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Dieu n’est pas une personne



God: Personification ≠ Person

 

Rev. Michael Dowd

 

Le style oral de la conférence a été conservé

traduction Gilles Castelnau

 

14 octobre 2015

Dieu est incontestablement une personnification, pas une personne, encore moins le tyran d’un monde surnaturel. Si on ne saisit pas cela, on ne peut pas comprendre la religion ni les différences entre religions.
« La réalité est ce qui demeure même si on n’y croit plus » (Philip K. Dick)
La naissance, la vie, la mort, les cycles et les rythmes de la Nature, les forces élémentaires de l’univers sont des réalités évidentes. Qu’on le veuille ou non, on s’est toujours trouvé en présence d’une réalité imprévisible et incontrolable.Et étant donnée la nature du cerveau humain, dans chaque culture tout au long de l’histoire tous les hommes ont toujours instinctivement utilisé des métaphores et des analogies pour parler de ce qui est forcément et indéniablement réel et mystérieux. On ne peut faire autrement. Consciemment ou inconsciemment on ne peut parler et expliquer notre vie ou notre monde qu’en utilisant des métaphores.
Stewart Guthrie écrit dans son excellent livre : « Faces in the Clouds » (Des visages dans les nuages) que TOUTES les images et les concepts que l’on a de Dieu sont des interprétations et des personnifications riches de sens. Les images et les concepts qui évoquent la confiance et le courage permettant de progresser dans la vie à travers toutes les difficultés sont infiniment utiles.
[...]

 

La religion concerne une juste relation à la réalité et non au surnaturel


Loyal Rue a dit :

« Les leçons de l’histoire montrent à l’évidence la nécessité pour l’humanité de vivre en accord avec la réalité. C’est même la définition de la sagesse. Les hommes de tous les pays et de tous les temps ont toujours exprimé ce principe fondamental. »

En effet, toutes les religions décrivent ce qu’est la réalité (comment sont les choses) et ce qui est important. Loyal Rue l’écrit dans son livre paru en 2006 « Religion Is Not About God » (recensé sur ce site : gc540)
Les religions favorisent les concepts et les pratiques qui aident les fidèles à vivre en bonne relation les uns avec les autres, avec la société et avec la Nature. Aussi longtemps que leurs récits et leur organisation ne contredisent pas le sentiment commun, ceux-ci incarnent ce qui compte le plus et non la vérité de ce qu’ils affirment.

C’est pourquoi Darwin n’a pas tué Dieu. Bien au contraire, c’est lui et Alfred Russel Wallace qui ont proposé la première vision du véritable Créateur après les milliers de portraits surnaturels issus de l’imagination humaine prétendant décrire la réalité de la vie de la Terre.

Stewart Guthrie et des savants aussi différents que Joseph Campbell, Huston Smith, Paul Tillich, Rudolf Bultmann, Robert Bellah, Roy Rappaport, Ann Taves, Andrew Newberg, Pascal Boyer, Justin Barrett, Daniel Dennett et Michael Shermer nous rappellent que nous ne pouvons pas comprendre la religion en général et toutes les diversités religieuses en particulier, si nous ignorons la manière dont l’esprit humain rationalise instinctivement la réalité et la personnifie lorsqu’il interprète et tente d’expliquer le sentiment qu’il a de la vie. Comme le dit le psychologue James Hillman : « Notre mode de connaissance fonctionne en personnifiant le réel. »

« Dieu » est (et a toujours été) une interprétation, une personnification et non une personne. C’est seulement en en prenant conscience que l’on peut comprendre les milliers de récits rapportant ce que Dieu (ou les dieux ou la Déesse) sont supposés dire ou avoir dit.

Poséidon n’était pas le dieu des océans comme un être distinct de l’eau, regardant le monde depuis les profondeurs de l’océan. Il était la personnification des mers dont la puissance est incompréhensible et capricieuse.
De même, le dieu Sol des Romains n’était pas l’esprit du Soleil, comme s’il en était distinct. Sol était le nom mythique de ce qui semblait être la source éternelle de chaleur et de lumière. En disant « Sol », « Hélios » ou un autre nom sacré, nos ancêtres désignaient un « Tu » avec lequel ils pouvaient être en relation, qu’ils pouvaient adorer et peut-être craindre.

Chaque fois que dans un récit ou un passage de la Bible, il est écrit que « Dieu dit ceci » ou « Dieu fit cela », il s’agit toujours d’une interprétation, celle faite par un auteur ou un groupe de croyants qui pensaient, ou sentaient ou souhaitaient que la Réalité-la Vie-la Nature-l’Univers disait ceci ou faisait cela. On le disait d’ailleurs en général pour expliquer ce qui s’était passé ou pour justifier une affirmation théologique. De telles expressions explicatives sont subjectives et ne repreésentent jamais une vérité objective et mesurable.

Si les médias avaient été présents au moment de la « révélation divine » ils n’auraient été témoins d’aucun élément miraculeux qu’ils aient pu rapporter au informations télévisées du soir. Ils n’auraient rien pu enregistrer d’autre qu’un individu en train de parler ou d’écrire.
Si on ne saisit pas ces choses on profane la notion même de divin et, ce qui est pire, on ferme les yeux sur ce que la Réalité-Dieu « dit et fait » aujourd’hui.
J'ai écrit dans la préface de mon livre « Merci, mon Dieu, pou rl'Évolution » :

Comment le monde a-t-il été fait ? Pourquoi y a-t-il des ouragans et d’autres catastrophes ? Pourquoi devons-nos mourir ? Et pourquoi les réponses à ces questions sont-elles différentes selon les gens et selon leur culture ?
Les grandes questions des enfants ne peuvent pas trouver de réponse par une simple réflexion. Les cultures anciennes donnaient des réponses dites surnaturelles à ces questions, mais elles n’étaient, en réalité, pas surnaturelles. Elles étaient prénaturelles. L’explication de l’infection n’était pas seulement difficile à donner avant que les microscopes permettent de découvrir les bactéries, elle était totalement impossible. Sans une vision du monde évolutionniste il est impossible de nous comprendre nous-mêmes, de comprendre notre monde et ce que l’humanité doit faire pour survivre.

 

Le surnaturel n’est pas naturel et n’inspire pas.


Tout change quand on passe d’une conception du monde transmise par la tradition et l’autorité à une vision fondée sur des faits et des évidences empiriques. Par exemple il est évident que le Royaume céleste n’a existé que dans les pensées (et le discours) des êtres humains.

Benson Saler a écrit en 1977 dans la revue de l’American Anthropological Association : «  la notion même de surnaturel, par opposition au naturel, est une invention occidentale. Le ‘royaume surnaturel’ a pris naissance dans les esprits lorsque l’on a commencé à penser le monde avec une méthode naturelle et scientifique. C’est seulement lorsque le concept de “nature” a émergé que l’on a considéré comme nécessaire de parler du “surnaturel”, c’est-à-dire que ce qui était au-dessus ou en dehors de la nature. Jusque là et dans le monde entier, on ne parlait de la réalité que dans un langage mêlant le vocabulaire du jour et de la nuit. Mais, comme tout le monde le sait bien, lorsque l’esprit s’évade dans le rêve, il n’est pas dans un monde surnaturel mais tout simplement dans l’univers du rêve. Plus nous avons découvert le monde naturel et plus nous nous sommes détournés du surnaturel.

Les mots surnaturel et non naturel sont après tout synonymes. Tout ce qu’on dit être surnaturel est, par définition non naturel. Et la plupart des gens trouvent, lorsqu’ils s’assoient un instant pour réfléchir, que ce qui n’est pas naturel est relativement peu inspirant.

Il n’est pas surprenant que les jeunes se détournent massivement de la religion et que les Nouveaux Athées aient du succès alors que l’« Évangile », qui est censé être la Bonne Nouvelle de Dieu pour le monde se réduit à ce genre d’affirmation :

Un roi non naturel qui s’implique occasionnellement dans des actions non naturelles envoie sur Terre de manière non naturelle son fils quii est non naturel . Il est né de manière non naturelle, a vécu une vie non naturelle, a accompli toutes sortes d’actions non naturelles et a été finalement tué de manière naturelle.
Il est alors ressuscité des morts de manière non naturelle afin de sauver l’humanité d’une malédiction non naturelle qui a été provoquée par un serpent parlant non naturel.
Après 40 jours d’apparitions non naturelles à certains de ses disciples, il est monté au ciel de manière non naturelle pour retourner vers son père non naturel. Il s’est assis sur un trône non naturel et jugera de manière non naturelle les vivants et les morts.
Et ceux qui déclarent croire en toutes ces choses non naturelles vont dans un ennuyeux endroit non naturel pour une longue période non naturelle, tandis que tous les autres souffrent pour toujours le martyr dans un enfer non naturel !

 


Pourquoi notre conception de Dieu et de la Révélation est importante

Pourquoi appeler « Dieu » ce qui est fondamentalement et absolument réel ?
La manière dont nous nommons l’Uiltime, le lieu où nous imaginons sa résidence et le fait d’en parler au masculin, au féminin ou au neutre, influence considérablement notre compréhension de la vie, des autres hommes et du monde.
Par exemple, concevoir Dieu comme une Personne d’un autre monde, peut entraîner, même à notre insu, la disparition de l’espèce humaine. Le philosophe Gregory Bateson y attire notre attention :

Imaginer Dieu à l’extérieur et face à sa création, et nous considérer comme créés à son image nous situe logiquement et naturellement à l’extérieur et face au monde qui nous entoure.
Et comme nous pensons avoir la véritable connaissance, nous jugeons que le monde qui nous entoure est sans connaissance et donc sans valeur morale ou éthique.
L’environnement nous semble alors être à nous et disponible pour que nous l’exploitions, ainsi que les animaux et les plantes, contre l’éventuelle prétention des autres hommes.
Voir ainsi notre relation à la nature et disposer d’une technologie avancée, rend notre probabilité de survie semblable à celle d’une boule de neige dans la chaleur de l’enfer : nous disparaîtrons empoisonnés par les toxiques produits par notre haine ou simplement par notre surpopulation et notre surconsommation.

Rudolf Bultmann, l’un des théologiens les plus importants du 20e siècle a écrit en 1931 « la Crise de la foi ». Il y déplace la question de Dieu au-delà des croyances jusqu’à une expérience universelle. Il affirme de plus qu’une telle compréhension de Dieu, qui semble moderne et libérale a, en réalité, été généralement adoptée par toutes les populations des temps prémodernes. Il considère que la foi n’a rien à voir avec les croyances et qu’elle est même leur antithèse.

Les croyances nous lient à une certaine vision, une certaine manière d’être. Par contre, la foi est synonyme de confiance, et celle-ci nous conduit au-delà de nos conceptions, de notre contrôle. Un des avantages de ce passage de la croyance à la foi est qu’il fait disparaître l’esprit de controverse que provoquent toujours les questions doctrinales.

Je prévois que dans quelques générations une conception de Dieu fondée sur la réalité aura remplacé celle d’un Dieu personnel à l’image d’un Être suprême, image véhiculant le meilleur et le pire de l’humanité – actuellement la marque des divers fondamentalismes.
Une personnification de l’Ultime en accord avec la sensibilité moderne ne pourra certainement pas avoir la même allure délétère et les mêmes défaillances que celles du seigneur de la guerre que l’on imaginait à l’âge du bronze.
La notion d’un Dieu terroriste cosmique n’est plus acceptable : « croyez ce que je vous dis de croire ou je vais vous torturer pour l’éternité. »

Il semble donc évident que l’Ultime n’a, en soi, aucun trait de caractère ni aucune personnalité quelle qu’elle soit en dehors de ceux que nous projettons nous-mêmes sur lui.
Dieu est une peorsonnification et non une personne !

Un tel changement dans la métaphore fondamentale de la tradition abrahamique sera considérée à l’avenir comme un considérable renouveau théologique. Ce changement - et ses conséquences logiques – permettra de réconcilier la science et la religion. Il le fera non pas en soumettant la science à la religion mais en « naturalisant » la religion, en la rendant « réaliste ».
Un tel changement oblige à un sérieux renouvellement de notre réflexion sur la « volonté de Dieu », l’« orientation donnée par Dieu » en ne la cherchant plus dans les anciens textes mais dans l’approfondissement de la tradition scientifique globale. Autrement dit : les faits sont la langue maternelle de Dieu.

Ne nous y trompons pas : il y a un Dieu – et un seul – auquel nous devons être soumis et dont nous subissons la colère. Que nous nommions cette Réalité incontournable « Abba », « Allah », « Seigneur », « Nature » ou autrement, nous devons prendre au sérieux les avertissements prophétiques des scientifiques concernant le réchauffement climatique et la santé globale du monde et de la vie sur Terre.

Comme tout ce qui vit sous le soleil, les religions doivent évoluer ou disparaître. «Être fidèle à Dieu » veut dire vivre en bonne relation avec notre planète dans toute sa gloire, ses diverses espèces et ses cultures. Honorer notre Nature personnelle et celle du monde, et revenir vers la Réalité.
Imaginer qu’« être fidèle à Dieu » pourrait signifier moins que cela n’est qu’affirmation blasphématoire.

Je crois en un Dieu que j’écris « nature » a dit Frank Lloyd Wright


 

 

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