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Pasteur, cela vous ennuierait, en allant à la crèche,
de vous arrêter au 7 rue Fosdyke
pour voir si la réparation de notre bouilloire est faite ?

 

Comment fait-elle cela ?

Comme n’importe quel autre prêtre très occupé !

 

 

How does she do it ?
Like any other busy priest

 

Catherine Pickford

prêtre de Saint Mary the Virgin
Stannington, Newcastle (Angleterre)

 

Hebdomadaire anglican Church Times
13 Nov 2015

 

 

traduction Gilles Castelnau


21 novembre 2015

Il ne faut pas empêcher les mères de jeunes enfants d’être ordonnées prêtres. Il est tout à fait possible d’être à la fois mère de famille et prêtre.

En tant que mère de jeunes enfants et prêtre de paroisse, on m’a demandé je ne sais combien de fois : « comment pouvez-vous faire tout cela ? »

Je réponds parfois : « mon mari travaille à temps partiel », mais cela ne répond pas vraiment à la question.

Je parle aussi de la manière dont fonctionne ma vie de famille mais cela devient vite ennuyeux car personne ne souhaite vraiment savoir qui s’occupe du lave-linge et qui va chercher les enfants aux Louveteaux le mardi soir.
Ma vie de mère de famille et de prêtre de paroisse se passe bien et je crois qu’elle peut tout à fait être proposée aux jeunes femmes qui s’interrogent sur leur vocation.

J’ai donc essayé finalement de recadrer la question sur l’énorme changement qui a marqué la place de la femme dans la société depuis une génération ou deux. Les gens conservent en effet souvent le modèle ancien d’une mère de famille accomplissant pratiquement tous les travaux ménagers, s’occupant des enfants, faisant la cuisine et entretenant l’appartement.

La question qu’on m’adresse est probablement celle-ci : « comment pouvez faire tout ce que je faisais moi-même quand j’élevais mes enfants et en plus être prêtre de paroisse à plein temps ? »

Ma réponse est clairement : « Mais je ne le fais pas ! Mon mari en fait beaucoup lui-même et dans notre génération c’est normal. »

Les gens de ma génération ne trouvent pas que ceci soit particulièrement remarquable. Nombre de mes contemporains ont une vie bien plus compliquée que moi.

Il est de plus en plus courant de voir aussi bien des hommes que des femmes avoir des horaires irréguliers impliquant de travailler le soir ou en week-end et obligés de s’organiser pour la garde des enfants.

Le fait que je travaille à la maison me permet de conduire les enfants à l’école le matin et je suis habituellement présente à l’heure du thé, ce qui est impossible pour la plupart des femme et des hommes de ma génération.

Il y a d’autres raisons pour lesquelles mon ministère et mon rôle de mère de famille se sont bien accordés. J’ai reçu un excellent soutien de la part de ma paroisse et du diocèse. Lorsque j’ai été enceinte et que notre famille s’est trouvée augmentée, la paroisse, l’évêque et mes collègues prêtres ont eu des attitudes qui m’ont beaucoup soutenue.

J’ai aussi été considérablement aidée par le grand congé de maternité auquel j’ai eu droit de la part du diocèse. J’ai eu neuf mois de congé entièrement payés.

Durant ma grossesse, mon congé de maternité et lors de la reprise de mon activité, j’ai été valorisée et soutenue par l’Église à tous les niveaux.

Ce que j’ai trouvé de difficile a été la contrepartie de ces avantages. Travailler chez soi est merveilleux en terme de flexibilité et de liberté de voir les enfants, mais implique aussi de distinguer le travail et la vie de famille. J’y ai mieux réussi en acquérant de l’expérience, mais jongler avec toutes les diverses demandes est toujours difficile. A la différence de certaines femmes prêtres, j’ai pu librement définir mes priorités dans la mesure où mon premier enfant est né alors que j’étais déjà curé de ma paroisse. La chose est moins simple pour celles qui sont encore vicaires et dépendent pour leur emploi du temps des décisions de leur curé.

On pense que je suis très occupée, ce que je suis évidemment, mais je ne le suis pas plus que nombre de mes collègues dans le ministère qui ont souvent plusieurs postes. Mais il est arrivé qu’on me dise : « On n’a pas pensé à vous pour tel poste – qui m’aurait pourtant bien intéressée – car nous savons comme vous êtes occupée. » C’était frustrant et je n’ai pas pu m’empêcher de penser que l’on ne m’aurait pas traitée de la même façon si j’avais été un prêtre père de jeunes enfants.

Néanmoins lorsque j’ai moi-même posé ma candidature pour tel ou tel poste, j’ai conscience d’avoir été traitée sur le même plan que n’importe quel autre prêtre en fonction de mes capacités et de mes expériences.

Quand une jeune femme me demande si la maternité et le sacerdoce sont compatibles, je lui réponds « tout à fait » et, sans la noyer dans un torrent de bons conseils, je lui parle du soutien que j’ai toujours reçu de la part de ma paroisse, du doyen et du diocèse.

J’ai maintenant 39 ans, je suis consciente que les jeunes femmes seront différentes de ce que j’ai été et ce n’est pas à moi de leur dire à quoi ressemblera leur vie de famille et leur ministère de prêtre.

J’espère seulement que le jour va venir où les femmes prêtres mères de jeunes enfants seront si nombreuses dans la vie de l’église que personne n’aura plus l’idée de s’en étonner et de leur demander plus qu’à n’importe quel prêtre : « comment pouvez-vous faire tout cela ? »

 


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