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 Qu'est-ce que ma religion

interdit et permet ?

 

pasteur Alain Arnoux

Église protestante unie de Dieulefit

prédication

 

12 octobre 2015

 

Lectures
Genèse 2 / 18-24
Éphésiens 5 / 21-33

Marc 10 / 1-12
1 Jésus, étant parti de là, se rendit dans le territoire de la Judée au delà du Jourdain. La foule s'assembla de nouveau près de lui, et selon sa coutume, il se mit encore à l'enseigner.
2 Les pharisiens l'abordèrent  ; et, pour l'éprouver, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de répudier sa femme.
3 Il leur répondit : Que vous a prescrit Moïse ?
4 Moïse, dirent-ils, a permis d'écrire une lettre de divorce et de répudier.
5 Et Jésus leur dit : C'est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a donné ce précepte.
6 Mais au commencement de la création, Dieu fit l'homme et la femme  ;
7 c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme,
8 et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair.
9 Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.
10 Lorsqu'ils furent dans la maison, les disciples l'interrogèrent encore là-dessus.
11 Il leur dit : Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard  ;
12 et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère
.

 

Des pharisiens viennent lui demander, pour le mettre à l'épreuve, s'il est permis à un mari de répudier sa femme.
Il est arrivé quelquefois que des personnes totalement ignorantes du protestantisme et même de l’Évangile me demandent ce que ma religion interdit et permet, parce que dans l'esprit de beaucoup de gens une foi se résume à cela. Mais ici, ce ne sont pas des ignorants qui interrogent Jésus. Ce sont même des sortes de "gardiens de la loi". Ils connaissent la réponse à leur question, ils savent ce qui est écrit dans la loi de Moïse. Ils n'ont pas besoin de la réponse de Jésus. Marc dit qu'ils veulent mettre Jésus à l'épreuve, le piéger en quelque sorte. Ils veulent peut-être que le prédicateur sans diplôme révèle son ignorance et se rende ridicule. Ou alors ils ont discerné sa liberté, ils le soupçonnent peut-être de laxisme, et ils veulent le provoquer à aller trop loin.

Jésus est juif : à une question il répond par une autre question : "Quel est le commandement que Moïse vous a donné ?" Jésus aussi connaît la réponse à sa question. Mais sa question comporte un piège. Il ne demande pas : "Quel est le commandement que Dieu vous a donné ?", mais "Quel est le commandement que Moïse vous a donné ?" Même si la loi de Moïse est ancienne et vénérable, Jésus ne la confond pas avec la parole de Dieu. En parlant de loi de Moïse et non de loi de Dieu, Jésus déclare que cette loi est humaine, et non divine, qu'elle est une manière de comprendre la volonté de Dieu, mais non la volonté de Dieu elle-même. Ne perdons pas cela de vue. Seuls les dix commandements ont été écrits par le doigt de Dieu sur les tables de pierre.

Jésus a tendu un piège ; les pharisiens y tombent : "Moïse a permis d'écrire une lettre de rupture et de répudier". Moïse ! Moïse n'est qu'un homme, un homme de Dieu certes, mais un homme. Et face à Moïse, Jésus en appelle à Dieu : "C'est à cause de la sclérose de votre cœur que Moïse a écrit pour vous ce commandement. Mais au commencement, Dieu..." Ici Jésus met en cause d'abord les pharisiens, ces "gardiens de la loi" : ils cherchent dans la loi qu'ils vénèrent ce qui peut leur permettre d'être durs et insensibles, et de changer de femme. Et il met en cause la loi religieuse, ce commandement-là en particulier, commandement écrit par un homme pour les hommes. Ce commandement permettait à un homme de répudier sa femme. Répudier sa femme, c'était - et c'est toujours dans certains pays - la rejeter, s'en débarrasser comme d'un objet qui a cessé de plaire, ce qui revenait souvent à la condamner à la mendicité ou à la prostitution, car son ex-mari n'était pas tenu de lui assurer une pension alimentaire et elle était généralement rejetée par sa famille paternelle. En Israël, la répudiation était consacrée par la loi religieuse. Cette loi, c'était celle de l'inégalité entre hommes et femmes, de la domination des femmes par les hommes. Au passage, notons que la répudiation de l'homme par la femme, à laquelle Jésus fait allusion, n'existait pas dans le peuple juif mais dans le monde romain.

Jésus est libre à l'égard du texte biblique, mais pas pour devenir complice des envies et des instincts des hommes. Il voit comment les hommes les plus religieux savent se servir de la loi pour asservir des êtres plus vulnérables, pour les chosifier. La réponse de Jésus à ces hommes signifie simplement : "Les hommes, même notre grand Moïse, se font des lois qui les arrangent, et ils les couvrent d'un manteau religieux pour justifier leur égoïsme et leur dureté. Mais Dieu est plus haut que la loi. Lui, il a créé l'être humain, il l'a créé homme et femme, il a créé l'homme et la femme ensemble ; les femmes sont des créatures de Dieu au même titre et au même rang que les hommes. Que les hommes donc n'en fassent pas des créatures inférieures, qu'ils n'en fassent pas des objets que l'on prend et que l'on jette, que l'on domine et que l'on brise. Et qu'ils ne se servent pas de Dieu pour cela : que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni."

C'est encore d'actualité, dans les religions, mais aussi dans les milieux qui se disent libérés de toutes les lois religieuses et morales, et dans la société tout entière. Pas besoin d'être un barbu brutal et obscurantiste. Mais à mon avis, cela dépasse beaucoup ce qui peut se passer entre un homme et une femme. Cela concerne toutes les relations entre humains, tout ce qui fait qu'on peut traiter un autre être humain comme un inférieur ou comme un objet, que ce soit à cause de son sexe, de sa couleur, de sa classe sociale, de ses origines, et que ce soit pour le profit ou pour le plaisir. Notre monde est dur. Il l'a toujours été. Des couples, des familles, sont séparés, brisés, dispersés par la misère, par la guerre, par l'oppression, quelquefois simplement par le travail. Ce qui sépare ce que Dieu a uni, ce sont donc encore les lois des hommes : lois du profit à tout prix, loi du plus fort, loi de l'insensibilité et de l'indifférence à l'égard de l'autre... Face à ces lois, religieuses ou non, Jésus rappelle ici que nous sommes tous créatures de Dieu, c'est même seulement devant Dieu que nous sommes vraiment égaux. Alors "Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni." C'est un appel à lutter contre tout ce qui sépare les humains.

"Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni." De ces paroles de Jésus qui disent la dignité des femmes, les Églises chrétiennes ont fait une loi, une loi qui a empêché des multitudes de femmes de se libérer d'un mari qui les humiliait et les maltraitait, une loi qui a condamné à vivre malheureux ensemble des millions de gens, une loi qui permet à certaines Églises d'écarter du repas du Seigneur des millions de divorcés, quelles que soient les circonstances du divorce ; de grands et âpres débats vont avoir lieu ces jours-ci au synode sur la famille que le pape a réuni à Rome. Je suis frappé par la facilité avec laquelle les Églises, comme toutes les religions, transforment des paroles qui appellent les croyants au changement de cœur en lois qui permettent d'éterniser des dominations et des humiliations. Ces lois permettent aux responsables religieux d'exercer une véritable intrusion dans la vie des gens et un véritable pouvoir sur eux. Et ces lois contribuent à éloigner de Dieu des personnes déjà humiliées et malmenées, par exemple des personnes que l'on peut dire d'une certaine façon répudiées, qui n'ont pas droit à une seconde bénédiction ou qui n'ont pas le droit de communier si elles se remarient. J'ai connu le cas d'un pasteur évangélique écarté du ministère parce que sa femme l'avait quitté pour un autre. Jésus dit : "Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni." Ce que Dieu a uni, c'est d'abord lui-même avec les êtres humains, et parmi les êtres humains, il s'est d'abord uni et même identifié dans la personne de Jésus avec ceux qui sont rabaissés, humiliés, rejetés, traités comme des objets. Ceux-là sont les petits dont Jésus vient juste de dire qu'ils ne faut pas causer la chute, c'est à dire les séparer de Dieu, et qu'il vaudrait mieux que celui qui le fait soit jeté dans la mer avec une meule de moulin attachée au cou (9 / 42). Le légalisme est une maladie religieuse courante, maladie dont les symptômes sont la sclérose du cœur et la bonne conscience qui vont avec l'hypocrisie.

Jésus n'est pas venu donner de nouvelles lois, il est encore moins venu aggraver la loi de Moïse. Il est venu appeler les humains à changer de cœur. Et parmi les humains, ce sont les croyants d'abord qu'il est venu appeler à changer de cœur, parce que ce sont eux qui pensent avoir le moins le besoin de changer, et parce que ce sont eux qui peuvent rapprocher ou écarter de Dieu les autres, victimes ou coupables. Jésus est venu nous parler du Dieu qui offre de nouveaux départs, des relèvements, des résurrections, non du Dieu qui condamne et qui enferme. Nous avons donc deux questions à nous poser en permanence : de quel Dieu sommes-nous et voulons-nous être les représentants ? Et chaque fois que nous lisons la Bible : à quel changement de cœur cette parole m'appelle-t-elle, moi d'abord ?

 

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