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Tuer Dieu

 

Killing God

 

Rodney Wilson

professeur de collège du Missouri, États-Unis

 

1er février 2016

Il est désormais indiscutable que le nombre est en augmentation des Américains qui se déclarent « sans religion ». Il atteint, aux derniers sondages, près d’un quart de la population. Alors que la plupart des « sans religion » déclarent croire en une « force supérieure » ou une « origine ultime » - ou même en un Dieu traditionnel – ils se refusent néanmoins à faire partie d’une religion particulière. Ils ont renoncé à toute doctrine institutionnelle. Ils sont définitivement des « sans religion » sociologiques.

La conception conservatrice-fondamentaliste du pasteur Jerry Falwell perd rapidement pied en Amérique. A quelques exceptions près elle n’est plus soutenue dans les médias, les groupes de jeunes ou même à la Cour suprême. La paranoïa du pasteur Pat Robertson est globalement ignorée de la population. Le christianisme conservateur américain est peut-être en train de s’autodétruire lentement et d’ailleurs d’emporter Dieu avec lui dans la tombe.

La rédaction d’une thèse m’a donné l’occasion d’une enquête parmi 1600 chrétiens qui étaient précédemment des conservateurs-évangéliques-fondamentalistes sincères et convaincus de l’authenticité de leur religion et sont désormais devenus agnostiques ou athées après avoir rejeté leur première manière de croire.

Je leur ai demandé la raison de leur changement et j’ai constaté que leurs réponses se partageaient en cinq catégories principales :

• Les conservateurs-fondamentalistes ont raté le virage culturel, théologique et social qu’a accompli le monde au siècle dernier. Au lieu d’écouter les voix de la modernité, trop de chrétiens conservateurs ont choisi de s’isoler derrière des remparts de protection et ont déclaré la guerre à tous ceux qui n’approuvaient pas complètement leurs options théologiques.

• Au lieu de reconnaître que la Bible n’est pas le guide infaillible et véritable qui donne la réponse à toutes les questions, ils s’en sont tenus à une attitude fondamentaliste et ont défendu une doctrine qui ne peut pas – et théologiquement n’a pas besoin – d’être soutenue. Et ils ont rejeté ceux qui étaient capables de s’adapter à l’incertitude.

• Au lieu d’admettre la capacité de la science d’expliquer la réalité du monde et de proposer des théories sur le pourquoi, le comment et le quand, la plupart des chrétiens conservateurs américains lui ont tourné le dos en se bouchant les oreilles et en fermant les yeux. Leurs doutes concernant l’évolution, le réchauffement climatique et le mouvement évangélique de l’acteur Kirk Cameron sont typiques de leur refus de reconnaître les connaissances scientifiques.

• Au lieu de s’en tenir à des alliances politiques claires, comme les exemptions d’impôts l’exigent pourtant, les chrétiens conservateurs se sont laissé glisser dans les bras du Parti républicain, s’opposant de manière rigide à ceux dont les opinions politiques ne correspondent pas aux leurs. Ils publient des livrets, prétendument impartiaux, d’aide aux élections qui disent pour qui les fidèles doivent voter et les engage à professer des opinions politiques conservatrices auxquelles ils s’attachent aussi fort qu’à leur vieille doctrine de la Croix.

• Au lieu de se calmer et d’adoucir leur rhétorique homophobe, beaucoup de chrétiens conservateurs plongent leur plume dans le vitriol. Au lieu de laisser croître l’ « ivraie » (les homosexuels) avec le « bon grain » (eux-mêmes, pour rester dans la parabole de Jésus), ils poursuivent en permanence une violente campagne haineuse contre les droits civils des Américains LGBT et leurs demandes d’égalité. Depuis quarante ans – la campagne d’Anita Bryant « sauver nos enfants » - ils sèment les graines de l’animosité et de l’hostilité à l’égard de leurs prochains LGBT qu’ils sont pourtant censés aimer comme eux-mêmes. Ces carences - hérésies ? - du christianisme républicain américain - tout un programme – ont affaibli la voix du christianisme sur le marché des idées. Ce qu’ils ont interprété comme une persécution des justes.

Leur incapacité de s’adapter, ou du moins à modérer leur opposition envers la culture, l’écriture, la science, la politique, les gay etc. ont éloigné de l’Église des millions d’Américains. Notamment les jeunes qui se refusent à s’élever contre leurs amis LGBT et qui n’écoutent pas les pasteurs qui leur disent que vivre dans le 21e siècle est un péché.

Il y a désormais urgence. Le christianisme conservateur américain doit maintenant changer. Si ses adhérents ne « posent pas leurs épées », il tueront Dieu. Et cette fois, il n’y aura pas de résurrection.

 

 


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