’alphabétisation, par exemple, mais notre objectif était d’apporter un temps de paix et de quiétude dans un contexte très difficile pour eux, explique le pasteur. Bon nombre d’associations fournissent déjà une aide matérielle, nous sommes ici pour leur donner un réconfort spirituel, sans aucune forme de prosélytisme.
Nos tentes sont ouvertes. Ces migrants n’ont plus rien. Ce sont des gens qui sont brisés psychologiquement pour la plupart d’entre eux. Il ne leur reste que leur foi. Il faut leur donner la possibilité de prier dans un lieu calme. »

Les services de l’État ont sans aucun doute sous-estimé la force du sentiment religieux. Le campement de Calais est majoritairement musulman. L’entente entre chrétiens et musulmans est bonne. Aucune tension n’a été observée. Il reste aujourd’hui dans le camp cinq mosquées et une grande église érythréenne orthodoxe, gardée par trois migrants à l’entrée.

La peur règne dans le camp depuis l’annonce par la préfecture d’une nouvelle destruction de la « jungle » d’ici à quelques jours. Plus de 1 000 migrants devraient être évacués vers le centre d’accueil provisoire (CAP). Ce dernier, qui compte 1 500 places en dur , ne comporte aucun lieu de sociabilité comme dans la « jungle ». Nul lieu de culte n’est prévu dans cette structure destinée à abriter les migrants qui vivent sur le campement – près de 20 nationalités s’y côtoient.

« On trouve dans le camp des réfugiés qui ne fuient pas un pays en guerre, mais des États ou des régimes coupables de persécution religieuse. C’est le cas des Iraniens. Ils étaient absents de la “jungle” il y a encore quelque temps. Ils sont là maintenant. Ce sont des convertis au christianisme évangélique. Ils ont fui leur pays, par peur des représailles », explique Christian Mesnil.


Conversions

Selon la loi française, ces Iraniens persécutés pour leur appartenance religieuse seraient éligibles au droit d’asile. Leur nombre sur les campements de la côte est inconnu.

« Quelques migrants désirent aussi se convertir au christianisme, car ils assimilent le christianisme à un pays. Une nationalité s’identifie, aux yeux de certains migrants, à une religion. Ils pensent que le fait de se convertir peut les aider dans leurs démarches pour obtenir le droit d’asile », explique Lucile Mesnil qui donne des cours d’alphabétisation à des migrants.
« Il faut leur expliquer que ce n’est pas nécessaire », ajoute l’enseignante retraitée.

De telles conversions ont surtout été observées dans le campement de Grande-Synthe. Là, une Église évangélique, l’Assemblée de Dieu de Saint-Pol-sur-Mer, est très active depuis trois mois et distribue des bibles en persan et en anglais.

Des Iraniens se seraient convertis au christianisme, provoquant des tensions au sein du campement. La police enquête sur le meurtre d’un jeune Iranien de 19 ans, égorgé, car il se serait converti au christianisme, selon l’un de ses camarades.

Les Iraniens craignent pour leur vie, dit le pasteur Philippe Dugard de l’Assemblée de Dieu. Ils ont été logés en urgence par l’Armée du Salut. Le camp est composé à 95 % de Kurdes. Les enquêteurs privilégieraient pour l’instant davantage la piste des tensions ethniques que celle de la persécution religieuse.

 


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